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Krach imminent
sur la dette américaine ?
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Big Bang

Krach imminent sur la dette américaine ?

Les problèmes d’endettement public que connaît la zone euro avec la Grèce, l’Irlande et désormais le Portugal, ne doivent pas nous faire oublier que la situation est également très tendue de l’autre côté de l’Atlantique. Les Etats-Unis feront-ils défaut sur leur dette ?

Philippe Herlin

Philippe Herlin

Philippe Herlin est chercheur en finance, chargé de cours au CNAM.

Il est l'auteur de L'or, un placement d'avenir (Eyrolles, 2012), de Repenser l'économie (Eyrolles, 2012) et de France, la faillite ? : Après la perte du AAA (Eyrolles 2012) et de La révolution du Bitcoin et des monnaies complémentaires : une solution pour échapper au système bancaire et à l'euro ? chez Atlantico Editions.

Il tient le site www.philippeherlin.com

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Le plus important fonds obligataire du monde, Pimco, a annoncé en mars avoir ramené à zéro sa détention de bons du Trésor américain. Son patron, Bill Gross, anticipe une remontée des taux longs et il n’a plus confiance en Washington pour réduire le déficit budgétaire. C’est un peu comme si la BNP-Paribas disait : « je n’ai plus aucune obligation du Trésor français en portefeuille, j’ai tout liquidé, je n’ai plus confiance dans la dette française », on imagine le coup de tonnerre !

Le budget fédéral s’avère, effectivement, complètement à la dérive : en 2010, les recettes se sont élevées à 2.162 milliards de dollars, les dépenses à 3.456 milliards, soit un déficit de 1.294 milliards de dollars, ou 37,4 %. Pour 10 dollars de dépenses, 6 proviennent des recettes fiscales, 4 de l’endettement

Bill Gross estime que la Fed (la banque centrale) achète actuellement 70 % des émissions de dette du Trésor américain (c’est la monétisation, ou « planche à billets »), et les investisseurs étrangers, dont les banques centrales, les 30 % restants. La Fed a prévu d'arrêter son programme de monétisation (le Quantitative Easing 2, « assouplissement quantitatif ») fin juin, quand elle aura atteint un total de 600 milliards de dollars. « Qui achètera des bons du Trésor quand la Fed ne le fera plus ? Je ne sais pas » répond le boss de Pimco. Il y aura certainement un Quantitative Easing 3, puis 4, mais une telle création monétaire ne peut qu’amener de graves troubles monétaires et économiques. La hausse du prix des matières premières, libellées dans un dollar qui perd de sa valeur parce qu’imprimé à trop grande échelle, en constitue un des aspects les plus visibles.

Dans son dernier bulletin destiné aux investisseurs, Bill Gross conclut à l’impossibilité de parvenir à l’équilibre budgétaire et envisage un défaut sur la dette. Pas une répudiation en tant que telle, mais plutôt par une combinaison de moyens (inflation, taux d’intérêts réels négatifs, baisse du dollar) pour faire les poches des épargnants américains et internationaux. Vu la place hégémonique qu’occupe le dollar dans l’économie mondiale, un tel scénario de baisse massive de sa valeur provoquerait des crises gravissimes sur le marché des matières premières, sur celui des changes, dans les bilans bancaires, et par contrecoup sur toute l’économie. Conséquence pratique : dépêchons-nous, en Europe, de colmater l’euro, car le gros temps risque bientôt d’arriver !

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