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L’année du Dragon, ce sera en 2024, mais Ralf Tech est en avance…
L’année du Dragon, ce sera en 2024, mais Ralf Tech est en avance…
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Atlantic-Tac

Quand le tuyau gagne ses anneaux et quand les soufflets prennent l’eau : c’est l’actualité des montres

Mais aussi un dragon très en avance sur son temps, une reine aux manteaux éclatants, une injection de testostérone branchée et des olympiades chinois qui nous en mettent plein les jeux…

Grégory Pons

Grégory Pons

Journaliste, éditeur français de Business Montres et Joaillerie, « médiafacture d’informations horlogères depuis 2004 » (site d’informations basé à Genève : 0 % publicité-100 % liberté), spécialiste du marketing horloger et de l’analyse des marchés de la montre.

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MARCH LA.B : L’aventure, c’est l’aventure…

Pour bien caler l’idée qu’on se fait de soi-même et/ou pour en persuader les autres, rien ne vaut une montre aux accents virils – tout-à-fait portable par les dames, rassurez-les – et aux codes résolument de saison. La nouvelle AM2 Calendar automatique de la jeune marque indépendante française March LA.B [une des marques préférées d’Emmanuel Macron : c’est dire à quel point elle est tendance !] répond parfaitement à ce cahier de charges, avec son boîtier en acier de 41 mm, ses angles esthétiquement assumés, la jolie couleur verte [vert sapin ? vert empire ? vert anglais ?] de son cadran et les détails qui frappent, comme le poussoir à deux heures qui permet de régler les affichages du jour (à neuf heures), de la date (à six heures) et du mois (à trois heures, avec un « March » qui désigne le mois de mars). Les index trapus « calent » parfaitement ce cadran gavé de testostérone, mais ils n’alourdissent pas la facture finale, maintenue sous les 1 400 euros avec un bracelet perforé en buffle. Comme il n’y en aura que cinquante dans cette série, merci de ne pas trop traîner : par les temps qui courent, on est très vite sold out dans les vitrines horlogères…

BULGARI : Le seigneur des anneaux…

Si elle n’a pas inventé ce style, puisqu’on trouvait déjà de tels bracelets serpentiformes dans l’Antiquité, la maison Bulgari a néanmoins su en faire un des codes majeurs de son identité horlogère. Souvent dans l’extravagance d’une haute joaillerie superlative, mais aussi, désormais, dans l’esprit des montres-bijoux relativement accessibles, qui mettent le style Serpenti à la portée des séductrices qui nous rejouent éternellement les scènes fatales des anciens paradis perdus de la Genèse. Le bracelet « Tubogas » – littéralement « tuyau de gaz » – est l’élément le plus spectaculaire de cette identité : son nom dérive effectivement d’un tuyau métallique souple et flexible qui avait séduit les joailliers des années 1930-1940 par l’articulation technique de ses anneaux. De là à en faire des bijoux, il n’y avait qu’un pas vite franchi, en particulier par Bulgari, qui a su ajouter à ces anneaux la tête du serpent qui n’attendait qu’eux pour se réinsérer dans l’imaginaire contemporain. Une nouvelle série de Serpenti Tubogas dont les anneaux d’or jaune et d’acier s’enroulent autour du poignet, se présente ainsi avec un boîtier de 35 mm en acier, un cadran en opaline blanche et une lunette sertie de 38 diamants, la couronne de remontage s’ornant d’une rubellite en taille cabochon. Pour la précision, on peut faire confiance au mouvement à quartz et, pour la vie de tous les jours, l’étanchéité à cinquante mètres est bien suffisante pour les séductrices urbaines. Moyennant 13 900 euros, c’est une précieuse initiation à ces grands mystères ophidiens qui renouent – qui le sait ? – avec les cultes ésotériques de la grande tradition européenne…

RALF TECH : Le culte du dragon…

Alors que les horlogers suisses s’épuisent – et parfois se ridiculisent – en célébrant l’année du Tigre du cycle zodiacal chinois, la maison indépendante française Ralf Tech a choisi de se lancer dans l’année du… Dragon, créature symbolique dont la fascination dépasse largement l’espace culturel asiatique [en Europe, avant qu’il ne soit diabolisé par l’Église, le dragon était un des plus puissants intermédiaires païens entre notre monde et les puissances telluriques de la planète, comme en témoigne tardivement la légende du roi Arthur]. Au programme, donc, une WRX automatique collection baptisée « En attendant l’année du Dragon » et décorée d’un magnifique dragon chinois traditionnel [en Asie, l’année du Dragon pour 2024] : on espère que Frank Huyghe, le créateur de Ralf Tech, a soigneusement compté les écailles, les griffes et les poils de la moustache de ce dragon – le moindre détail compte dans la symbolique zodiacale. Il a au moins respecté le culte que les Chinois vouent chiffre huit, puisqu’il n’y a aura que huit pièces dans cette dragonnade en série limitée, proposée autour des 3 500 euros. Avant deux ans d’avance sur le calendrier zodiacal séculaire, voilà en tout cas de nous changer agréablement des « tigreries » qui se multiplient chez les Suisses pour séduire les amateurs chinois…

HYT : Le retour du… jet d’eau !

Ce printemps voit revenir sur le devant de la scène quelques marques naufragées pendant la pandémie, notamment HYT, jeune atelier créatif indépendant qui s’était fait remarquer par son concept innovant d’heures fluides et d’horlogerie hydromécanique : au lieu d’être indiquée par une aiguille, l’heure était affichée par la course d’un fluide coloré dans un micro-capillaire en verre. Les recherches pour mettre au point cette fluido-mécanique ont d’ailleurs fait progresser la recherche médicale sur des « pompes » capables de délivrer des doses hyper-précises de médicaments à l’intérieur même de l’organisme. Il faut savoir que l’avance de ce fluide coloré dans la montre est réglée par une compression ou une décompression de ces « soufflets » mécaniques de l’ordre de 1,5 micron par minute ! Voici donc, au poignet, le retour d’une sorte de clepsydre contemporaine, comme au temps des horloges à eau de l’Antiquité. Le mouvement mécafluidique de la nouvelle Hastroid en titane est animé par une base mécanique dotée de « soufflets » qui assurent avec une précision parfaite la progression de l’« heure » dans son tube capillaire dont les parois n’ont pas plus d’un quart de cheveu d’épaisseur. Les minutes se lisent sur une très classique aiguille centrale et les secondes sur un petit compteur décentré [il est 04 :53 ou 16 :53 et 40 secondes sur le cadran ci-dessous]. Les volumes sont imposants (48 mm de diamètre, pour 13,3 mm d’épaisseur avec le verre bombé), mais on peut varier les plaisirs et les couleurs avec les différentes options décoratives proposées par l’équipe de la marque. On préfère ne pas vous avouer le prix de cette fantaisie aqua-mécanique, mais il est… sévère ! Bienvenue dans ce nouvel espace-temps !

BON À SAVOIR : En vrac, en bref et en toute liberté…

•••• SWATCH : pour le « jubilé de platine » de Sa Majesté la reine Elizabeth II d’Angleterre (70 ans de règne), Swatch renoue avec l’esprit malicieux mais déférent de ses premières décennies. La Swatch How Majestic rend hommage à la première souveraine de l’histoire britannique à régner pendant sept décennies, mais aussi aux célèbres couleurs de sa garde-robe [autant de versions que de couleurs de manteau], à ses sacs à main noirs et à ses fidèles corgis. Un sympathique clin d’œil à l’actualité royale de l’année, qui ne vous fera guère investir qu’un peu moins d’une centaine d’euros. God save the Queen•••• JEUX OLYMPIQUES : aussi absurde qu’ils semblent être en pleine pandémie et sans le moindre spectateur, sur fond d’embrouilles diplomatiques et de difficultés d’une économie chinoise qui s’essouffle, les jeux Olympiques d’hiver de Beijing vont être l’occasion pour la maison Omega de démontrer son savoir-faire dans le chronométrage de précision. Il ne faudra pas oublier que Swatch [marque partenaire officiel des Jeux 2022] sera aussi de la partie, alors que d’autres maisons horlogères tenteront de rappeler leur légitimité olympique passée. Savez-vous, par exemple, que les chronographes Hanhart (Allemagne) ont co-chronométré les jeux Olympiques en 1952 (Copenhague), Tokyo (1964), 1968 (Mexique) et 1972 (Munich) – les lois d’airain du marketing sportif n’étaient pas ce qu’elles sont devenues ! C’est une manière de rappeler l’excellente réputation chronographique de cette maison, qui fait actuellement un retour en force dans le cœur des amateurs. Deutsche Qualität

• LE QUOTIDIEN DES MONTRES

Toute l’actualité des marques, des montres et de ceux qui les font, c’est tous les jours dans Business Montres & Joaillerie, médiafacture d’informations horlogères depuis 2004...

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