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Et bientôt les tempêtes de rochers... (comme il y a 100 000 ans), l'autre danger du réchauffement climatique ?
©Reuters

SOS climat

Et bientôt les tempêtes de rochers... (comme il y a 100 000 ans), l'autre danger du réchauffement climatique ?

D'énormes roches (dont le poids est estimé à plus de 1000 tonnes) ont été déposées au sommet de falaises par de puissantes vagues lors de violentes tempêtes provoquées par un réchauffement climatique il y a plus de 100 000 ans. Le risque est le même aujourd'hui.

Alors que la 21ème conférence internationale sur le climat s'est ouverte le 30 novembre au Bourget à Paris en présence de 150 chefs d'Etat, des scientifiques ont alerté sur un phénomène moins connu du réchauffement climatique mais tout aussi dangereux : les rochers dits "volants". Le climatologue de renommée mondiale James Hansen, ainsi que Paul Hearty, un géologue de l'Université de Caroline du Nord à Wilmington, ont récemment visité l'île d'Eleuthera aux Bahamas et ont développé une théorie selon laquelle, les immenses rochers implantés sur les rives ont été amenés à là suite d'un premier réchauffement climatique.

Jusque là, si l'âge avancé et la composition de ces gigantesques rochers que l'on appelle The Bull (le taureau) et The Cow (la vache) sont des éléments clairs pour les experts en géologie, aucun n'avait été en mesure d'expliquer comment ces roches étaient arrivées au bord des falaises. Aujourd'hui, James Hansen, qui fut l'un des premiers scientifiques à avoir alerté le monde des dangers liés au réchauffement climatique devant le Congrès américain en 1988, et Paul Hearty, ont affirmé que ces énormes roches (dont le poids est estimé à plus de 1000 tonnes chacune) ont été déposées au sommet des falaises par de puissantes vagues lors de violentes tempêtes provoquées par un réchauffement climatique il y a plus de 100 000 ans. Un réchauffement climatique similaire à celui face auquel les dirigeants du monde tentent de trouver des solutions "durables" et "ambitieuses".



Le réchauffement climatique, une histoire vieille de 118 000 ans

Comme le souligne Paul Hearty dans le Washington Post, les grains qui composent ces rochers "volants" sont fortement liés entre eux, ce qui démontre avec certitude qu'ils sont plus âgés que la roche de la falaise. La théorie développée par les deux scientifiques suggère qu'il y a 118 000 ans, le climat de la Terre a traversé une période de réchauffement semblable à bien des égards à celui désormais attribué aux hommes et contre lequel nous tentons de lutter.

Les changements climatiques liés à cette période ont été si catastrophiques qu'ils auraient engendré des tempêtes massives, provoquant ainsi des vagues d'une violence considérable, capables de soulever des rochers de plusieurs tonnes et de les projeter sur une falaise, (à titre d'exemple, le rocher Maverick pèse environ 1 600 tonnes et mesure plus de 6 mètres de hauteur). Car si la majorité des scientifiques supposaient jusque là que ces incroyables rochers "volants" étaient arrivées là entrainés par la force d'un tsunami, les études sont formelles : il ne s'agissait "que" de violentes tempêtes.

L'Eemian, "l'enfer qui se déchaine"

Une étude récente a révélé qu'il y a 73 000 ans dans les îles du Cap Vert, un énorme tsunami de 300 pieds de hauteur (91,44 mètres), avait déplacé des rochers "volants" de 700 tonnes (soit 300 à 900 tonnes de moins que ceux de l'île d'Eleuthera) sur une falaise presque aussi élevée que la Tour Eiffel. Si ce phénomène parait déjà incroyable, le fait qu'il puisse être plus considérable encore et à cause de violentes tempêtes sonnent comme une alerte rouge.

Dans ses récents travaux, James Hansen a conclu que si le réchauffement climatique augmentait de 2 degrès Celcius au-dessus du niveau pré-industriel (ce que souhaitent éviter les chefs d'Etat), le danger pour la planète sera considérable.
Le réchauffement climatique évoqué dans le rapport de 121 pages de James Hansen et appelé l'Eemian, est comparé à "un enfer qui se déchainait" avec un effondrement de la calotte glaciaire, la montée des eaux et un grand contraste des températures entre les tropiques et pôles froids. Une théorie qui va de pair avec celle du géologue Paul Hearty, dont les travaux avaient été publiés dans la revue scientifique Atmospheric Chemistry and Physics Discussions.

La rage

Comme le rapporte le Washington Post, le fait que ces énormes rochers aient été déplacés démontre la présence d'une puissance énergétique considérable dans les profondeurs de l'Atlantique. Au nord d'Eleuthera par exemple, les habitants ont remarqué des traces d'usures faites par les violentes vagues sur un pont reliant deux parties distinctes de l'île et auraient surnommé le phénomène "la rage". Pour Paul Hearty, il ne fait aucun doute que l'océan est responsable de l'emplacement de ces énormes roches, devenues célèbres auprès des touristes. Cette théorie donne un caractère d'autant plus urgent et légitime à la COP21, au cours de laquelle sera décidé "l'avenir de l'humanité".

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