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Le brainstorming est-il aussi mythique qu'inefficace ?
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Tempête sous un cerveau

Le brainstorming est-il aussi mythique qu'inefficace ?

Délire incontrôlé qui n'aboutit à rien, ou moyen de trouver des idées géniales en groupes ? Le débat est ouvert.

Gilles Klein

Gilles Klein

Gilles Klein,, amateur de phares et d'opéras, journaliste sur papier depuis 1977 et en ligne depuis 1995.

Débuts à Libération une demi-douzaine d’années, puis balade sur le globe, photojournaliste pour l’agence Sipa Press. Ensuite, responsable de la rubrique Multimedia de ELLE, avant d’écrire sur les médias à Arrêt sur Images et de collaborer avec Atlantico. Par ailleurs fut blogueur, avec Le Phare à partir de 2005 sur le site du Monde qui a fermé sa plateforme de blogs. Revue de presse quotidienne sur Twitter depuis 2007.

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Brainstorming ? On pourrait traduire par "remue-méninges" ou "tempête de cerveaux" ? Bref c'est une réunion de créatifs qui tentent de trouver tous ensemble de bonnes idées.

"On doit à Alex F. Osborn l'invention et l'institutionnalisation de cette loterie intellectuelle, grâce à son ouvrage fondateur : Applied Imagination : Principles and Procedures of Creative Problem-Solving, 1941. Originellement appelé «think up», le futur brainstorming fut défini comme "une technique de réunion selon laquelle un groupe de participants tente de trouver une solution à un problème spécifique en amassant toutes les idées spontanément exprimées," lit-on sur le site de la Télévision Suisse Romande.

A  la fin des années 1940, Alex Osborn, un partenaire de l'agence de publicité BBDO, a décidé d'écrire un livre dans lequel il a partagé tous ses secrets de création. Son idée la plus célèbre se trouve au chapitre 33 : le brainstorming ! Osborn devient ainsi un gourou raconte le New Yorker.

Pour Techniques de l'ingénieur : "Le brainstorming est la technique de créativité la plus connue, la plus employée et aussi la plus mal utilisée ; elle est souvent réduite à quelques minutes de délire incontrôlé ou à inscrire quelques mots sur des Post-its. En réalité, elle exige une grande discipline."

"Le brainstorming est une technique de génération d'idées qui stimule la réflexion créative lors de la recherche de solutions pour un problème donné", si l'on en croit l'Institut Atlantique d'Aménagement du Territoire Poitou-Charentes.

Selon The Narrativ, les 4 règles du brainstorming sont : "Pas de critique ou de débat sur une idée, cela peut inhiber certains participants. De la quantité plus que de la qualité, on ne demande pas des idées finales. Ici l’idée n’est qu’un élément du processus et non pas le but, donc pas d’autocensure et beaucoup de quantité. De l’écoute. Il faut répondre aux idées des autres et non pas rester dans sa pensée. Rebondir sur les idées des autres, c’est comme donner du carburant dans la machine Brainstorming. Voler les idées des autres pour les transformer, les combiner avec d’autres. Utiliser les idées passées pour en créer des nouvelles."

Tout cela paraît bien beau mais la contestation s'affirme aux quatre coins de l'univers. Quelques fois de manière sanglante.

"La technique du brainstorming est tombée de son piédestal. Bien qu'elle soit encore beaucoup utilisée, notamment par la Poste Suisse, de plus en plus de spécialistes affirment que cette méthode dessert en réalité la créativité." écrit l'AGEFI.

Cette technique du brainstorming "est qualifiée de «mythe» par le psychologue anglais Adrian Furnham dans la revue Business Strategy Review, ainsi que par les chercheurs néerlandais Wolfgang Stroebe et Bernard Nijstad, respectivement professeurs à l'Université d'Utrecht et d'Amsterdam ", continue l'AGEFI.

Le journaliste français Jean-Louis Swiners, auteur de l'ouvrage Au-delà du brainstorming, publié en 2004, parle d'« inefficacité pratiquement et scientifiquement prouvée ». Selon lui le brainstorming a débarqué en France en 1959.

"Selon Stroebe et Nijstad, la créativité d'un individu chute de moitié dans un groupe. Les recherches « prouvent sans équivoque que les idées tirées d'un brainstorming sont plus pauvres » que celles que l'on obtient en travaillant seul, ajoute Adrian Furnhman."

Même analyse dans le New Yorker qui a pourtant finalement une vision optimiste : "Il y a un énorme problème avec le remue-méninges. Il ne fonctionne pas.  Et pourtant, Osborn a raison sur une chose : qu'on le veuille ou non, la créativité humaine est devenu progressivement un processus de groupe."

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