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La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, prononce un discours lors d'un débat sur "L'état de l'Union européenne", le 15 septembre 2021.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, prononce un discours lors d'un débat sur "L'état de l'Union européenne", le 15 septembre 2021.
©YVES HERMAN / POOL / AFP

UE

Discours sur l’état de l’Union : la marche des zombies sur Bruxelles ?

Ce mercredi 15 septembre, Ursula von der Leyen va prononcer son "discours sur l’état de l’Union". Le plan de relance, le numérique, la crise sanitaire et le changement climatique devraient être au coeur de ce discours. A ne pas vouloir voir ses défauts et ne pas se remettre en cause, l’Union européenne s'est-elle trop déconnectée du réel ?

Sébastien Cochard

Sébastien Cochard

Sébastien Cochard est économiste, conseiller de banque centrale. Il exprime ses vues personnelles dans Atlantico.

 

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Atlantico : Le discours sur l’Etat de l’Union a lieu ce mercredi matin. L’Union européenne a « teasé » la  prise de parole d’Ursula von der Leyen sur les réseaux sociaux en présentant sa politique sous les meilleurs auspices. Lorsque l’on regarde la campagne de communication autour de ce discours, à quoi peut-on s’attendre ?

Sébastien Cochard : En remarque préliminaire, permettez-moi de souligner l'aspect quelque peu "hors sol" de cet exercice dit "de l'État de l'Union", singerie du discours annuel du Président des Etats-Unis devant les deux chambres du Congrès (et lui-même inspiré du discours que prononce le souverain britannique à l'ouverture des travaux du Parlement). La recherche du mimétisme avec le modèle américain donne ainsi lieu à Strasbourg à des démonstrations théâtrales de la part de députés européens, qui se lèvent pour applaudir bruyamment l'orateur, comme ils l'ont vu faire à la télévision, sur C-Span ou CNN.
 
Au-delà du soulignement de l'ancrage anglo-américain de l'Union Européenne, ce discours, sa dénomination, ont un aspect ouvertement téléologique : il s'agit de chercher à substituer à la réalité de ce qu'est l'Union européenne (une mise en commun limitée de certains aspects juridiques et économiques -certes importants- qui sont progressivement retirés aux Etats membres), de lui substituer, donc, l'illusion que l'UE serait une Fédération, sur le modèle des États-Unis, Fédération dont la Commission européenne serait l'exécutif. 
 
A l'appui de cette substitution de la propagande au réel, la Commission européenne en fait toujours plus chaque année pour donner de l'importance à ce discours de l'État de l'Union. Parmi les multiples éléments pour faire "monter la sauce", il y a ainsi maintenant, comme vous le notiez, un "teaser" du discours, et l'on y retrouve les thèmes du moment : lutter contre le virus et (sous le prétexte de l'état d'urgence permanent autorisé par cette lutte), accélérer la numérisation de l'économie et son "verdissement", en veillant bien à s'assurer au passage que la société soit toujours plus diversitaire et inclusive. Bref, il s'agit là des thèmes globaux, relayés dans la plupart des juridictions de la planète par leurs gouvernements respectifs, pour la plus grande satisfaction des multinationales de la Silicon Valley.

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L’Union européenne a-t-elle trop tendance à ne voir que les aspects positifs de son action sans prendre en considération ses difficultés et ses failles ?

Très honnêtement, il n'est pas possible de visionner ce "teaser" sans penser aux actualités cinématographiques des régimes totalitaires du milieu du 20ème siècle, où la réalité des défaites et des failles, qu'elles soient militaires ou économiques, étaient complètement renversées dans la réalité virtuelle présentée au public. L'on ne peut pas non plus ne pas penser bien sûr à Orwell, au Ministère de la Vérité et à la Novlangue. La Commission européenne participe activement à la propagation de ce totalitarisme idéologique global dans lequel nous baignons progressivement toujours plus profondément depuis une trentaine d'années. 

À ne pas vouloir voir ses défauts et ne pas se remettre en cause, l’Union européenne s'est-elle trop déconnectée du réel par un tel biais intellectuel ?

L'Union européenne, "personnifiée" en l'occurrence par la Commission européenne, peut faire penser par de nombreux aspects à l'Union Soviétique. A la différence, encore une fois, que l'UE n'est pas le système tout entier, que le totalitarisme "soft" dans lequel nous évoluons ne procède pas d'elle : l'UE et la Commission européenne n'en sont que des rouages et des relais. Mais la déconnection entre la réalité et l'ambition affichée est en effet de plus en plus importante et, comme nous l'évoquions dans un entretien sur l'UE et les crises il y a quelques jours, les Peuples ne croient plus à la réalité parallèle ni aux lendemains radieux et prospères de la propagande européiste. 

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