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Les piqûres de méduses se localisent principalement au niveau des membres supérieurs et inférieurs avec une douleur vive, décrite comme une sensation de décharge électrique ou de brûlure.
Les piqûres de méduses se localisent principalement au niveau des membres supérieurs et inférieurs avec une douleur vive, décrite comme une sensation de décharge électrique ou de brûlure.
©Reuters

SOS

Faut-il vraiment se faire pipi dessus quand on s’est fait piquer par une méduse ?

On ne compte plus les faux remèdes de grand-mère sur les soins à prodiguer en cas de piqûre de méduse. Voici un petit guide pratique de ce qui marche vraiment.

Gérald Kierzek

Gérald Kierzek

Gérald Kierzek est urgentiste à Paris au SMUR Hôtel-Dieu (AP-HP), chroniqueur médical sur Europe 1 et auteur du blog www.sante-urgences.com. Il est l'auteur de "Ayez les bons réflexes" (Fayard, 2016).

 

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Atlantico : Comment reconnaître une piqûre de méduse d'un autre type de piqûre ? Quels en sont les symptômes  ? 

Gérald Kierzek : On reconnaît les piqûres de méduse d’abord en identifiant l’animal. Les méduses ou cnidaires sont très reconnaissables, sous la forme de masses gélatineuses se déplaçant au gré des courants aquatiques. Elles sont peu dangereuses (en tout cas chez les personnes non allergiques) mais très urticariantes (ça démange terriblement ). Les piqûres de méduses se localisent principalement au niveau des membres supérieurs et inférieurs avec une douleur vive, décrite comme une sensation de décharge électrique ou de brûlure. Dix minutes après la piqûre apparaît un érythème/rougeur léger qui s’aggrave. Ces symptômes sont bénins s’ils restent au niveau local et ne s’étendent pas ou ne s’accompagnent pas de signes généraux.

En revanche, en cas d’envenimations sévères (plusieurs piqures par exemple) ou d’antécédents allergiques (œdème de Quincke) une réaction généralisée peut survenir et nécessiter des secours médicaux en urgence : des symptômes généraux apparaissent comme des maux de tête, vertige et difficultés à respirer avec un œdème généralisé.

Attention, une méduse morte échouée sur la plage par exemple peut encore provoquer des lésions et il ne faut donc pas la toucher, de même que les mini fragments de tentacules que l’on voit parfois flotter dans l'eau.

Quels sont les gestes à effectuer en cas de piqûre ? Quels sont, au contraire, les faux bons conseils ?

Pour les piqures simples : seul réflexe, ne pas frotter sinon cela ferait éclater les petites tentacules restées accrochées à la peau qui libèreraient leur contenu urticariant. Il faut au contraire les retirer à la pince à épiler. Un autre truc efficace consiste à mettre du sable (ou encore de la mousse à raser ou de la farine) pour piéger les fragments de méduses restés sur la peau. Vous enleverez le sable (ou la mousse) délicatement avec un carton rigide (carte postale ou carte de crédit par exemple).

La plaie sera ensuite abondamment rincée à l’eau de mer ou au sérum physiologique (évitez l’eau douce qui fait éclater les cellules urticariantes).  La toxine étant thermolabile, l’eau chaude peut améliorer les symptômes. Le rinçage doit durer jusqu’à disparition des symptômes (environ 30 minutes). Demandez conseil à votre pharmacien pour des médicaments antidouleurs classiques et des antihistaminiques pour éviter de se gratter.  Vérifiez toujours la vaccination antitétanique (selon les nouvelles recommandations 2013, les rappels doivent être effectués aux âges de 25, 45 et 65 ans puis tous les 10 ans après 65 ans).

Bien-sûr en cas de signes généraux, témoins d’une réaction allergique grave, il faut appeler le SAMU-Centre 15 et pratiquer les gestes d’urgence.

Quelques “mauvais” réflexes à éviter:

- il ne faut pas sucer ou aspirer la lésion, ni la faire saigner

- Ne pas rincer à l’eau douce, ni frotter

- ne pas mettre d’alcool

- ne pas spécialement uriner (seule la température chaude de l’urine serait efficace, et avantageusement remplacée par de l’eau chaude)

Peut-on prévenir une piqûre de méduse ? Y a-t-il des réflexes préventifs à adopter ?

La meilleure des prévention consiste à être vigilant : ne pas toucher de méduses même mortes, ne pas se baigner dans des zones infestées (la météo des plages donne de précieuses indications, de même que certains observatoires).

Respectez les consignes locales avec un affichage dédié (panneau indiquant la présence de méduses).

Des répulsifs anti-méduses sont commercialisés, ajoutés à des produits de protection solaire. Leur efficacité semble liée à la présence de silicone qui évite que le tentacule ne colle à la peau ainsi qu’à des leurres chimiques rendant la peau humaine invisible pour les méduses.

Attention aussi aux physalies, cousines des méduses mais pouvant être confondues avec un sac plastique flottant sur la mer. Reconnaissables à leur flotteur de couleur bleutée, elles sont dotées de filaments urticants pouvant atteindre plusieurs mètres.

Pour les personnes allergiques (antécédents de choc anaphylactique ou œdème de Quincke), il est conseillé de prendre sur soi un stylo auto-injecteur d’adrénaline , seul traitement efficace dans l’attente des secours en cas de réaction allergique grave. Les nouveaux stylos ne doivent plus se conserver au froid, ce qui rend leur transport et utilisation facilitées l’été et sur les plages !

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