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Comment utiliser le "oui" et le "non" à bon escient
Comment utiliser le "oui" et le "non" à bon escient
©Reuters

Bonnes feuilles

Éternel indécis ? Comment utiliser le "oui" et le "non" à bon escient

Décider d'un métier, nous engager avec un partenaire, devenir parent, rompre ou renouer avec un ami... Face aux choix de la vie, la tentation est forte de céder au doute et à la peur. Certains se réfugient dans l'hyperactivité et le contrôle, d'autres au contraire préfèrent ne rien faire du tout. Chacun de nous pourtant a les moyens de faire valoir ses désirs et d'inventer la vie qui lui ressemble. Extrait de "Sous les peurs, le bonheur", de Catherine Clouzard, publié chez Eyrolles (2/2).

Catherine Clouzard

Catherine Clouzard

Diplômée de l'École parisienne de Gestalt, de l'Institut d'arts visuels d'Orléans et de l'Université de Lille (Arts du spectacle), Catherine Clouzard est gestalt-thérapeute. Elle accompagne des personnes individuellement sur le chemin de leur créativité.
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L’utilisation consciente d’un vrai oui ou d’un vrai non permet de s’engager en connaissance de cause ou de décliner une invitation qui ne nous convient pas. Savoir faire usage du oui comme du non de façon ajustée aide à se situer clairement dans bien des situations. Autrement dit nous ouvrir quand nous sommes en accord et nous préserver quand nous n’adhérons pas à une option proposée.

Un vrai oui

L’un des écueils par rapport aux nombreuses sollicitations de la vie peut être de dire oui trop vite et un faux oui trop souvent. C’est ce qui arrive quand on se sent porté par un enthousiasme qui tourne à l’exaltation, qu’on adhère à un, deux, trois, quatre et finalement trop de projets aveuglément. C’est aussi ce qui arrive à des personnes trop confluentes qui ont du mal à se désolidariser d’un groupe : elles ne font que suivre le mouvement général, se conforment à la norme ou à la tendance du moment.

Les personnes « overbookées » sont celles qui ont du mal à trier les sollicitations, qui disent oui à presque tout ce qui leur est proposé, sans prendre le temps de vérifier si chaque engagement leur convient vraiment. Ces oui-là n’ont pas grand-chose à voir avec le grand oui que l’on peut dire à la vie. Au contraire, ils peuvent même, dans certains cas extrêmes, conduire à diverses formes d’autodestruction par épuisement progressif.

« Je veux tout ! » Maxime vient d’emménager à Paris, où il a toujours rêvé d’habiter. Dès les premiers jours, il « grille » son énergie en sorties et activités. Afin d’être « branché » et se « faire un réseau ». Il dit oui à tout ce qui lui est proposé. Il rogne sur son sommeil et son temps de travail personnel afin de pouvoir « profiter de la plus belle ville du monde » où il voudrait « tout faire ». Il se retrouve vite épuisé et à sec financièrement. Rencontrant ses propres limites, Maxime revoit son hygiène de vie et son organisation.

Un vrai oui, avec un engagement tenable, est celui qui est posé suite à une fine appréciation de la situation. Il nécessite de bien vivre une étape de précontact visant à sentir si le choix envisagé est juste et de prendre la pleine mesure de l’engagement. Il s’agit donc d’être à l’aise quant à la direction prise. Arouna Lipschitz, dans son accompagnement initiatique La Voie de l’amoureux1, distingue ainsi la rencontre de l’entrée en relation : la rencontre est quelque chose qui nous arrive, alors que l’entrée en relation est quelque chose que nous décidons.

Savoir dire non

Dire non n’est pas toujours aisé, tant cela nous renvoie au risque d’être rejeté(e), jugé(e) comme frileux(se), frustrant(e), rabat-joie, etc. Être seul(e) à dire non est d’autant plus difficile qu’il fait alors vivre une rupture de confluence : en n’étant plus dans l’adhésion, l’harmonie, la communion voire la fusion par rapport à un groupe. Cela peut rendre plus douloureux le rapport à la pression existentielle de solitude.

Dire non systématiquement peut être une stratégie excessive visant à se protéger des autres, à éviter d’être dépendant(e). Cependant, la fixité dans cette posture – la contre-dépendance – est une autre forme, tout aussi aliénante, de dépendance, car elle s’inscrit à l’inverse, en contre-proposition automatique de ce que les autres apportent.

Le vrai non est celui de la fermeté, dans le sens de la fermeture : il est clairement posé, au moins à un moment donné, sur un point précis d’une situation qui ne nous convient pas, ne respecte pas nos limites, notre intégrité physique ou morale, nos valeurs, nos convictions profondes.

La porte fermée. Pendant des années, Clotilde, qui occupe un poste de responsable RH dans la grande distribution, mettait un point d’honneur à ce que la porte de son bureau soit tout le temps ouverte. Ainsi, toute personne qui voulait la voir pouvait surgir quand bon lui semblait. En fait, la disponibilité de Clotilde n’était qu’apparente car elle se sentait assaillie par les personnes qui débarquaient sans cesse, parfois à deux ou trois. Assez rapidement elle s’en est agacée, puis est devenue de plus en plus agressive dans les moments d’affluence. Maintenant, elle a fait le choix de laisser souvent sa porte ouverte, mais dès qu’elle commence à saturer, ou à avoir simplement besoin de se concentrer sur un dossier ou un entretien individuel plus délicat, elle referme sa porte. Là le message est clair pour tout le monde : « NON, je ne suis pas disponible, et quand la porte sera ouverte, ça voudra dire OUI, je le suis à nouveau. 

Extrait de "Sous les peurs, le bonheur", de Catherine Clouzard, publié chez Eyrolles, 2014. Pour acheter ce livre, cliquez ici.

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