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Anorexie et troubles de l'alimentation : l'étude scientifique qui prouve que la guérison est possible
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Problèmes de poids

Anorexie et troubles de l'alimentation : l'étude scientifique qui prouve que la guérison est possible

Une étude publiée dans la revue The Journal of Clinical Psychiatry montre qu'à long terme, il est possible de guérir des troubles alimentaires. Une vingtaine d'années après l'apparition des troubles alimentaires, environ 65% des femmes allaient mieux. Cependant, les femmes souffrant d'anorexie ont plus de difficultés à se soigner que les femmes atteintes de boulimie.

Corinne Chicheportiche-Ayache

Corinne Chicheportiche-Ayache

Corinne Chicheportiche-Ayache est médecin-nutritionniste. Elle exerce dans un cabinet à Paris. 

Plus d'informations sur : https://dr-chicheportiche-ayache-nutrition.fr/

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Atlantico : Une étude a été réalisée par le docteur Karmyn Eddy, docteur à l’hôpital général du Massachssets. Initialement prévue entre 1987 et 1991, elle a été poursuivie sur le long terme afin de voir comment des femmes atteintes de troubles alimentaires, anorexie pour certaines d'entres-elles et boulimie pour les autres sont parvenues à se soigner de leurs maladies. On apprend au résultat de cette étude qu'au bout de dix ans, seules 31% des femmes anorexiques ont récupéré contre 68% des femmes boulimiques. 22 ans après l'étude, les taux de récupération se rejoignent avec 62% des anorexiques soignées et 68% des boulimiques. Cette étude permettrait de montrer qu'il est possible de se sortir de périodes d'anorexie et de boulimie. En quoi est-ce que cela représente un espoir pour les femmes qui souffrent de ces maux ? 

Corinne Chicheprotiche-Ayache Très peu d’études s’étaient intéressées jusque-là à un suivi à long terme, sur plus de vingt ans du taux de guérison des patientes anorexiques ou boulimique. Dans cette étude, après 22 ans, les 2/3 des patientes ne souffraient plus de leur boulimie ou de leur anorexie. Ces résultats sont très encourageants car ils montrent tout d’abord que ‘l’on peut donc en guerir. En effet, ces maladies mentales, dont les complications somatiques se traduisent par des attaques cardiaques, de l'infertilité où bien des problèmes de nature osseuses qui peuvent être sévères, sont souvent très chronicisées et paraissent donc insurmontables pour les patients et leurs proches. Les stratégies thérapeutiques sont toujours multidisciplinaires (médecin somatisaient, psychiatre, psychothérapeute, etc). Ce qui à été aussi démontré dans cette étude est que le fait d’avoir une période même courte de guérison durant les 10 premières années pour les patientes anorexiques a été corrélé à un meilleure corrélation de guérison à 22 ans ..

A la lecture de cette étude, on remarque que se sortir de l'anorexie et plus difficile que se sortir de la boulimie. Comment expliquer qu'à période de récupération égale, les femmes anorexiques aient plus de difficultés à parvenir à se soigner que les femmes atteintes de boulimie ? 

En effet ce que l’on retrouve dans cette étude c’est que le taux de guerison est le même a peu prés entre les deux populations après plus de 20 ans de prise en charge mais il existe effectivement une différence notable au bout de 10 ans de traitement en faveur des patientes boulimiques. La guérison des patientes anorexiques est plus longue car les patientes anorexiques ont une très forte anxiété à l’idée de reprendre du poids ; c’est un long travail de déblocage des mécanismes mentaux et notamment sur sa relation a son image corporelle  qui permet d’y parvenir. La perception de l’image de soi est souvent déformée (dysmorphophobie), le choix de l’alimentation où les quantités sont souvent très réduites, ces personnes optent pour une éviction des gras et des sucres, représente une préoccupation omniprésente. Par ailleurs le travail sur le déni des troubles et la mésestime de soi qui accompagnent souvent ces patientes qui est souvent très long. D’autres types de patientes anorexiques vont mettre en oeuvre des stratégies de contrôle du poids par un usage de laxatifs, diurétiques, une hyper-activité physique, un comportements purgatifs entre-autre.

Les chercheurs admettent ne pas savoir comment les femmes de l'étude ont vécu leur traitement pendant les 22 ans qui se sont écoulées après la fin de l'étude. Quel est le meilleur comportement à adopter pour aider des proches qui souffriraient ? 

C’est une terrible épreuve pour les proches qui sont confrontés à la fois à une incompréhension des troubles et à une impuissance. La solution parait simple pour les proches qui ne souffert pas ce trouble mental : Il suffit justement de bien vouloir manger ou juste de contrôler les volumes. La disponibilité, l’accompagnement et la multiplication des explications par les différents soignants doit être constante et répétée.  

Il est important qu’ils mesurent plusieurs aspects comme la puissance du blocage mental qui préoccupe leur fils, leur fille, leur frère et leur soeur souffrant de ce trouble alimentaire. La nécessité de travailler toujours en coopération avec les équipes médicales parce qu'ils sont des des co-thérapeutes. La longueur de la prise en charge de ces pathologies et enfin que l’objectif est parfois d’atténuer l’intensité et les conséquences de la maladie et d’apprendre à "vivre" avec en attendant une guérison que l’on souhaite complète. 

 

 

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