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Une loi sur l'alimentation en outre-mer vient d'être promulguée.
Une loi sur l'alimentation en outre-mer vient d'être promulguée.
©Reuters

Vache à lait

A quoi servent vraiment les dates de péremption ?

Une loi sur l'alimentation en outre-mer vient d'être promulguée. Le texte prévoit d'aligner les dates limites de consommation (DLC) des produits vendus en métropole à celles des produits vendus en outre-mer.

Charles Pernin

Charles Pernin

Charles Pernin est chargé de mission alimentation et santé pour l'association Consommation logement cadre de vie (CLCV).

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Atlantico : Une loi sur l'alimentation en outre-mer vient d'être promulguée. Le texte prévoit d'aligner les dates limites de consommation (DLC) des produits vendus en outre-mer à celles des produits vendus en métropole. Qu'est-ce que cette harmonisation révèle concernant la "légitimité" des dates de péremption ?

Charles Pernin : Le fait que les pouvoirs publics légifèrent montre qu'ils ont pris conscience du décalage injustifiable qu'il existe actuellement du point de vue de la sécurité sanitaire concernant les produits alimentaires. Ce qui devrait dicter l'étiquetage est uniquement l'enjeu de la qualité sanitaire des produits. Il est donc difficile de comprendre ce décalage qui existe entre l'outre-mer et la métropole. Cela laisse donc supposer que dans la détermination de cette date limite il y a d'autres facteurs, bien évidemment des intérêts commerciaux et marketing. En métropole, on raccourcit la date limite de consommation de certains produits afin de favoriser le turn-over. Les professionnels du secteur avancent l'argument selon lequel ce n'est ni aux pouvoirs publics ni aux associations de consommateurs d'interférer à ce niveau-là. Ce qui constitue une position tout à fait contestable.

Quel est le rôle de la date de péremption ? Est-ce toujours la garantie de la salubrité des aliments ? Faut-il respecter les dates de péremption au jour près ? Pour quels produits ? Quels sont ceux, qui, au contraire, peuvent être consommés au-delà des recommandations ?

Il y a deux types de dates limites de consommation pour deux catégories de denrées : celles dites des "denrées périssables" pour lesquelles il y a un vrai risque de contamination alimentaire - développement microbien, intoxication alimentaire - si la date de consommation n'est pas respectée. La viande fait partie de ce type de denrées.

Et de l'autre côté des denrées dites "non périssables", avec une date qui est simplement une date indicative au-delà de laquelle le produit reste consommable. Simplement l'industriel ne garantit plus toutes les qualités gustatives ou nutritionnelles. Ces denrées ne sont en aucun cas dangereuses pour la santé du consommateur - à condition bien évidemment de stocker le produit dans un endroit approprié.

Les consommateurs sont aujourd'hui perdus, il ne savent pas interpréter ces dates : on retrouve d'ailleurs dans les poubelles des consommateurs beaucoup de produits emballés qui n'ont même pas été ouverts, et qui demeurent pourtant consommables.

Qu'est-ce que cette loi va changer pour le consommateur ? Peut-elle encourager la diminution du gaspillage alimentaire ?

Le problème actuel concernant le gaspillage alimentaire n'est pas tant la date de péremption -savoir si elle est avancée ou repoussée de trois mois ne va pas changer fondamentalement le comportement des consommateurs. Il faut surtout que les gens comprennent l'information des emballages : l'étiquetage n'est pas réalisé afin d'informer au mieux le consommateur. Cette loi ne va donc pas hélas régler ce problème-là, même si elle est bénéfique en ce sens qu'elle participe à un mouvement plus global de remise en cause de la situation actuelle.

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