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Après DSK, quel avenir pour le libéralisme de gauche ?
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Parti socialiste

Après DSK, quel avenir pour le libéralisme de gauche ?

Dominique Strauss-Kahn éloigné du jeu politique, que reste-t-il des idées libérales au sein du Parti Socialiste ? Manuel Valls peut-il tirer son épingle du jeu ?

Pascal Perri

Pascal Perri

Pascal Perri est économiste. Il dirige le cabinet PNC Economic, cabinet européen spécialisé dans les politiques de prix et les stratégies low cost. Il est l’auteur de  l’ouvrage "Les impôts pour les nuls" chez First Editions et de "Google, un ami qui ne vous veut pas que du bien" chez Anne Carrière.

En 2014, Pascal Perri a rendu un rapport sur l’impact social du numérique en France au ministre de l’économie.

Il est membre du talk "les grandes gueules de RMC" et consultant économique de l’agence RMC sport. Il commente régulièrement l’actualité économique dans les décodeurs de l’éco sur BFM Business.

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Dominique Strauss-Kahn est pour longtemps hors du jeu politique français. Quelle trace laissera l’ancien patron du FMI dans l’opinion? Celle d’un homme volage ou celle du favori des sondages pour 2012 ? Avec le temps, on aurait tendance à oublier que DSK  s’était distingué des autres candidats PS en assumant des positions réalistes par exemple dans le domaine des grandes réformes économiques et sociales.

Au mois de mai 2010, il refusait tout dogme dans le débat sur l’âge du départ à la retraite, à l’inverse de Martine Aubry ou Ségolène Royal, estimant que si « on vit jusqu’à 100 ans, on ne va pas continuer à avoir la retraite à 60 ans ». En dépit de ses déclarations - très libérales - pour un socialiste, DSK apparaissait comme le meilleur candidat à gauche. Il démontrait au passage que le rapport à la vérité dépasse les frontières politiques.

Manuel Valls : héritier libéral de DSK ?

Après l’éviction de M. Strauss Kahn de la scène socialiste, quel est l’avenir de la pensée libérale au PS ? Comment le PS négociera t-il l’après Strauss et qui incarne le mieux le courant libéral-social ? Si on admet que la pensée libérale traduit un certain rapport à la vérité, au sens ou l’entendait Fénelon ou Benjamin Constant, seul Manuel Valls assume des mesures réalistes et courageuses.

La démagogie vise à promettre le miel, comme le font Mme Aubry (plus d’argent pour la culture, retour de l’âge de la retraite à 60 ans) Mme Royal (je n’augmenterai pas les impôts) ou M. Montebourg (entamons la démondialisation).
Se distinguant de tous les autres, Manuel Valls écrit avec dignité qu’il faut commencer par dire aux Français qu’un retour à la retraite à 60 ans est une douce illusion, tout comme le recours aux 300 000 emplois d’avenir. Il affirme avec le même élan qu’il faut « tourner la page du sarkozisme » mais il ne le fait pas en laissant croire aux Français que les caisses sont pleines et qu’on va pouvoir dépenser sans compter.

François Hollande : un cas à part

Le cas de François Hollande est à part. Restons dans le périmètre du débat sur la réforme des retraites : le député de Corrèze estime que les salariés qui ont cotisé 41 ans devraient pouvoir partir à 60 ans. C’est évidemment assez différent des positions de Mesdames Aubry et Royal pour qui le départ à 60 ans n’est pas négociable, quelque soit le nombre d’années de cotisation.

Dans le secteur de la réforme fiscale, M. Hollande défend des idées qu’un libéral ne condamnerait pas
: par exemple, une réforme de l’impôt sur le revenu inspirée des principes républicains : une assiette plus large et à un taux véritablement progressif. Plus largement, François Hollande et ses amis (comme Manuel Valls) sont à peu près les seuls à gauche à répéter sur tous les tons que la dette est l’ennemie de la gauche. Le camp des antis libéraux use et abuse du déni de réalité : " On peut encore dépenser sans compter, il faut créer des emplois publics, augmenter les dépenses de l’État et protéger les régimes spéciaux qui sont autant d’avantages acquis ! "

L’acceptation du réel n’est cependant pas un brevet de libéralisme, mais une condition nécessaire pour aboutir à un modèle économique efficace. Longtemps protégés par le faible intérêt des Français pour l’économie, les socialistes sont désormais confrontés aux réalités de la mondialisation. Je suis paradoxalement convaincu que celui qui l’emportera sera celui dont le rapport à la vérité sera le plus direct. La France et les Français y gagneront.

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