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Pas facile d'assumer sa personnalité.
Pas facile d'assumer sa personnalité.
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Bonnes feuilles

Ceux qui s'assument et les autres : comment détecter quelqu'un de mal dans sa peau

Béatrice Millêtre éclaire cette impression diffuse que tant de gens ont aujourd'hui de ne pas être à leur place et de ne pas savoir comment faire pour y arriver. Extrait de "Six clés pour se sentir enfin à sa place" publié chez © Editions Payot & Rivages, 2014 (2/2).

Être à sa place implique d’abord que chacun en ait une qui soit différente. Mais cela implique aussi, obligatoirement, d’assumer sa propre personnalité.

Cela paraît évident lorsque je dis cela, mais j’ajoute toujours : « C’est facile à dire dans un bureau entre quatre yeux, mais plus difficile à vivre. » En effet, admet mon interlocuteur, mais moi, j’assume bien ma personnalité.

Je ne suis pas d’accord avec lui. Anthony croit assumer sa personnalité, car, lorsqu’il se trouve dans une réunion, il se tait pour ne pas être blessant envers ses collègues qui l’énervent à force de tourner autour du pot. De même, en soirée, il est capable de dire leurs quatre vérités à ses amis dont il trouve les propos plats et insignifiants. Chaque fois, ces situations le laissent aigri et convaincu qu’il a raison et les autres tort.

Il n’assume donc pas sa personnalité.

En effet, assumer veut dire que l’on sait qui l’on est, ce qui nous correspond, comment l’on fonctionne, ce que l’on aime et ce que l’on n’aime pas, ce qui est bon pour nous, indépendamment de ce qui peut correspondre aux autres et de ce qu’ils peuvent penser ou dire.

Cela sous-entend que l’on sait comment fonctionnent les autres, quel est, encore une fois, leur mode d’emploi, que l’on accepte d’en avoir un autre, et que, le sachant, on sait en tirer parti pour construire – ou pas – des interactions harmonieuses avec les autres

Reprenons l’exemple de Claudine, dont la portière a heurté la voiture voisine. Sachant que la plupart des gens vont se mettre en colère même si on leur présente des excuses, deux options s’offrent à elle : s’en tenir à ses propres valeurs et les assumer, quitte à se faire crier dessus ; décider que ce n’est pas agréable et faire comme si de rien n’était en restant fermement dans le déni. Ne donnant pas de prise à son interlocuteur, celui-ci ne pourra rien dire. À Claudine de savoir ce qui lui correspond le mieux. Dans tous les cas, cela se traduira par une distanciation vis-à-vis de l’influence sociale et la conscience de ne pas vouloir faire comme tous si cela ne vous correspond pas : sans provocation ni ostentation.

Cyril me raconte que, depuis son adolescence, il se sent décalé avec ses copains : « Ils ne pensaient qu’à boire et fumer en parlant des filles. Ça ne m’intéressait pas, je préférais parler musique, histoire, cinéma… Il faut bien vivre ensemble, alors j’ai toujours fait l’effort de me retrouver avec eux, pour m’intégrer. En même temps, j’ai construit des relations plus intimes, sans le groupe, qui me correspondent mieux. »

Intelligent, Cyril a compris très jeune le sens du mot « assumer » et a su construire une vie qui lui correspondait. En effet, ce n’est pas assumer sa vie que de se forcer à voir des gens « parce que ça se fait ». Mais choisir des moments où vous le faites pour votre vie sociale et des moments où vous ne le faites pas, est plus confortable et source de bien-être.

De même, il vous revient d’assumer de partir parfois dans des diatribes enflammées et parfois d’être silencieux ; parfois sociable, parfois renfermé ; parfois triste, parfois gai…

« Oui, mais les gens vont voir que je suis différent », me dit-on souvent. Ma réponse tient en deux phrases : premièrement, nous sommes tous différents, donc cela importe peu ; deuxièmement, les gens perçoivent tous les différences chez les autres. Ils ne les qualifient pas avec des mots précis, ils ne savent pas dire exactement que « Untel est différent parce que… » Ils le savent parce que toute différence se perçoit, même et encore plus si vous essayez de la masquer. Alors, « hauts les coeurs », allez-y « brut de fonderie » et au diable les conséquences !Si vous contraignez votre personnalité, que vous fassiez « blanc ou noir » ne sera pas approprié, alors apprenez à croire en vous, à vous écouter et à suivre votre intuition, les choses n’en seront que plus aisées et confortables.

Extrait de "Six clés pour se sentir enfin à sa place", de Béatrice Millêtre, publié chez © Editions Payot & Rivages, 2014. Pour acheter ce livre, cliquez ici.

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