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Une épidémie de maladies tropicales menacerait l'Europe du Sud.
Une épidémie de maladies tropicales menacerait l'Europe du Sud.
©Reuters / Susana Vera

Gangrène

Cette nouvelle vague de maladies qui menace l’Europe avec le dérèglement climatique

Le Washington Post a annoncé qu'une épidémie de maladies tropicales menaçait le vieux continent, notamment l'Europe du Sud, en raison du réchauffement climatique.

Atlantico : Une épidémie de maladies tropicales menacerait l'Europe du Sud. Quels pays sont réellement concernés et par quels type de maladies ?

Eric Caumes : Effectivement, si sous le vocable de maladies tropicales vous faites allusion à des maladies transmises par piqûres de moustiques, comme la dengue et le chikungunya, dans ce cas l’Europe du sud a vu l’émergence de foyers épidémiques au cours des dernières années, presque tous les étés, dans le nord de l’Italie, le sud de la France et plus récemment l’Espagne. Néanmoins il n’y a pas d’épidémie pérenne mais seulement des foyers épidémiques qui restent très circonscrits sur le plan géographique (limité à une région voire une ville voire un quartier), sur le plan épidémiologique (moins d’une dizaine de cas prouvés sauf lors de l’épidémie italienne), et temporel (durée de quelques jours l’été).

Quelles sont les causes de l'arrivée de cette épidémie ?

La survenue de ces cas groupés est due à la combinaison de deux phénomènes. D’une part il existe des voyageurs infectés (et virémiques) qui reviennent de pays d’endémie de dengue ou de chikungunya avec ces maladies. D’autre part un moustique potentiellement transmetteur existe dans certains départements français. Ce moustique, appelé moustique tigre, est arrivé sur le territoire français il y une dizaine d’années, et son territoire s’étend progressivement d’année en année vers le nord du pays et de l’Europe. Il a atteint la banlieue parisienne à l’été 2015.

Quelles actions peuvent être mises en place pour répondre à cette menace ?

La seule chose à faire serait de détruire les gites du moustique tigre ainsi que de ne pas alimenter les réservoirs potentiels d’eau ou le moustique peut pondre et assurer sa descendance. Malheureusement cette lutte est peu efficace au niveau collectif, raison pour laquelle il faut lutter sur le plan individuel, dans les jardins, les maisons, sur les balcons, et les terrasses. 

Que pensez-vous de la manière sont est traitée cette épidémie dans les médias ?

Si je prends l'exemple d'un récent article du Washington Post, je trouve qu'il s'agit surtout de spéculations sur fond de catastrophisme bien à la mode. Cela témoigne avant tout d’une absence de recul scientifique. Comme souvent, les médias pointent des épiphénomènes dont la répétition est effectivement digne d’inquiétude pour l’avenir. Mais nous n’y sommes pas encore.

Selon moi, les médias oublient les véritables problèmes qui, eux, sont déjà là et posent des problèmes quotidiens. Je pense notamment à la résistance aux antibiotiques des bactéries courantes en ville, l’exemple emblématique étant celui  de la résistance de la tuberculose aux antibiotiques. Mais il y en a d’autres – aujourd’hui la principale bactérie responsable d’infection urinaire (Escherichia coli) est de plus en plus résistante aux antibiotiques – c'est la même chose pour d’autres bactéries courantes comme le gonocoque. Je pense aussi à l'indisponibilité de molécules courantes et peu coûteuses pour traiter des maladies ré-émergentes, comme la penicilline pour traiter la syphilis (qui ré-augmente comme aux beaux jours d’avant le sida), ou comme l'Ascabiol (traitement de première intention aujourd’hui non disponible) pour soigner la gale. Je pense enfin à la réapparition de maladies que l’on pensait en voie d’éradication du fait d’une couverture vaccinale médiocre – une médiocrité consécutive à l’abandon d’une politique vaccinale digne de ce nom et à la démission du politique devant des groupes de pression qui n’y connaissent rien : poliomyélite, rougeole, diphtérie,etc.

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