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A la recherche des origines de la vie : des scientifiques vont étudier pour la première fois le cratère de l’astéroïde qui a tué les dinosaures
©Fredrik / Wikipedia

Gros boum

A la recherche des origines de la vie : des scientifiques vont étudier pour la première fois le cratère de l’astéroïde qui a tué les dinosaures

Une équipe de chercheurs a obtenu l'autorisation de forrer le cratère de Chicxulub dans le Golfe du Mexique. Cette initiative pourrait permettre de retourner des dizaines de millions d'années en arrière, de comprendre la disparition des dinosaures et la renaissance de la vie sur Terre.

Situé dans la péninsule de Yucatán du golfe du Mexique, le cratère de Chicxulub est un mystère pour les scientifiques. Ce site qui s'étend sur 180 kilomètres de diamètre est le seul resté intact de la chute d'astéroïdes responsables de la disparition des dinosaures il y a 66 millions d'années. « Tous les autres sont sur une autre planète, ou ils ont été érodés », selon Sean Gullick, géophysicien à l'université d'Austin au Texas et qui est à l'origine de cette mission.

Une première historique

Pour découvrir ses mystères, des géo-scientifiques ont donc obtenu l'autorisation d'effectuer un forage dans la région, pour la première fois. « C'est l'ambition d'une vie qui se réalise enfin », a déclaré Joanna Morgan, géophysicienne à l'Imperial College de Londres et co-organisatrice de l'initiative. Après 15 ans de préparation, le projet sera parrainé par le Programme de Découverte Océanique (IODP) et le Programme de Forage Scientifique Continental International à hauteur de 10 millions de dollars, et la mission de recherche se déroulera sur deux mois.

Dans un premier temps, le matériel sera acheminé par bateau à 30 km des côtes du Yucatan et une plate-forme sera réalisée sur place. Une fois cette opération effectuée, l'équipe débutera le forage qui traversera 500 mètres de roches calcaires, puis 1000 mètres de roches en profondeur, pour en extraire plusieurs fragments de 3 mètres de long chacun.

Ces échantillons pourraient permettre aux scientifiques de retracer le scénario de la chute du gigantesque astéroïde dont l'envergure est estimée à une dizaine de kilomètres de diamètre. Mais plus que tout, les chercheurs de l'université d'Austin pourraient faire la lumière sur les changements des roches du bassin qui se sont reconstituées après la chute.

Comprendre comment la vie a repris ses droits après l'impact

Un des objectifs des scientifiques est de comprendre non seulement l'impact, mais ce qui s'est passé après. En plus de ces échantillons, l'équipe de scientifiques va récolter les microfossiles présents dans les dépôts. La structure du cratère, moins dense qu'en général pour du granit, permet de penser qu'il a été rempli par des liquides chauds, ce qui d'après Charles Cockell, astro-biologiste à l'IODP, pourrait signifier que ces zones auraient permis à des bactéries de se développer.

Pour confirmer leurs hypothèses, les chercheurs effectueront donc une biopsie de la roche. Ils récolteront des fragments d'ADN de bactéries, et y chercheront les gènes responsables des mutations. "Nous nous attendons à découvrir d’abord une période sans trace de vie puis un retour de la vie et une augmentation de la diversité à travers le temps" a expliqué Sean Gulick à CNN.

Ces gènes pourraient expliquer si les bactéries se sont re-développées en se nourrissant de carbone et d'oxygène (comme la plupart des microbes), ou en s'aidant de fer et de souffre déposés par les liquides chauds ; en somme, comment la vie s'est redéveloppée après l'impact.

Si la certitude sur la chute de l'astéroïde, équivalente à un milliard de bombes atomiques, et qui a provoqué la disparition d'environ 75% des espèces terrestres, est réelle, ces recherches apporteraient donc de nouveaux éléments. Elles permettraient déjà de lever le voile sur le scénario exact de l'extinction de masse des espèces qui a eu lieu il y a 66 millions d'années, « Nous espérons obtenir des échantillons qui permettront la datation très précise du cratère » explique Joanna Morgan. Mais aussi et surtout d'affirmer que ce cratère signe avant-coureur de la mort des espèces était aussi un créateur de vie.

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