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Pour les strauss-kahniens, l’annonce de la candidature de leur champion pourrait devoir être reportée aux... calendes grecque !
Pour les strauss-kahniens, l’annonce de la candidature de leur champion pourrait devoir être reportée aux... calendes grecque !
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EDITORIAL

DSK : une candidature remise aux calendes grecques ?

Les stratèges du parti socialiste pensaient maîtriser le calendrier des six mois précédants la primaire mais rien ne se passe comme prévu. Pire pour les strauss-kahniens, l’annonce de la candidature de leur champion pourrait devoir être reportée encore plus loin en raison d’impératifs liés au plan de sauvetage de la Grèce.

Anita Hausser

Anita Hausser

Anita Hausser, journaliste, est éditorialiste à Atlantico, et offre à ses lecteurs un décryptage des coulisses de la politique française et internationale. Elle a notamment publié Sarkozy, itinéraire d'une ambition (Editions l'Archipel, 2003). Elle a également réalisé les documentaires Femme députée, un homme comme les autres ? (2014) et Bruno Le Maire, l'Affranchi (2015). 

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Au début de cette année, un livre intitulé «la Dictature de l’urgence », est arrivé en finale du prix du livre politique. Cet ouvrage bien troussé décrit l’urgence qui régit aujourd’hui notre vie à tous les échelons et décrie l’hyper réactivité dans la vie, personnelle ou publique. Son auteur se nomme Gilles Finchelstein. Directeur d’études d’Euro R.S.C.G., il dirige aussi aussi le think-tank de gauche qu’est la Fondation Jean Jaurès, et il est une des têtes pensantes de Dominique Strauss-Kahn. Vous me voyez venir ? Bien vu ! Car aujourd’hui la question est posée : Dominique Strauss-Kahn dont la candidature devient de plus en plus évidente, a-t-il raison de mettre en pratique cet éloge de la lenteur ? Cette situation d’attentisme ne finit-elle par devenir intenable pour Martine Aubry qui « tient la maison » en s’efforçant de faire bonne figure,  et est obligée de faire semblant d’entretenir le suspense sur sa propre candidature ? La première secrétaire a beau répéter que "La patience est une fleur qui fleurit en juin » , l’effervescence provoquée par l’annonce -au conditionnel- sur le site NouvelObs.com de sa non candidature montre en effet que le PS s’est enfermé dans un calendrier impossible, et que rien ne se passe comme les stratèges de la direction l’avaient prévu sur le papier.

Ils expliquaient que le mois d’avril serait celui de la victoire… aux cantonales, le mois de mai, celui du projet. Et en attendant le dépôt officiel des candidatures le 28 juin, l’énergie du PS devait être consacrée à la publicité du projet, grâce à des dizaines de réunions organisées aux quatre coins de la France. C’était trop beau etrien ne se passe pas comme prévu.

La victoire aux cantonales n’a pas été éclatante et le projet, pourtant adopté à l’unanimité, n’est pas la préoccupation numéro un des écuries des différents candidats aux primaires, déjà déclarés. Et pour cause : ils veulent mettre en avant leurs propres priorités. Ségolène Royal qui se dit toujours déterminée, continue de se démarquer de la ligne du Parti : sa dernière incartade concerne l’immigration. L’ancienne candidate est favorable à davantage de restrictions en matière d’immigration légale. Arnaud Montebourg parle peu du programme, il s’est lancé dans une campagne interne sur le thème de la transparence du Parti. Et François Hollande est l’homme qui provoque la surprise, celui dont on n’attendait pas l’ascension dans les sondages.

D’oùla nervosité de plus en grande dans les rangs des « strauss-kahniens » qui redoutentune rééditionversion 2011 du « Lièvre et de la Tortue». Ils s’activent à qui mieux mieux, multiplient les réunions, créent des comités de soutien locaux en attendant le signal du patron du FMI. Mais Dominique Strauss-Kahn, qui consulte beaucoup pendant ses séjours parisiens reste muet, observant à la lettre la prescription de l’organisation internationale qui lui interdit la moindre expression politique.

Alors que l’on s’attendait à son départ du FMI au lendemain du sommet du G8 à Deauville à la fin mai, voilà qu’une autre échéance, plus lointaine encore, est envisagée : la fin juin car le 20 de ce mois le FMI examine le plan de sauvetage de la Grèce. Comment le patron pourrait-il quitter le navire avant, alors que le dépôt officiel des candidatures à la primaire du PS ne démarre que le 28 juin pour s’achever le 13 juillet ? Mais si une autre crise financièresurvenait d’ici là, DSK pourrait-il quitter le navire ? Cette question n’est pas seulement le cauchemar des Marchés, elle hante aujourd’hui les supporters socialistes du patron du FMI, peu rompus aux problèmes financiers internationaux. Car ils savent que la nature a horreur du vide et que pendant ce temps François Hollande, qui connait le PS sur le bout des doigts pour l’avoir dirigé pendant dix ans, peaufine avec succès son implantation nationale et locale. Au grand dam de ceux qui espéraient »une primaire de confirmation »et qui vont devoir affronter une véritable compétition.

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