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La fierté d'être français a progressé ces derniers jours.
La fierté d'être français a progressé ces derniers jours.
©Reuters

Essuyer ses larmes

Et pendant ce temps là… Cinq bonnes nouvelles pour la France passées inaperçues depuis le 13 novembre

Le 13 novembre, l'Etat Islamique a fait 130 morts dans les rues de Paris. Il est d'autant plus important de souligner les meilleures nouvelles pour notre pays, depuis ces attentats, de la résilience des Français à leur niveau de vie.

Nicolas Goetzmann

Nicolas Goetzmann

 

Nicolas Goetzmann est journaliste économique senior chez Atlantico.

Il est l'auteur chez Atlantico Editions de l'ouvrage :

 

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Yves-Marie Cann

Yves-Marie Cann

Yves-Marie Cann est Directeur en charge des études d'opinion de l'Institut CSA.
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Pascal-Emmanuel Gobry

Pascal-Emmanuel Gobry

Pascal-Emmanuel Gobry est journaliste pour Atlantico.

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I - La résilience des Français vis à vis des attentats et à la tentative de division

Atlantico : A la suite des attentats du 13 novembre dernier à Paris, la population Française a témoigné d'une grande résilience. D'après les chiffres du Pew Research Center (voir ici) sur la réaction des pays à forte population musulmane vis-à-vis des attentats, une grande majorité  des Français partagent les mêmes inquiétudes et le même dédain à l'égard de l'EI. Jusqu'où Daesh a-t-il échoué dans son objectif de diviser les Français musulmans des autres ?

Yves-Marie Cann : Parce que leurs auteurs se revendiquent de l'Islam, dévoyé par une interprétation à la fois fanatique et obscurantiste des textes, les Français musulmans sont, sur un plan symbolique, parmi les premières victimes potentielles des terroristes, au sens où leurs actes pourraient susciter un climat de fort rejet de la communauté musulmane. Les autorités dénombrent d’ailleurs une recrudescence des actes anti musulmans depuis les attentats de janvier. Toutefois, la société française dans son ensemble fait effectivement preuve d'une certaine résilience. L'Islam en tant que tel ne fait pas l'objet d'un rejet au sein de la population, ce sont les dérives communautaires, le prosélytisme religieux et l'instrumentalisation de cette religion par des individus radicalisés qui provoquent aujourd'hui de fortes crispations, dans une société plus que jamais attachée à la laïcité et à son héritage judéo-chrétien qui fonde en partie l'identité française.

A cet sujet, les attaques terroristes que nous avons connues cette année auront démontré que lors d'événements dramatiques et douloureux, ce qui rassemble les Français, quelle que soit leur origine, leur orientation politique ou leur religion, est plus fort que ce qui les divise. De même, et ceci constitue probablement un échec pour les terroristes, j'observe que les attaques de janvier et du 13 novembre n'ont suscité aucun mouvement anti musulmans, ce qui démontre la capacité des Français dans leur très grande majorité à faire la part des choses et à ne pas voir dans tout musulman et plus globalement toute personne issue de l'immigration un terroriste potentiel.

Les attentats de début janvier avaient eux aussi été l'occasion d'une démonstration de la société française à faire front face à la menace terrorisme et au fanatisme religieux. Les journées du 10 et du 11 janvier ont ainsi connu des rassemblements inédits par leur ampleur. Certes, toute la France n'était pas dans la rue et tous les Français n'étaient sans doute pas Charlie mais la société française a su faire preuve de résilience, de sa capacité à se retrouver sur l’essentiel pour défendre la démocratie et la liberté d’expression. De tels phénomènes s'avèrent toutefois difficiles à quantifier, hier comme aujourd'hui. D'abord parce qu'il est difficile de déterminer des indicateurs mesurables, ensuite parce que chacun peut voir dans des actes en apparence anodins de la vie quotidienne un signe de résistance, un message politique : aller boire un verre en terrasse,  mais aussi reprendre le travail quelques heures ou jours après les attentats, prendre les transports en commun, sortir en ville, assister à un spectacle...

De tels comportements sont le signe d'une grande maturité des Français. Beaucoup ont été en état de sidération, peuvent avoir peur ou ressentir de la colère face aux événements mais choisissent d'aller de l'avant parce que le contraire serait donner raison aux terroristes. De tels comportements sont aussi le signe d'une confiance dans la capacité des pouvoirs publics à faire face aux événements et à prendre les mesures qui s'imposent pour assurer notre sécurité. Pour autant, des questions se posent sur les failles qui ont pu permettre de tels attentats et il en va de la responsabilité des gouvernants, en France mais aussi à l'échelle européenne, d'apporter des explications, de clarifier ce qu'il s'est passé et ce qui n'a pas fonctionné. A défaut de réponses une fois passée l'émotion, les tensions qui travaillent notre société pourraient alors s'accroître


II - La fierté d'être Français

Pascal-Emmanuel Gobry : On a vu de nombreuses manifestations de fierté d'être français.

La première, la plus évidente, c'est la prolifération des photos de profil en drapeau français sur Facebook et les autres réseaux sociaux, tout simplement hallucinante. Parmi les photos les plus partagées sur Instagram, on trouve la Tour Eiffel illuminée en bleu-blanc-rouge(voir ici) et le maintenant célèbre graffiti "Fluctuat Nec Mergitur" de la place de la République(voir ici). Comme le signale le blogueur Koztoujours dans un beau témoignage de sa propre fierté d'être français, pour qui connaît la France depuis quarante ans, un tel engouement du drapeau fait lever le sourcil. 

Et pourtant : les ventes de drapeaux français sont en hausse nette (voir ici), montrant que cet engouement n'est pas limité à internet. On en voit parfois aux fenêtres à Paris.

Et la fierté d'être français s'est aussi manifestée par le besoin d'aider. Près de 10 000 français ont donné du sang (voir ici) ; autre phénomène lié de plus près à la fierté d'être français, les visites du site de l'Armée -- et les demandes d'inscription -- ont explosé. (voir ici).


III - Une probable intervention de la Banque centrale européenne le 3 décembre prochain

Nicolas Goetzmann : Alors que la croissance de la zone euro s’établissait à 0.9% pour l’année 2014, l’année 2015 est attendue à 1.4%, et pour l’année 2016, les prévisions font état du chiffre de 1.7%. Malgré cette amélioration, due en majeure partie à la mise en place d’un plan de rachats d’actifs de 1100 milliards d’euros par la Banque centrale européenne, et dont l’objectif est de soutenir la demande intérieure de la zone euro, son Président, Mario Draghi, ne semble pas s’en satisfaire. C’est ainsi que ce 20 novembre, Mario Draghi a posé les jalons d’un renforcement du plan amorcé en mars dernier. En effet, la faiblesse persistante de l’inflation, qui s’affiche toujours à 0.1% pour ce mois d’octobre et la crise qui frappe les pays émergents, comme la Chine et le Brésil, ceci dans un contexte de reprise encore poussive, fait planer un risque suffisamment sérieux sur l’économie de la zone euro pour que des mesures supplémentaires soient mises en place.

"En mettant tous ces éléments en perspective, nous avons une situation où nous ne pouvons pas encore dire avec confiance si le processus de remise en état économique de la zone euro est achevé. La croissance modérée et les dynamiques de prix impliquent que nous avons besoin de suivre de près l’économie pour savoir si, en étant laissée à elle-même, elle serait capable d’atteindre une trajectoire de croissance autosuffisante dans des conditions de stabilité des prix. Dans le cas opposé, alors un soutien monétaire supplémentaire sera nécessaire, ce que la Banque centrale européenne n’hésitera pas à apporter"

Dans le langage extrêmement prudent des banquiers centraux, Mario Draghi vient de faire un large pas en avant. La BCE est prête à intervenir afin de soutenir la demande intérieure européenne dans le but de redresser le niveau d’inflation, actuellement ancrée à 0.1% pour atteindre un niveau proche, mais inférieur à 2% "le plus vite possible", selon les termes du Président de la BCE. Ainsi, puisqu’inflation et croissance sont les deux faces de la même pièce, c’est-à-dire la demande, la croissance de la zone euro pourrait enfin rejoindre le potentiel économique du continent, et ainsi continuer de faire baisser le taux de chômage de l’ensemble. Et ce, même en France. Depuis son arrivée, Mario Draghi a réellement révolutionné l’approche ultra conservatrice de la BCE. Si l’Europe est encore loin d’atteindre le niveau d’action des banques centrales américaine, japonaise ou britannique, le travail de sape idéologique du banquier italien reste impressionnant. La réalisation, ou non, de ce qui ressemble aujourd’hui à une promesse, sera connue le 3 décembre prochain.


IV - Parmi les grandes nations, La France se classe au 3e rang mondial en termes de niveaux de vie

Nicolas Goetzmann : En cette fin d’année, le Fonds Monétaire International publiait la dernière version de son World Economic Outlook et livrait ainsi un état de la richesse des nations. Depuis l’émergence économique de certaines grandes nations, ce classement a connu de nombreuses modifications au cours des dernières années. Cependant, et malgré une crise dont la France a le plus grand mal à s’extraire, les résultats restent favorables. Ainsi, le pays se maintient au sixième rang mondial des pays les plus riches.

Les 10 pays les plus riches. PIB. En milliards de $. Source. FMI. World Economic Outlook Database

Derrière les indétrônables Chine et Etats Unis, la France résiste encore aux mastodontes émergents que sont l’Inde et le Brésil. Cependant, au sein même de ces états, un autre classement peut voir le jour, c’est-à-dire le niveau de vie par habitant. En prenant en compte le PIB par habitant de chaque pays, en parité de pouvoir d’achat, le classement se trouve évidemment bouleversé. Et de la sixième place, la France progresse au troisième rang mondial, tout en dépassant le Royaume Uni, le Japon, et bien sûr, la Chine :

Classement en PIB par Habitant en parité de pouvoir d’achat. Source. FMI. World Economic Outlook Database

V- Le système éducatif français est efficace dans sa lutte contre la reproduction des situations sociales

Nicolas Goetzmann : Selon une analyse réalisée par le centre d’observation des inégalités et le centre d’observation de la société, le système éducatif français reste un atout pour la réduction des inégalités. En effet, en comparant les grands pays européens, Allemagne, France, Italie, Espagne, Royaume Uni, il apparaît que l’école française se classe au deuxième rang dans la lutte contre la reproduction sociale. 

Ainsi, et en premier lieu, la France dispose, derrière le Royaume Uni, de la plus forte concentration de diplômés de l’enseignement supérieur, loin devant l’Allemagne.

Part des 30-34 ans diplômés de l'enseignement supérieur. Source Eurostat

De la même façon, la part de jeunes quittant prématurément l’école est, en France, la plus basse parmi ces pays :

Jeunes de 18-24 ans ayant quitté prématurément l'école. En %

Enfin, en observant le niveau de diplôme des enfants dont les parents ont au plus le niveau de 3e, il est possible de comparer l’efficacité des systèmes scolaires au regard de la reproduction des situations sociales.

Niveau de diplôme des enfants dont les parents ont au plus le niveau de 3e. En %. Eurostat.

Alors qu’en Italie, seuls 9% des enfants dont les parents ont au plus le niveau de 3e parviennent à niveau universitaire, ils sont 32% au Royaume Uni, 23% en France et 16% en Allemagne. A l’inverse, la reproduction sociale est la plus forte en Espagne et en Italie, avec 50% de ces enfants qui n’auront, comme leurs parents, qu’un niveau de 3e. Ils ne sont que 22% en France et 16% au Royaume Uni. Ce qui signifie que l’école française, bien loin d’être parfaite, reste une machine efficace dans sa lutte contre la fixation des situations sociales. 

 

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