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Plantes « intelligentes » et végétarisme  : mourir de faim est-il la dernière frontière éthique ?
©Reuters

Régime sec

Plantes « intelligentes » et végétarisme  : mourir de faim est-il la dernière frontière éthique ?

La vanne du cri de la carotte qu’on épluche agace beaucoup les végétariens militants. Mais est-ce vraiment une vanne ?

Hugues Serraf

Hugues Serraf

Hugues Serraf est journaliste et écrivain. Son dernier roman : Deuxième mi-temps, Intervalles, 2019

 

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Les jardiniers du dimanche qui font la conversation à leurs géraniums sous le regard narquois du voisin s’en trouveront confortés : « l’intelligence végétale » est désormais largement confirmée.

Les plantes seraient même, d’après les neurobiologistes, plus malines encore que la plupart des animaux, s’échangeraient des informations complexes en « dialecte chimique », développeraient des stratégies sophistiquées contre les prédateurs, éprouveraient une forme de souffrance face aux agressions, et contrôleraient carrément leur processus évolutionnaire en fonction de leur environnement…

Mais les végétariens, qui lèvent facilement les yeux au ciel lorsqu’un petit comique les enjoints à la compassion pour les carottes qu'on épluche à vif, en réviseront-ils pour autant leur position sur la légitimité morale de leurs habitudes alimentaires ?

Il n’y a rien de ridicule, a priori, dans la décision de ne plus se nourrir de viande pour des raisons éthiques. L’homme est un mammifère omnivore dont les besoins en protéines animales doivent davantage à son métabolisme qu’à sa cruauté, certes, mais la manière dont il a progressivement industrialisé élevage et abattage pose problème à bien des amateurs de côte de bœuf (moi le premier).

Le ridicule serait plutôt à aller chercher du côté des végans radicaux, pour lesquels la violence est devenue un outil légitime de conversion à leur cause, mais ceux-là restent heureusement minoritaires.

La « sentience » végétale introduit toutefois une nouvelle variable : si les plantes souffrent, une salade mixte au déjeuner devient à peu près aussi indéfendable qu’une tranche de gigot sauf à tomber dans le « spécisme » à la Aymeric Caron — soit l’idée que hiérarchiser le vivant est l’équivalent du racisme entre humains.

Mais parce qu’un mouvement —le « respirianisme » — professe justement que la vraie sagesse, c’est de ne plus s’alimenter du tout, une solution existe qui pourrait satisfaire tout le monde, bouffeurs de gigot et croqueurs de tomates : en manger les adeptes. L’accusation de s’en prendre à des êtres doués de raison n’aurait plus beaucoup de sens (et ils ne vivent pas bien longtemps de toute manière).

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