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Lors de son expérience, Yingying Zhang a simplement vaporisé une solution contenant 0,2% de nanotubes de carbone et de graphène sur des feuilles de mûriers, dont les vers à soie sont friands. (illustration)
Lors de son expérience, Yingying Zhang a simplement vaporisé une solution contenant 0,2% de nanotubes de carbone et de graphène sur des feuilles de mûriers, dont les vers à soie sont friands. (illustration)
©wikipédia

Le bon filon

Ces vers à soie nourris aux nanotubes de carbone produisent une soie très résistante qui conduit l'électricité

En nourrissant des vers à soie de nanotubes de carbone et de graphène, une équipe de scientifiques chinois ont voulu voir si la soie produite par les larves bénéficiait de nouvelles propriétés. Bingo : celle-ci est plus résistante et peut même conduire l'électricité. De quoi intéresser, entre autres, les industriels du vêtement intelligent.

Parfois, la nature et la technologie se marient parfaitement. L'exemple de l'expérience menée par la chimiste chinoise Yingying Zhang et son équipe de chercheurs de l'Université Tsinghua illustre parfaitement cette association. Ces scientifiques ont nourri des vers à soie de nanotubes de carbone et de graphène afin d'observer les potentielles propriétés de la soie produite par la suite. Résultat : ces larves produisent une soie plus résistante, capable de conduire l'électricité, rapporte le site Scientific American. La science est parfois simple.

Alimentation "riche en fer"

Qui aurait pensé que les vers à soie intrigueraient autant les scientifiques ? Et pourtant. La chimiste Yingying Zhang souhaitait, comme d'autres chercheurs avant elle, élaborer des tissus intelligents, confectionnés à partir de super matériaux aux propriétés améliorées. Pour améliorer la robustesse des tissus ou les rendre plus isolants, on sait déjà comment ajouter des fibres de carbone au processus de tissage pour confectionner les vêtements de demain. La scientifique chinoise a quant à elle trouvé une manière plus écologique de tisser ces matières améliorées : elle laisse les vers à soie s'en charger pour elle.

Le procédé est simple : lors de son expérience, Yingying Zhang a simplement vaporisé une solution contenant 0,2% de nanotubes de carbone et de graphène sur des feuilles de mûriers, dont les vers à soie sont friands. Une fois la digestion terminée, ces vers à soie ont alors tissé leur cocon – en soie, vous l'aurez compris –, dans lequel ils devront naturellement se transformer en mites, plus connues sous le nom de bombyx du mûrier. De la même manière que la soie est habituellement filée dans les circuits industriels, ces scientifiques ont bouilli les cocons afin de tuer la larve se trouvant à l'intérieur, et ont analysé les propriétés de la soie, indique le site ZME Science.

La super soie va faire des envieux

Bonne surprise : cette soie modifiée est une sorte de super soie qui se révèle 50% plus résistante après expérimentation. Mieux encore : une fois chauffée à 1 050 degrés, la fibre peut même conduire l'électricité. Malgré ces bons résultats, les scientifiques  ne comptent pas s'arrêter en si bon chemin, et veulent découvrir en quelle proportion les vers à soie ont réussi à intégrer ces nanotubes à leur soie, au lieu d'intégrer ces matériaux dans leur métabolisme ou de les déféquer.

Une expérience similaire avait été réalisée par le scientifique Yaopeng Zhang de l'Université de Donghua (Shanghai, Chine), qui avait quant à lui nourri ces larves de nanoparticules de dioxyde de titane, rendant ainsi leur soie invulnérable aux rayonnements ultraviolets, précise le site Gizmodo. Ce chercheur a tenu à féliciter ses homologues et compatriotes, avant de déclaer à Scientific American les voies qui pourraient s'ouvrir à la suite de cette découverte : "La conductivité électrique de la soie renforcée au carbone pourrait être couplée à des capteurs intégrés dans les textiles intelligents".

En effet, ces scientifiques pourraient être tombés sur un très bon filon – sans jeu de mot –, quand on sait que les industriels voient en le textile intelligent le vêtement de demain. Une personne habillée de l'un de ces vêtements tissés en soie conductrice pourrait alors d'un simple mouvement de doigt sur la manchette, lancer la musique dans ses écouteurs, prendre sa tension ou changer la couleur de ses habits, qui sait ?

Comme quoi, la nature reste une source d'inspiration inépuisable pour la technologie et l'ingénierie.

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