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L'indice des prix à la consommation (IPC) a baissé de 0,6% en décembre 2013.
L'indice des prix à la consommation (IPC) a baissé de 0,6% en décembre 2013.
©Reuters

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Alerte : 0.09% d'inflation sous-jacente, la France n'a jamais été aussi proche de la déflation

Selon le baromètre mensuel de l'Insee, en janvier, l'indice des prix à la consommation (IPC) a baissé de 0,6% après une hausse de 0,3% en décembre 2013.

Nicolas Goetzmann

Nicolas Goetzmann

 

Nicolas Goetzmann est journaliste économique senior chez Atlantico.

Il est l'auteur chez Atlantico Editions de l'ouvrage :

 

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Le 20 février, l’Insee publiait son baromètre mensuel relatif à l’évolution des prix en France. « En janvier 2014, l’indice des prix à la consommation (IPC) baisse de 0,6 % après une hausse de 0,3 % en décembre 2013. Sur un an, il augmente de 0,7 % comme en décembre 2013 ». L’importante baisse constatée au mois de janvier s’explique alors et avant tout par le phénomène des soldes, qui ont eu pour effet de voir l’écroulement de bon nombres de sous catégories :

« En janvier 2014, les prix des produits manufacturés reculent de 3,0 % et de 1,2 % sur un an sous l'effet des soldes d'hiver. Les prix de l’habillement et des chaussures reculent ainsi de 15,4 % en janvier 2014 et de 4 % sur un an. De même, les prix des gros appareils ménagers diminuent de 2,2 % (-1,7 % en janvier 2013) et de 3,3 % sur un an, ceux des meubles et des articles d’ameublement de 2,4 % (-2,1 % en 2013 ; +0,7 % sur un an) et ceux des articles de ménage en textile de 5,8 % (-5,7 % en janvier 2013 ; +0,5 % sur un an). Par ailleurs, la baisse des prix des appareils technologiques se poursuit  (-1,5 % et -7,7 % sur un an pour les équipements audio-visuels, photographiques et informatiques ; -2,7 % et -14,4 % sur un an pour les équipements de téléphonie et de télécopie). Enfin, les nouveaux barèmes des malus écologiques contribuent à la hausse des prix des automobiles neuves qui progressent de 2,5 % en janvier (+2,9 % sur un an) ».

Cependant, le calcul des chiffres de l’inflation souffre de quelques ajustements qui ne permettent pas de se faire une idée précise de la tendance économique. En effet, et par exemple, la récente hausse de la TVA au 1er janvier dernier fait partie intégrante du calcul de l’inflation IPC, ce qui provoque un rehaussement de l’indice de façon plus ou moins artificielle. 

Afin de se faire une idée réelle de la « tendance », il convient dès lors de se référer à la catégorie « Inflation sous-jacente », définie par l’Insee selon les termes suivants : « L’indice d’inflation sous-jacente est un indice désaisonnalisé qui permet de dégager une tendance de fond de l’évolution des prix. Il traduit l’évolution profonde des coûts de production et la confrontation de l’offre et de la demande ». Ou encore : « De manière générale, l'inflation « sous-jacente » est définie comme le signal de la « vraie » tendance de moyen terme de l'inflation. Il s'agit ainsi d'éliminer le bruit qui affecte les données et brouille le message de moyen terme sur l'évolution des prix ».

C’est sur cette base statistique qu’en 2009, les économistes de l’Insee réfutaient la probabilité que l’économie française puisse connaître un épisode déflationniste : « En mars 2009, toutes les mesures de l'inflation « sous-jacente » étudiées dans ce dossier se situent dans une fourchette allant de 1,3 % à 1,9 % en glissement annuel. Elles conduisent donc à relativiser fortement le risque d'une déflation à moyen terme ». Ce qui permet encore de valider le fait que l’indice d’inflation sous-jacente est bien la référence à prendre en compte pour mesurer le risque inflationniste ou déflationniste de l’économie.

La tendance récente de cet indice nous permet dès lors de se faire une idée de la situation actuelle :

Inflation sous-jacente France. Glissement Annuel. Données INSEE. Janvier 2008- Janvier 2014

Alors que l’indice  d’inflation sous-jacente flirtait à un niveau de 2.00% avant la crise,  l’écroulement de la demande intérieure en France est venu contracter ce niveau pour atteindre un plus bas de 0.35% au mois de février 2011. Depuis cette date, et notamment grâce aux effets des plans de relance européens, l’indice est reparti à la hausse pour atteindre un seuil de 1.66% en décembre 2011. Puis, c’est l’effondrement :

Inflation sous-jacente France. Glissement Annuel.  Données INSEE. Décembre 2011- Janvier 2014

La baisse permanente qui peut être observée ici ne fait que traduire la pression de la faible demande intérieure sur les prix. Comme nous le rappelle la définition de l’Insee, « la confrontation de l’offre et de la demande » démontre que l’offre ne peut rien faire d’autre que s’adapter à une faible demande ; les prix ralentissent et l’économie s’approche du seuil fatidique de la déflation.

En effet, en Janvier 2014, le niveau des prix en glissement annuel, c’est-à-dire en tendance profonde, affiche un niveau de 0.09%. Soit l’ultime rempart face à une situation de déflation.

En janvier dernier, Christine Lagarde, Directrice Générale du Fonds Monétaire International, déclarait : "Si l'inflation est le génie, alors la déflation est l'ogre qu'il nous faut combattre avec vigueur".

Eu égard au chiffre de 0.09%, il serait peut-être temps de s’inquiéter de la situation, car l’ogre frappe à la porte de l’économie française. Les précédents des années 30, du Japon de 1997, devraient pourtant faire hurler les sirènes, aussi bien dans les ministères que dans les locaux de la Banque centrale européenne.

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