Et si le mauvais temps était en partie responsable du vote des Britanniques en faveur d’un Brexit ? | Atlantico.fr
Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
International
Et si le mauvais temps était en partie responsable du vote des Britanniques en faveur d’un Brexit ?
©Reuters

Divorce pluvieux, divorce heureux

Et si le mauvais temps était en partie responsable du vote des Britanniques en faveur d’un Brexit ?

Selon une étude américaine, il suffirait de 2,5 cm de pluie pour qu'1 % des électeurs se résignent à rester chez eux. Le temps pluvieux a-t-il fait fuir les pro-européens britanniques ?

Simple coïncidence ? Peut-être pas. Une raison du vote massif des Britanniques pour la sortie de l'Union européenne pourrait bien être le temps pourri qui s'est abattu sur le Royaume uni ces dernières semaines. Comme en France, les Anglais ont vu des trombes de pluie se déverser sur leurs têtes, provoquant de graves inondations. Et ce temps de chien aurait ainsi pu influencer le résultat du scrutin. Et non, cette affirmation n'est pas pas un simple propos de comptoir !

2,5 cm de pluie font fuir 1 % des électeurs

Une étude menée par des chercheurs aux États-Unis a révélé qu'environ 2,5 cm de pluie réduisait de près de 1 % le taux de participation aux élections présidentielles aux Etats-Unis. Et que 2,5 cm de neige décidait 0,5 % des électeurs à rester cocooner à la maison. L'apparition du mauvais temps, ces 2,5 cm de pluie, aurait même pu contrebalancer les élections de 1960 et de 2000, estiment les scientifiques. Pour mémoire, en 1960, John Fitzgerald Kennedy ne l'a emporté sur Richard Nixon que de 112 827 voix, soit 0,17 %. Et en 2000, George W. Bush a dû attendre les résultats de l'état de Floride pour l'emporter de 537 voix contre Al Gore. Du mauvais temps, et le visage du monde en aurait été très certainement bouleversé.

Des résultats identiques aux Pays-Bas

Concernant les élections aux Pays-Bas, des chercheurs néerlandais ont trouvé des résultats similaires : il y aurait une corrélation entre 2,5 cm de pluie et une réduction de 1 % du taux de participation. En outre, ils ont calculé qu'une belle journée ensoleillée avec une hausse de température de 10 degrés décidait 1 % des électeurs à se rendre dans les bureaux de vote, explique le site New Scientist.

Pas de corrélations en Suède

Ailleurs dans le monde, les électeurs semblent moins gênés par la présence d'averses. Par exemple, des chercheurs suédois n'ont trouvé aucun effet de la météo sur le taux de participation. Ils suggèrent que cette différence peut s'expliquer par le sens élevé du devoir civique en Suède par rapport aux Etats-Unis, ce qui rendrait les électeurs prêts à braver une tempête. Ou la faible variabilité des précipitations en Suède peut aussi être un facteur, disent-ils.

Electo-climato sceptique

Il n'existe pas d'études détaillées sur la participation aux élections et le temps au Royaume-Uni. Cependant, le politologue John Curtice de l'Université de Strathclyde reste sceptique sur l'impact possible de la pluie. "Personne n'a jamais montré un lien entre le temps et le taux de participation, même si la météo peut évidemment jouer un rôle perturbateur et pousseur certaines personnes à rester chez elles," a-t-il déclaré au Daily Telegraph.

Une météo à l'anglaise

Reste qu'il n'est pas tombé des trombes d'eau le 23 juin, jour du référendum au Royaume-Uni. Il y a eu un temps mitigé, une météo à l'anglaise. Les résultats définitifs ont donné une victoire du Brexit à 51,9 % avec une participation à 72 %. Autant dire qu'avec un tel résultat, pluie, neige et brouillard n'auraient en rien décidé les Anglais à rester chez eux.

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !