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"Car-Men", d'après Georges Bizet, avec une chorégraphie de Philippe Lafeuille, est à découvrir au Théâtre Libre à Paris.
"Car-Men", d'après Georges Bizet, avec une chorégraphie de Philippe Lafeuille, est à découvrir au Théâtre Libre à Paris.
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"Car-Men" d'après Georges Bizet : Bons Bizet des Car/Men

"Car-Men", d'après Georges Bizet, avec une chorégraphie de Philippe Lafeuille, est à découvrir au Théâtre Libre à Paris.

Jean Ruhlmann

Jean Ruhlmann

Jean Ruhlmann est historien et maître de conférences en histoire contemporaine à l'université Lille III et à Sciences Po Paris. Il est également l'auteur de Ni bourgeois Ni prolétaires. La Défense des classes moyennes en France au XXe siècle (Seuil, 2001).

Voir la bio »

"Car-Men" d'après Georges Bizet

Chorégraphie de Philippe Lafeuille
Avec la compagnie des Chicos Mambo

INFOS & RÉSERVATION

Théâtre libre
4, bd de Strasbourg
75010 PARIS
01 42 38 97 14
Jusqu’au 30 janvier 2022 du mercredi au samedi 19 h / dimanche 16 h (puis en tournée).
Notre recommandation : BON 

THÈME

• Carmen n’est pas ce qu’on croit : une fois les masques tombés au début du spectacle, il s’avère que la Carmencita porte la barbe comme George Michael et chante comme Jimmy Somerville des Bronski Beat...

• Partant de là, une succession de saynètes dansées relate sa tragique destinée.

POINTS FORTS

• Les danseurs, chacun à sa manière, sont épatants.

• Il y a des scènes assez réussies, comiques (un trompe-l’œil cocasse, un défilé militaire plaisant) ou virtuoses (un numéro de claquettes convaincant), une « table humaine » inattendue.

• La chromatique d’arrière-scène - même si elle lorgne parfois du côté de l’esthétique « Pierre et Gilles » - produit parfois des effets visuels fort réussis.

QUELQUES RÉSERVES

• On comprend bien le parti-pris de « des-hétérosexualiser » (puisque les temps sont à l’invention de néologismes) le célèbrissime opéra. Reste à savoir si la transposition est convaincante, tant sur la forme (danseurs déguisés en gitanes tortillant du popotin cigare au bec pour ne citer que cet exemple) que sur le fond, et notamment si le fait de singer un féminin sur-signifié emporte la décision. Chacun pourra se faire son avis sur ce point.

• Si certains moments sont effectivement comiques, d’autres, comme une affligeante scène des fleurs, relève d’un cabotinage récurrent et dispensable.

ENCORE UN MOT...

• Contrairement aux apparences et à l’opéra, le spectacle joue moins sur le masculin et le féminin qu’il n’installe le masculin au centre du spectacle. On le voit bien dès la scène d’ouverture, lorsque se dévoilent les Carmencita : le féminin n’est qu’un accessoire régulièrement jeté lors des ballets, alors que le masculin forme l’essence d’un propos sur l’amour et le désir résolument « mono-sexuel ». Significativement, les chorégraphies les plus intenses montrent des corps masculins sans accessoires, voire nus.

• Il demeure intéressant de se dire que ce que vit Carmen en tant que femme peut être aussi bien vécu par un homme.

UNE PHRASE

« Carmen, sur tes pas, nous nous pressons tous
Carmen, sois gentille, au moins réponds-nous, 
Et dis-nous quel jour tu nous aimeras ! »

L'AUTEUR

• Georges Bizet (1838-1875) a composé Carmen, opéra en trois actes sur un livret d’Henri Meilhac et Ludovic Halevy, d’après une nouvelle de Prosper Mérimée. 

• Philippe Lafeuille (né en 1964), chorégraphe de ce spectacle, a fondé la troupe Chicos Mambo à Barcelone, et connu de grand succès avec Méli-mélo I (1998) et II (2006), puis Tutu (2014).

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