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Les adhérents des Républicains ont décidé ce samedi à 58% d'organiser un congrès pour choisir leur candidat à la présidentielle.
Les adhérents des Républicains ont décidé ce samedi à 58% d'organiser un congrès pour choisir leur candidat à la présidentielle.
©Sebastien SALOM-GOMIS / AFP

Présidentielle

Droite : vers la remontada ou… le suicide par chicaya ?

Les adhérents des Républicains ont décidé ce samedi à 58% d'organiser un congrès pour choisir leur candidat à la présidentielle. Alors que les sondages sont relativement médiocres pour les prétendants à l’investiture LR, le choix de ce mode de désignation va-t-il permettre au parti d'avancer sereinement dans la campagne ?

Christophe Boutin

Christophe Boutin est un politologue français et professeur de droit public à l’université de Caen-Normandie, il a notamment publié Les grand discours du XXe siècle (Flammarion 2009) et co-dirigé Le dictionnaire du conservatisme (Cerf 2017), et le Le dictionnaire des populismes (Cerf 2019).

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Maxime Tandonnet

Maxime Tandonnet

Maxime Tandonnet est essayiste et auteur de nombreux ouvrages historiques, dont Histoire des présidents de la République Perrin 2013, et  André Tardieu, l'Incompris, Perrin 2019. 

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Atlantico : Les adhérents des Républicains ont décidé ce samedi à 58% d'organiser un congrès pour choisir leur candidat et ont exclus l’idée d’une primaire ouverte. Est-ce surprenant ? Était-ce la meilleure des solutions ?

Christophe Boutin : On ne peut effectivement pas parler de surprise dans le choix qui vient d'être fait par les militants des Républicains en faveur de la procédure du congrès, tant il était annoncé par les résultats de l’enquête d’opinion de l’IFOP qui nous avaient été communiqués dans la semaine : 73% des sympathisants LR, qui votaient donc, – et 60 % des Français de droite - se disaient favorables à un congrès, et 52% seulement à des primaires – et 47% des électeurs de droite. On notera que le choix a été moins tranché avec 58% favorables au congrès et 40,4% à la primaire.

La meilleure des solutions ? Revenons un moment en arrière, sur ces premières primaires de la droite organisées en 2016 par LR, le PCD et le CNIP afin de désigner un candidat commun en 2017, et qui débutèrent par la publication de la liste des candidats par une Haute Autorité de la Primaire (HAP) le 23 septembre. Les sept candidats retenus participeront à trois débats dans les médias entre le début octobre et le 1er tour, le 20 novembre, pour le déroulement duquel, avec 10.229 bureaux de vote, 80.000 assesseurs bénévoles et 70 millions de bulletins, on mesure l’ampleur du travail de la Commission nationale d'organisation. Trois personnalités se détachent alors, François Fillon (44,08%), Alain Juppé (28,56%) et Nicolas Sarkozy (20,67%), mais seuls les deux premiers restent en lice, et, après un dernier débat, c’est finalement François Fillon qui est choisi le 27 novembre (66,49%), contre  Alain Juppé (33,51%), lors d’un vote rassemblant 4,4 millions d’électeurs.

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Ces primaires ont-elle satisfait ? Elles ont permis la désignation claire d’un candidat, mais sans doute pas de celui attendu par tous. Une grande part des médias avait en effet les yeux de Chimène pour « le meilleur d’entre nous », qui, après avoir fait entrer Bordeaux dans le XXIe siècle, devait faire de même pour la France, et a vu avec surprise les sympathisants de droite (et du centre !) retenir le plus conservateur des principaux candidats. Par ailleurs, une fois le choix fait, les soutiens de ses anciens rivaux au candidat désigné - et ce avant même qu’il ne connaisse ses problèmes judiciaires -, pour le moins réservés, montraient que les divisions persistaient.

C’est que les primaires ne sont là que pour pallier une déficience évidente : l’absence d’un « candidat naturel », ce chef de parti dont l’autorité serait reconnue par tous. Mais peut-on s’attendre à autre chose quand un parti politique n’est plus qu’un rassemblement destiné à préserver une rente électorale, où l’on reste ensemble comme ces couples divorcés qui continuent de cohabiter pour économiser de l’argent ? Un parti « attrape tout » ou presque - et c’était bien la vocation de l’UMP, puis de LR, qui s’inscrivaient dans la prétendue logique de ce « bipartisme à la française » que les politistes autorisés décrivaient comme l’alpha et l’omega de notre vie démocratique – fait nécessairement reposer son discours sur un « plus petit dénominateur commun » qui ne satisfait vraiment personne, et creuse de plus souvent le fossé entre une base qui souhaite des choix clairs et des élus qui se refusent à en faire, soit pour ne pas désespérer les grands-prêtres de la doxa médiatique, soit pour se placer par avance en position de « rassembleur » d’un second tour… auquel ils ne sont plus. À cause de cette absence de définition cohabitent alors en son sein des écuries présidentielles différentes (puisque l’élection présidentielle est l’élection reine), dont les permanentes guerres intestines empêchent l’émergence de ce chef incontesté si nécessaire pour mener la vraie bataille politique.

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On sait que Christian Jacob, depuis le début très réticent sur les primaires, attendait qu’apparaisse un « candidat naturel » dont le prénom eût été François et le nom Baroin, mais que ce dernier déclina. Que Gérard Larcher, lui, voulait une primaire. Que Xavier Bertrand se refusait de son côté à cette primaire qui nuirait à l’image d’homme providentiel qu’il entend se donner, écartant d’une main l’hydre fasciste et ses chatons et de l’autre l’actuel titulaire de l’Élysée. Dans cette situation, le congrès pouvait apparaître comme étant la meilleure solution, et l’on vient donc de s’y rallier, sans surprise comme je l’indiquais au vu des résultats de l’enquête Ifop faite auprès de 15.000 sympathisants de la droite et du centre.

Car, et c’est une nouveauté, LR a cette fois décidé de s’appuyer sur des enquêtes pour savoir ce que pensent non seulement ses militants, ou même ses sympathisants, mais, au-delà, tous ceux que le parti pense pouvoir amener à voter pour son futur candidat. Frédéric Dabi, directeur général de l’Ifop, a expliqué qu’il fallait « contacter environ 30.000 personnes pour avoir les 15.000 personnes visées », avec trois critères pour retenir les heureux élus : soit « être sympathisant d’un des partis de droite (LR, UDI, Libres !, Les Centristes) », soit « avoir voté pour un candidat de droite à une élection comme la présidentielle, les régionales ou les européennes », soit « se positionner à droite, au centre ou très à droite, sur un axe gauche-droite ». Pour lui : « C’est moins une enquête auprès des sympathisants qu’auprès du peuple de droite ». Déjà fait ? « On s’est complètement planté », déclarait récemment Martial Foucault, directeur du Cevipof, a propos d’une enquête du même type réalisée en 2016 par le Cevipof sur les primaires de la droite. Mais en 2021 il ne s’agit plus de sonder les intentions de vote d’un panel mais de poser des questions à un échantillon représentatif, comme le précisera Frédéric Dabi. Influence ? Pour Pascal Perrineau, cette enquête n’est pas un instrument de décision, mais « d’aide à la décision ». Heureusement. Sinon cela s’appellerait une élection…

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Les résultats de cette enquête lancée le 30 août portaient donc sur une évaluation des candidats déclarés, mais aussi sur les modalités de désignation du candidat final, avec ces résultats qui laissaient présager le choix d’hier. Mais quand ce qui était proposé dans l’enquête de l’Ifop était un congrès organisé « en concertation avec les autres formations politiques de la droite du centre », LR vient de décider que ne pourront voter au futur congrès que les adhérents LR et non ceux des Centristes ou de l’UDI, ce qui n'est pas sans soulever des problèmes, notamment au Sénat, où les deux formations LR et UDI travaillent en étroite coopération. Mais congrès donc il y aura, avec désignation officielle du candidat le 4 décembre, et avec d’ici là une seconde enquête « d’aide à la décision » prévue entre le 26 septembre et le 15 octobre.

Résumons nous, car je sens bien que, comme moi d’ailleurs, vous êtes un peu perdu. Pour désigner le champion de la droite et du centre, on a donc, dans l’ordre : une première enquête « d’aide à la décision » faite auprès des Français « de droite » ; un vote des sympathisants LR portant sur les modalités de désignation du candidat ; une seconde enquête « d’aide à la décision » ; la désignation enfin du candidat suivant les modalités retenues. Ajoutons qu’il faudra certainement placer des débats publics entre les candidats à la candidature, ne serait-ce que pour tenter d’exister médiatiquement quand les autres candidats, réels ou supposés, sont eux déjà largement présents. Une telle « usine à gaz » a-t-elle un intérêt pour le parti ? Au mieux elle permet d’apaiser temporairement les tensions internes, mais ses conséquences pratiques pourraient être les mêmes que pour la procédure de 2016. A-t-elle un intérêt pour le fonctionnement de notre démocratie ? Il est là aussi permis d’en douter. D’abord, parce qu’il n’est même pas certain aujourd’hui que tous les candidats potentiels acceptent le verdict du mode de désignation retenu. Ensuite, parce que la place laissée aux enquêtes en amont des choix interpelle. Enfin et surtout, parce qu’aucune clarification n’en ressort en termes de choix idéologique.

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Or pour que « les partis et groupements politiques concourent à l'expression du suffrage » (art. 4 Const.), faire de tels choix semble quand même être le minimum syndical. Théoriquement, un parti politique n’est pas une alliance électorale sans aucune idéologie déterminée qui surfe sur les choix qui se dégagent des différents sondages. Il devrait être au contraire une structure à l’identité affirmée, ce qui permettrait d’ailleurs de désigner facilement le candidat qui correspondrait « naturellement » à cette identité. Une telle désignation n’empêcherait pas les alliances avant le premier tour, et qu’un candidat s’efface par exemple au profit d’un autre faisant partie « du même camp », mais les choses seraient alors clairement dites et négociées. Cela n’empêcherait pas non plus un soutien affirmé de la part d'un candidat qui n'est pas retenu pour le second tour en faveur de l'un des deux candidats restant en lice. Autant d’éléments qui, sur le plan du fonctionnement démocratique, semblent aussi légitimes que les modalités retenues.

Maxime Tandonnet : Certes, tout ceci n’est pas vraiment dans la logique gaullienne traditionnelle de la rencontre spontanée entre un homme et la nation. Mais franchement, ce n’est pas le problème essentiel aujourd’hui. Les Républicains ont une priorité absolue : figurer au second tour de la présidentielle pour tenter de remporter l’élection présidentielle et les législatives qui suivent. Leur objectif fondamental est de mettre fin à une longue décennie de hollando-macronisme. Avec pragmatisme, ils cherchent la meilleure manière possible pour ne présenter qu’un seul candidat. Comment le leur reprocher ? L’avantage du Congrès est d’éviter le spectacle fratricide des primaires et l’affrontement à mort de candidats étalant comme en 2016, le spectacle de leurs divisions et de leurs désaccords de fond. Le reproche de déni de démocratie est fallacieux : la démocratie se joue lors des élections au suffrage universel, non sur le mode de désignation d’un candidat.

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Maintenant que cette décision est prise, la droite peut-elle envisager de se lancer pleinement dans le choix de son candidat ? Cela peut-il être le début d’une remontée du parti ou est-ce que cela va entraîner encore plus de confusion et de chicaya politiques ?

Christophe Boutin : Comme vous y allez… On est d’accord sur un mode de désignation. Bien. Et trois candidats sont clairement en tête, si du moins l’on en croit l'enquête, Xavier Bertrand, Valérie Pécresse, et Michel Barnier, dans cet ordre comme « personnalités connues » ou en termes de « popularité » pour les Français « de droite ». Mais il faut aussi noter que, si l’on tient compte uniquement des sympathisants LR, Xavier Bertrand et Valérie Pécresse sont très proches, et la seconde passe même devant Bertrand en termes de popularité.

Or si Valérie Pécresse et Michel Barnier se disent prêts à se soumettre au jugement du congrès, on a l’impression que Xavier Bertrand ne s’y résout que pour en faire le moment de sa consécration. Il n'est donc pas évident qu'il abandonne toute velléité de participation à l'élection présidentielle dans l’hypothèse d’un échec, même s'il a récemment annoncé qu'il veillerait à ne pas faire perdre son parti. Enfin, pour être juste, son ancien parti, car, c’est encore un point amusant, les deux candidats potentiels de tête qui pourraient être désignés par les sympathisants LR ont tous deux claqué plus ou moins brutalement la porte du parti pour se retirer sous leurs tentes de baron local. « Libres ! » dirait Valérie Pécresse.

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Sur le plan stratégique, les différents candidats, qui connaissent maintenant les règles du jeu, devraient logiquement s’affronter dans les deux mois qui viennent. Affrontement « viril, mais correct », choc des programmes et des arguments sans coups bas ? L’histoire laisse songeur sur ce point, pas plus qu’elle ne laisse augurer après la bataille une réconciliation générale du type « embrassons nous Folleville ». Mais l’homme – et la femme - peuvent changer.

Notons en tout cas que les choses sont tellement peu assurées que LR vient de mettre en place un « amendement Fillon » permettant de se débarrasser d’un candidat devenu encombrant en cours de campagne – malmené avec ses ennuis judiciaires, le Sarthois avait refusé de s’effacer au profit de l’ancien enseignant au Canada. « Dans l’hypothèse où le Bureau politique constaterait que le candidat désigné ne peut, pour quelque raison que ce soit, rester porteur de ce choix – dit le nouveau texte -, la procédure (de désignation) pourrait être, sur décision du Conseil national, à nouveau engagée. ».

L’entrée dans la campagne de désignation interne permettra en tout cas à LR de revenir sur le terrain des choix politiques nécessaires au pays. Il est grand temps : après la désignation du candidat il ne restera qu’un peu plus de quatre mois avant le premier tour – il y en avait eu cinq en 2016.

Maxime Tandonnet : Les leaders LR paraissent à ce stade avoir tiré les leçons des haines destructrices du passé à l’image du conflit Fillon-Copé et du souvenir épouvantable qu’il a laissé. Deux candidats se sont retirés, M. Wauquiez et M. Retailleau pour éviter la surenchère. M. Bertrand et Mme Pécresse, bien que n’étant plus membres du parti, ont accepté le jeu d’une discipline collective et M. Bertrand a lui-même déclaré qu’il n’y aurait qu’un seul candidat de droite. Pour l’instant, l’impression dominante est celle d’une sorte de sagesse des candidats prêts à s’en remettre à une discipline collective. Depuis 4 ans et demi, combien de fois LR a été déclaré en mort clinique, notamment après les Européennes ? Combien de fois les experts les plus réputés de la politique française ont-ils voué ce parti à l’écartèlement inévitable entre macronisme et lepénisme ? De fait, malgré quelques ralliements opportunistes à la macronie qui sont restées marginaux, LR a tenu bon contre tous les pronostics et le mouvement est toujours vivant. Il est évidemment impossible de savoir si la sagesse va continuer à prévaloir dans les mois à venir, mais l’impression dominante qui est donnée en ce moment semble plutôt favorable.

Les sondages sont relativement médiocres pour les prétendants à l’investiture LR au premier tour de la présidentielle. Y-a-t-il malgré tout un espace possible pour une « remontada » après ce choix ?

Christophe Boutin :La politique est devenu le monde des surprises, et il faut donc se garder des jugements trop tranchés. Prenons quelques causes de l’instabilité actuelle. C’est, d’abord, cette volonté des électeurs de renverser la table, clairement exprimée en 2017, qui n’a pas disparue malgré les flash-balls des Gilets jaunes ou les amendes de la crise sanitaire, et dont des politiques blanchis sous le harnais pourraient faire les frais – quand ils pourraient, au contraire, par leur expérience, rassurer les inquiets. C’est ensuite la question capitale du retour aux urnes des abstentionnistes, ou au contraire la persistance de ce vide démocratique, et leurs conséquences. C’est bien sûr aussi, à ce jour, l’inconnue portant sur les candidats qui participeront vraiment à « la grande élection », leur nombre et leurs personnalités délimitant des champs électoraux différents. Ce sont encore, plus simplement, les circonstances dans lesquelles aura lieu l’élection, avec les conséquences éventuelles de l’évolution de la crise sanitaire, ou d’autres.

Pour revenir à LR, les différents candidats, lors de leurs affrontements d’ici fin novembre, sauront-ils non seulement mobiliser les militants ou les sympathisants, mais encore intéresser au-delà de ce bloc ? Leurs discours, comme plus tard celui du candidat, vont-ils toucher une fibre particulière de l’électorat, ou n’être qu’un élément de cette inutile saturation de l'espace politique qui semble profondément lasser nombre de nos concitoyens ? L’électorat LR est un électorat âgé, qui a peur du changement, pas vraiment donc celui auquel on va tenir un discours de rupture… Or c’est aussi un électorat qui vient voter. Comment convaincre alors d’autres électeurs ?

Ce que vous appelez « l’espace LR », de nos jours, on le connaît en fait sans le connaître. Il est quelque part entre l’aile sociale du RN, trop populiste, et l’aile libertaire de LREM, trop progressiste. Mais il y a de plus en plus de monde sur le créneau, et avec quoi l’occuper ? Rappelons qu’après 2017 Xavier Bertrand ou Valérie Pécresse ont claqué la porte, que Gérald Darmanin, ministre d’Emmanuel Macron, ou Édouard Philippe, l’ancien Premier ministre qui va bientôt créer sa propre boutique, se disent toujours « de droite », que d’anciens élus LR sont devenus LR…EM, que d’autres étaient récemment présents sur des listes du RN… Ce qui revient à se poser la question de la structure même du parti qui doit s’affirmer sur ce créneau. Or une « remontada », puisque vous me soufflez cette comparaison, suppose un élan partagé par tous les joueurs, une doctrine claire d’emploi des différents éléments présents sur le terrain, le sens du sacrifice personnel au service de l’action collective et un chef incontesté. La balle est dans le camp LR.

Maxime Tandonnet : Il faut considérer avec prudence les sondages qui depuis 4 ans ½ invariablement annoncent un second tour des présidentielles le Pen/Macron et une écrasante réélection de ce dernier. L’expérience de l’histoire montre que les élections présidentielles ne se déroulent jamais – jamais – comme prévu. Les Français ont été fortement secoués ces dernières années : vague terroriste sanglante, crise des Gilets Jaunes, épidémie de covid 19 et son lot de désastres et de malheurs. Ils n’ont pas encore à l’esprit de penser à la présidentielle. Le rapport de forces annoncé par les sondages peut être chamboulé dans quelques mois. Les victoires de LR aux élections municipales et régionales montrent ce courant politique dit « la droite » conserve une forte influence dans la France profonde. Les conditions pour la transformer en victoire électorale nationale sont de deux ordres : d’une part l’union autour d’un seul candidat ; d’autre part la démonstration de sa capacité à se préoccuper pas seulement des questions de personnes mais aussi des questions de fond dans l’intérêt du pays. Cela passe par l’élaboration d’un projet cohérent et réaliste destiné à restaurer la confiance des Français en la politique. A cet égard, il leur faudra offrir une perspective claire de sortie du macronisme, en substituant l’action à l’esbroufe, et le bien commun à l’exubérance narcissique. Comment en finir avec la « politique spectacle » et restaurer une démocratie tournée vers l’intérêt général ? C’est toute la question…

Le président Christian Jacob s’est félicité de la participation au vote, à 50,28%. Le meilleur taux de participation à une consultation des Républicains depuis 5 ans. Ce taux de participation est-il de bon augure pour la campagne, dans la mesure où il montre l’implication des adhérents ?

Maxime Tandonnet : Il n’est pas certain que le pourcentage des adhérents ayant participé à cette consultation change grand-chose. L’élection présidentielle se jouera sans doute pour le candidat désigné par la droite dans sa capacité à s’adresser à la France profonde par-delà les clivages partisans. Il lui faudra réussir à faire passer un message d’espoir, une impression favorable, une sensation positive dans le pays. Après 5 ans de macronisme, les Français seront en quête d’expérience, d’unité, de sagesse, de simplicité et surtout de respect. Le candidat issu de la droite devra trouver les mots pour rassembler, tenir un discours de vérité, montrer une capacité à s’adresser au pays dans son ensemble et surmonter ses déchirures. Il devra gagner une crédibilité quant à sa détermination à agir pour le seul bien commun dans les domaines qui préoccupent profondément le pays, en particulier le chômage, la dette publique, la violence, la maîtrise des migrations, le déclin scolaire. Si ces conditions sont réunies, les chances d’une victoire sont réelles.

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