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Affaire Duhamel : mais pourquoi Finkielkraut s’est-il interrogé sur l’éventuel consentement du petit Victor ?
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Quelques mots de trop

Affaire Duhamel : mais pourquoi Finkielkraut s’est-il interrogé sur l’éventuel consentement du petit Victor ?

That is the question.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Je n’aime pas les meutes. J’ai écrit déjà sur l’affaire Duhamel. Non pas pour piétiner un homme déjà mort. Mais pour dire mon écœurement face au silence de tous ceux qui dans sa famille, dans son clan, dans sa tribu savaient et se sont tus.

Les meutes de loups peuvent avoir fière allure. Celle des hyènes sont juste répugnantes. Et ce sont elles qui, glapissant sur les réseaux sociaux, ont amené LCI à se séparer d’Alain Finkielkraut. Ce n’est ni beau, ni glorieux.

Finkielkraut était, ai-je lu, en droit de s’interroger sur l’éventuel consentement du petit Victor, 14 ans. Quand on a 14 ans et qu’on est sous l’emprise dominatrice d’un adulte, son beau-père de surcroît, il n’y a pas de consentement qui vaille. Tout au plus une soumission forcée et une triste acceptation de la servitude volontaire. Finkielkraut citant Camus a dit : « un homme ça s’empêche ». Mais pourquoi le philosophe ne s’est-il pas empêché. Oui pourquoi ?

Dans l’émission de LCI, il y a eu un moment où Pujadas interrompt Finkielkraut : « il s’agit quand même d’un enfant de 14 ans ». Réponse du philosophe : « à cet âge-là on est un adolescent, pas un enfant ». On se croirait dans un tribunal avec un avocat plaidant les circonstances atténuantes pour son client.

Faisons, puisque le sujet s’y prête, appel à Nabokov. Sa « Lolita » est un grand livre. Mais à l’évidence c’est aussi le livre d’un pédophile. Pour éviter toute confusion possible il me faut dire que je tiens Finkielkraut pour le plus grand philosophe français vivant. C’est un habitué des micros et des caméras. Il sait que sa parole compte. Il aurait dû, alors qu’il est rodé à ce genre d’exercice, faire attention aux mots qu’il prononce.

Pour ma part, je m’interroge sur ce qui a amené Finkielkraut à dire ce qu’il a dit. Je risque une hypothèse : elle a pour nom « Le Nouveau désordre amoureux ». Ce livre, paru en 1977, a été cosigné par Bruckner et Finkielkraut. Il porte les traces du « il est interdit d’interdire » et du « jouissons sans entraves » de Mai 68.

Il était de bon ton à cette époque de choquer le bourgeois et de faire table rase de sa morale étriquée. Autres temps, autres moeurs… « Le Nouveau désordre amoureux » propose un tableau brillant et talentueux de la sexualité tous azimuts. On peut y trouver également un hommage appuyé à la pédophilie. La profession de Finkielkraut est de penser. Il y a aussi des impensés chez lui. 

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