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Dans certaines régions du Canada, la naissance des écureuils survient en moyenne deux jours plus tôt chaque année depuis dix ans.
Dans certaines régions du Canada, la naissance des écureuils survient en moyenne deux jours plus tôt chaque année depuis dix ans.
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Adaptation

8 espèces que le dérèglement climatique contraint à évoluer pour survivre

Des coraux peuplant les mers tropicales jusqu'à la hulotte des forêts finlandaises en passant par le chamois des Alpes italiennes, de nombreuses espèces sont déjà en train d'évoluer génétiquement.

Les variations de températures de plus en plus rapides relevées à travers le monde ont mis à rude épreuve les écosystèmes, faisant émerger des problèmes d'habitat pour de nombreuses espèces forcées de s'adapter à ces imprévus.

La question principale est désormais de savoir si les plantes et les animaux concernés seront capables de s'adapter assez rapidement pour survivre au changement climatique. Si l'évolution est souvent perçue comme un phénomène lent, produisant ses effets à très long terme, certains exemples récents attesent aussi de sa rapidité. Si la pression exercée sur une espèce est assez forte, l'évolution peut se produire en seulement quelques décennies. Certains scientifiques affirment que la Terre est au bord d'un nouveau phénomène d'extinction massive.

Des données recueillies sur le long terme peuvent en effet nous en apprendre beaucoup la véritable nature des mutations de telle ou telle espèce, mais il est difficile d'identifier le changement climatique comme en étant la seule cause. Toutes les adaptations génétiques ne sont d'ailleurs pas bénéfiques sur le long terme pour toutes les espèces; certaines n'auront d'ailleurs même pas besoin de s'adapter génétiquement pour parvenir à survivre.

Au Pays-Bas, les chenilles évoluent par exemple un peu plus rapidement chaque année, à mesure que le printemps arrive prématurément. Mais les mésanges ne changent pas pour autant leurs habitudes d'alimentation quand les chenilles foisonnent. Comme le moustique en hibernation, la mésange pond naturellement ses oeufs à l'arrivée du printemps. Certaines variations ont été observées quand à la date de ponte initiales des mésanges, qui s'adaptent elles aussi à un printemps arrivant toujours plus tôt. Une étude longue de 32 ans menée sur 833 mésanges a en effet permis d'observer des caractéristiques génétiques particulières chez les mésanges capables d'adapter leurs dates de pontes avec l'arrivée des chenilles. Si cette tendance se confirme, cette espèce pourrait être sauvée, mais seulement à condition d'évoluer assez vite pour s'adapter complètement à la hausse des températures.

Les coraux sont extrêmement sensibles aux changements de température qui se produisent dans les fonds marins. Des températures trop élevées peuvent causer leur blanchiment, quand ces derniers recrachent l'algue teintée qui colore leurs tissus. Cette algue charge les coraux de nutriments, et les utilise en échange comme refuge, ce qui explique le caractère mortel du blanchiment pour les coraux, tout particulièrement pour ceux vivant dans un environnement anxiogène. D'après une étude menée en avril 2014, les coraux peuvent résister au blanchiment dans les eaux les plus chaudes du globe. Dans un laboratoire des îles Samoa, certaines espèces de coraux ont été respectivement plongées dans des piscines chaudes et froides pour tester leurs réactions. Les scientifiques ont pu constater que seulement 20% des coraux évoluant dans l'eau chaude souffraient de blanchiment, contre 55% pour les coraux plongés dans l'eau froide. Les conclusions de cette étude font dire aux chercheurs que les coraux résistant à de fortes températures ont un avantage en termes de reproduction sur le long terme.

Les changements environnementaux conditionnent souvent les comportements migratoires des animaux. Dans le cas du saumon rose, la migration est une étape capitale pour la survie de l'espèce. Le besoin migratoire de cette espèce est si important qu'il est inscrit dans ses gènes. En Alaska, certaines populations de saumons opèrent leur migration environ deux semaines plus tôt qu'il y a quarante ans. Les scientifiques se sont penchés sur des données génétiques et migratoires collectées pendant 32 ans pour déterminer les causes de ce phénomène. Ces derniers ont établi que les populations migrant prématurément étaient plus propices à supporter des températures chaudes.

Très répandue dans les forêts d'Europe, la hulotte se divise en deux catégories : la hulotte brune, et la hulotte plus claire. La couleur de leur plumage ne résulte en rien de leur âge ni de leur sexe, mais simplement de leurs gènes et de leur pigmentation. Une étude publiée en 2011 par "Nature Communications" révèle qu'en raison d'hivers plus doux, la proportion de hulottes brunes s'est particulièrement accrue depuis 28 ans. Les chercheurs trouvent ce constat logique : en raison de moindres quantités de neige, la hulotte brune s'adapte mieux aux forêts environnantes, et augmente en même temps ses chances de survie et de reproduction.

Dans le nord du Canada, le printemps connaît des températures toujours plus chaudes depuis plusieurs années. Le phénomène  a accéléré la croissance des conifères, apportant de fait plus de nourriture aux écureuils roux d'Amérique du nord. Plus les femelles de cette espèce ingèrent de nourriture, plus tôt celles-ci mettent bas. Depuis dix ans, les chercheurs ont constaté que dans certaines régions canadiennes, la naissance des écureuils survient en moyenne deux jours plus tôt chaque année. Si ces dates sont variables, les chercheurs assurent que le phénomène s'explique forcément par des changements génétiques survenus au fil des générations chez cette espèce.

Les scientifiques affirment que les changements de températures ont aussi des effets avérés sur la taille du corps des chamois alpins, et ce depuis plus de trente ans. A leur grande surprise, ils ont découvert que le poids moyen de ces animaux a diminué de 25% depuis les années 1980, en comparaison avec des animaux du même âge. Le phénomène semble s'être accéléré au cours de ces dernières années, et les chercheurs à l'origine d'une récente étude se disent frappés par sa rapidité. L'impact du changement climatique sur le poids des chamois pourrait poser de sérieux problèmes quant à la survie de cette espèce. Pour établir ces conclusions préoccupantes, l'équipe de chercheurs a notamment consulté des données recueillies sur le long terme par des chasseurs dans les Alpes italiennes.

Les conclusions d'une étude réalisée par "Nature Climate Change" pointent du doigt les conséquences du changement climatique sur certaines espèces de tortues. Quand la température de l'eau excède 29 degrés, la population de femelles devient bien plus importante que celle des mâles. Réalisée grâce à des données géographiques et climatiques, cette étude tend à démontrer que le nombre de tortues va d'abord augmenter à court terme (dans les trente prochaines années) avant de diminuer de manière critique si la proportion de mâles ne connaît pas l'augmentation nécessaire à la survie de cette espèce.

La coquille des escargots à bandes est colorée en fonction de la température de leur corps. Les escargots aux bandes les plus claires semblent avoir un corps plus froid. Les scientifiques craignent que le réchauffement climatique en Europe ne créé des disparités entre ces différentes espèces d'escargots à travers le continent. Depuis 43 ans, les zones où se sont concentrées les différentes études sur le sujet ont connu des augmentations de températures allant jusqu'à 2 degrés. Sur ces même zones, la proportion d'escargots jaunes a considérablement évolué, au détriment des escargots bruns.

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