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"The good life" : et si les secrets du bonheur se trouvaient dans les résultats d’une étude de Harvard menée sur plus de 700 hommes depuis 1938
©Reuters

Si je n'ai pas l'amour

"The good life" : et si les secrets du bonheur se trouvaient dans les résultats d’une étude de Harvard menée sur plus de 700 hommes depuis 1938

Combien d’études en psychologie sociale ont-elles paru dans les dernières décennies ? En voici une qui possède une caractéristique que nulle autre n’a : elle court depuis près de 80 ans.

En six mois, la vidéo hébergée par TEDx a été vue presque huit millions de fois. La récompense est à la hauteur du défi relevé par le Dr Waldinger : « Qu’est-ce qui nous garde heureux et en bonne santé tout au long de notre vie ? ». Le psychiatre, professeur à Harvard, venait annoncer les résultats d’un travail au très long cours, dont il déplore qu’ils ne soient publiés que « dans des revues médicales que personne ne lit », mais mis en lumière récemment par le New York Times.

Dans les années 30, deux équipes d’Harvard ont mis sur pied deux groupes d’études, le premier composé de 268 étudiants en deuxième année à Harvard, le second de 456 jeunes hommes issus des bas-quartiers de Boston. L’objectif était de discerner les facteurs qui jouent un rôle dans la réussite, la santé et le bonheur, tout au long de la vie des sujets. Les chercheurs ont recours à des entretiens minutieux, des examens de santé. Les nouvelles technologies ont permis d’incorporer des scanners du cerveau, des prises de sang, et des entretiens avec leurs femmes et enfants.

Ceux qui sont encore en vie aujourd’hui ont plus de 90 ans. Les résultats amassés sur les sujets sont très divers. D’abord, l’alcoolisme a une force destructrice sans équivalent. Parmi les sujets, il est la première cause de divorce, et son lien avec les névroses est indéniable. Il tend à précéder la dépression plutôt qu’à la suivre. Avec le tabagisme, l’alcoolisme cabosse la santé comme rien d’autre. Au-delà d’un certain niveau, les différences de QI ne jouent pas de rôle dans le revenu moyen. Les personnes qui se reconnaissent à gauche ont des rapports sexuels plus vieux. L’idéologie politique n’a pas d’impact majeur sur le bien-être.

 « Le bonheur naît de l’amour, point ».

Mais l’étude insiste surtout sur un facteur majeur : ceux qui entretiennent des relations solides avec leurs amis, leurs familles, et leur époux sont ceux qui se reconnaissent les plus heureux. Plus encore, les examens médicaux suggèrent que ces sujets-là sont en meilleure santé – physique et mentale. Ce n’est bien sûr pas corrélé à un beau fixe permanent : la relation peut connaître des hauts et des bas. L’essentiel consiste à savoir qu’en définitive, on peut compter sur autrui. Ainsi, les retraités qui ont cherché de nouvelles amitiés après avoir quitté leurs anciens collègues sont en meilleure condition physique.

Pourtant, à la lumière de ces examens, doit-on considérer qu'il s'agit là de causalité ou de corrélation ? En effet, les études en psychologie sociale sont connues pour tomber souvent dans le biais de la variable omise. Il est tout à fait possible de tirer de l’étude la conclusion suivante : les gens qui sont déjà heureux et dont la santé est robuste se font plus facilement des amitiés durables ; la maladie vous isole socialement.

Malgré tout, le cœur des résultats porte peu à la polémique. Le Dr. Vaillant, qui a dirigé l’étude pendant près de trente ans, a publié de nombreux livres qui rendent compte des éléments les plus frappants. Un de ses ouvrages, Triomphes de l’expérience paru en 2012, livre le suc de 80 ans de recherche en quelques mots : « Le bonheur naît de l’amour, point ».

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