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Charlie Hebdo, Plenel, Valls et les autres… : pourquoi il est urgent de mettre fin à l’hystérie du débat tout en ne cédant rien sur le fond
©AFP

Allo les pompiers !

Charlie Hebdo, Plenel, Valls et les autres… : pourquoi il est urgent de mettre fin à l’hystérie du débat tout en ne cédant rien sur le fond

La polémique entre Charlie Hebdo et Médiapart sature l'espace médiatique depuis quelques jours. Passes d'armes à coup de unes, le débat n'est pas près d'en finir, polarisant la question initiale en un simple "pour ou contre" : l'islam, la laïcité...

Virginie Martin

Virginie Martin

Virginie Martin est une professeure-chercheure à Kedge Business School et politologue française. Elle est présidente du Think Tank Different, laboratoire politique créé en 2012, et est l'auteur de Ce monde qui nous échappe : pour un universalisme des différences paru en 2015 aux éditions de l'Aube.

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  1. Atlantico : dans le débat qui voit s’affronter la rédaction de Charlie Hebdo, Edwy Plenel ou Manuel Valls et qui enflamme la scène médiatique depuis quelques semaines, parfois même au point de rendre inaudibles les points de vue. Ne faut-il pas regretter, et ce, d’autant plus que l’on trouve le débat sur l’islam important, que la parole soit monopolisée par des personnalités très clivantes qui hystérisent le débat ?

Virginie Martin : il est bien sûr insupportable d’avoir des totems médiatiques. Mais le jeu est celui-là. Cette hystérie est nécessaire pour que le débat soit porté jusqu’à la sphère publique.

  1. Mais d’une certaine façon, avec ces têtes d’affiches, n’envenime-t-on pas l’atmosphère publique en polarisant la question en un simple “pour ou contre l’islam” ou encore “pour ou contre la laïcité” ?

Cette polémique révèle surtout l’existence de deux gauches quasi irréconciliables. L’une, la gauche culturaliste. Contre l’autre, la gauche universaliste-républicaine. Dans mon essai, “Ce monde qui nous échappe - pour un universalisme des différences”, je parle d’une République qui se veut encore universelle et sans nuances. D’où le sous-titre de mon ouvrage. Je parle d’un socle commun, mais avec les différences acceptées : culturelles, cultuelles, de genre…

N’est-il pas aujourd’hui absolument nécessaire que le flambeau soit repris par des intellectuels dans des cadres plus posés afin d’éviter la crispation générale de la société ?

Malheureusement la sphère médiatique tend à polariser le débat entre culturalisme et universalisme. La caricature est utile pour les débats médiatiques, mais cela ne va pas plus loin… Mais ces débats ont déjà lieu dans le cadre universitaire. Nous avons la volonté de réconcilier les deux champs. Malheureusement, les travaux menés dans le cadre universitaire n’ont pas la force des débats médiatiques, et sont du coup relativement moins entendus. Pourtant, ils existent. Les images Plenel / Riss révèle deux gauches mais empêchent la synthèse. On doit penser à la fois le culturalisme et l’universalisme, à la fois Plenel et Riss.

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