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Le milliard d’euros d’investissement du Sedif qui doit rendre l’eau des Parisiens plus pure, moins polluée et meilleure au goût… ah bon, ce n’est pas déjà le cas ?
©Reuters

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Le milliard d’euros d’investissement du Sedif qui doit rendre l’eau des Parisiens plus pure, moins polluée et meilleure au goût… ah bon, ce n’est pas déjà le cas ?

Le Syndicat des eaux d’Ile-de-France, qui fournit de l’eau à plus de 4,4 millions de personnes dans 149 communes franciliennes, annonce qu’il a l’intention d’investir plus d’un milliard d’euros d’ici à 2020, notamment pour proposer une "eau pure" à ses consommateurs.

Christophe Perrod

Christophe Perrod

Christophe Perrod est directeur général des services techniques du Sedif.

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Atlantico : Pourquoi souhaitez-vous améliorer la qualité de l'eau en Ile-de-France ? Est-elle de mauvaise qualité ?

Christophe Perrod : Nous distribuons de l'eau à 4,5 millions d'habitants autour de Paris. On puise l'eau dans les trois grandes rivières qui traversent l'Ile-de-France. On a donc une eau de surface, et pour la rendre potable, on a des installations de traitement qui sont déjà très poussées et qui permettent de produire une eau parfaitement conforme à toute les normes d'aujourd'hui. L'eau d'Ile-de-France est déjà très bonne qualité.

Les raisons pour lesquelles on veut aller plus loin, c'est qu'on veut avoir une approche orientée vers le consommateur, ses souhaits et ses aspirations. Aujourd'hui, le consommateur veut une "eau pure", qui le rassure complètement par rapport à tous les risques, quels qu'ils soient. Cela concerne en particulier des micro-polluants, que sont par exemple les résidus de médicaments, un certain nombre de produits de chimie organique complexe qu'on retrouve à très faible dose dans l'eau d'Ile-de-France, mais qui à terme pourraient être normalisés et qui en tout état de cause peuvent inquiéter. Pour appliquer le principe de précaution, pour rassurer le consommateur et anticiper une dégradation potentielle de la qualité de l'eau, on va améliorer l'eau d'ile-de-France avec un complément de traitement.

La deuxième attente des consommateurs sur laquelle on veut aussi aller de l'avant c'est le calcaire, pour avoir une eau sans calcaire. Le calcaire n'est pas un problème sanitaire, c'est un problème d'usage de l'eau, notamment des usages de type domestique d'électroménager : machine à laver, machine à laver la vaisselle, le chauffe-eau…  Le calcaire conduit d'une part à consommer plus d'énergie, et d'autre part réduit la durée de vie des équipements avec des dépôts de calcaire sur les résistances. Ou alors, il faut faire un traitement individuel du calcaire en achetant des produits pour protéger ses équipements, ce qui représente un coût relativement important et des contraintes logistiques. Le fait de faire un traitement collectif du calcaire dès l'usine de production d'eau potable, cela permet d'éviter au consommateur de dépenser moins et d'avoir moins de contrainte logistique.

Le troisième objectif, c'est d'améliorer le goût de l'eau. Pour garantir une qualité sanitaire parfaite, on met du chlore dans l'eau, ce qui peut générer du goût et des odeurs. En fabricant de l'eau parfaitement pure, comme une eau de source, grâce à un traitement complémentaire, on peut ne plus mettre de chlore, ou en tout cas en mettre beaucoup, beaucoup moins.

Nous visons à aller au-delà des normes sanitaires sur ces trois points.

Comment allez-vous vous y prendre ?

La solution technique identifiée est, en complément de ce que nous faisons déjà dans nos usines, d'utiliser un procédé membranaire. Cela ressemble un peu à ce qui est fait pour dessaler de l'eau de mer ; c'est un procédé qu'on appelle "osmose inverse basse pression". On force l'eau à entrer dans des petits trous, comme pour dessaler l'eau de mer, mais les trous sont plus gros pour l'eau de rivière et consomment beaucoup moins d'énergie.

Par ailleurs, cette consommation d'énergie induite par ce projet sera plus que compensée par la consommation future des consommateurs, puisqu'ils vont consommer moins d'électricité pour chauffer l'eau dans les machines à laver, dans les chaudières etc. Au final, on aura une économie d'énergie. C'est la même logique pour le coût des installations complémentaires.

Sur combien de temps planifiez-vous ce projet ?

C'est un projet qui se réalisera sur une durée de 10 à 15 ans.

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