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L'immobilier à la baisse ! Les impôts à la hausse ! Le nouvel homme fort de l'Egypte : une énigme !
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Revue de presse des hebdos

L'immobilier à la baisse ! Les impôts à la hausse ! Le nouvel homme fort de l'Egypte : une énigme !

Et et ... Les Verts qui en prennent pour leur grade, le palmarès des hôpitaux et "l'overdose de Roms" de Valeurs Actuelles.

Anita Hausser

Anita Hausser

Anita Hausser, journaliste, est éditorialiste à Atlantico, et offre à ses lecteurs un décryptage des coulisses de la politique française et internationale. Elle a notamment publié Sarkozy, itinéraire d'une ambition (Editions l'Archipel, 2003). Elle a également réalisé les documentaires Femme députée, un homme comme les autres ? (2014) et Bruno Le Maire, l'Affranchi (2015). 

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Pour les hebdos, c’est un des "must" de l’année : le numéro Spécial Immobilier. Le Nouvel Obs et l’Express ont choisi la même semaine pour publier leur étude sur les prix du logement, ville par ville et quartier par quartier pour Paris. Le constat est partagé : les prix sont à la baisse, et c’est une si bonne nouvelle que l’Express a avancé sa parution d’un jour, grillant ainsi de 48H le Nouvel Obs qui sort comme d’habitude ce jeudi, avec un cahier encore plus étoffé pour tenter de répondre à la question : "Les prix ont-ils assez baissé ?" Pour  l’Express, c’est presque une injonction : "N’hésitez plus !". Avec des taux historiquement bas, c’est le moment d’acheter, surtout dans la capitale, où "même si la demande reste supérieure à l’offre, ce sont désormais les acheteurs qui ont la main". L’Obs relève que "les loyers aussi se sont assagis". Bref, tout irait presque bien si les impôts ne continuaient pas d’augmenter et là, c’est le Point qui vient gâcher la fête.

Le news, qui consacre une grande partie du numéro de cette semaine au "Palmarès des Hôpitaux et cliniques", poursuit aussi inlassablement son combat contre la hausse des impôts et pour la réduction de la dépense publique, et a rebaptisé François Hollande de "Seigneur des impôts", en précisant que c’est déjà "l’épisode 2". Le news fait dire "à un grand banquier parisien" que "le gouvernement se fourvoie totalement en ne décrétant pas une pause dans les hausses d’impôts et de charges". Toujours d’après "ce grand banquier", qui pourrait être vous ou moi, "continuer de faire monter la pression fiscale va étouffer dans l’œuf la reprise qui s’amorce" : "c’est comme couper les gaz quand l’avion s’apprête à décoller". Mais surtout, poursuit Patrick Bonazza, l’auteur de l’article, "cette frénésie taxatrice risque de donner le sentiment à nos voisins que la France ne veut pas faire de réformes. Son déficit budgétaire, sa dette publique sont toujours en dehors des clous de Maastricht"… Et de relever qu’après avoir promis qu’il n’y aura aucune autre augmentation d’impôts le 28 mars, François Hollande a dû se raviser et projeter une hausse de 6 milliards de la fiscalité. Mais, s’inquiète le news, "les six milliards programmés par le ministre des Finances pourraient faire des petits …" et "au total ce serait 12 milliards qu’il faudrait trouver pour compenser".

Le journal épingle aussi la région Ile-de-France, dont le Président, Jean-Paul Huchon (qualifié de Père Noël), "ne sait pas dire non", si l’on en croit Roger Karouchi, le président (UMP) de la Commission des Finances de la région. Alors il distribue les subventions à tour de bras à des associations "en lointain rapport avec l’intérêt des Franciliens", mais aussi à ses alliés politiques, autrement dit les Verts. "Sans les élus d’Europe-Ecologie-Les-Verts, pas de majorité au Conseil régional. Jean-Vincent Placé et Cécile Duflot ont magnifiquement monnayé l’apport de 51 sièges (sur 208) obtenus lors du scrutin de 2010. Au point de susciter une certaine jalousie parmi les 64 élus socialistes : on a l’impression que les Verts se goinfrent pendant que nous sommes tout juste bons à lever la main pour les votes", bougonne l’un d’eux… "Sur les quinze vice-présidents qui entourent Huchon, cinq sont écolos. Résultat : les Verts gèrent 45% des budgets, dont le plus crucial, les transports."

Les Verts, ces alliés auxquels François Hollande accorde également la plus grande attention (et ils en profitent ), en prennent pour leur grade dans l’Express qui relève qu’il "faut des revenus confortables pour verser une cotisation de 0,8% de son salaire annuel à un parti politique". Le journal effectue "une plongée dans ce microcosme" de "nombrilistes et autosatisfaits", qui "pratiquent la culture de l’entre-soi" où les uns et les autres s’envoient des mails assassins et se font des coups en douce à tour de bras. Ainsi l’euro député "Yannick Jadot : pressenti pour être ministre, il s’est vu chaparder le deuxième strapontin écolo par Pascal Canfin, ministre chargé du Développement…. Cécile Duflot y serait pour beaucoup". Pour d’autres, le plutôt discret Pascal Canfin a piqué la place à Jean-Vincent Placé, qui préside le groupe des Verts au Sénat et qui tacle régulièrement la politique du gouvernement. Pas tendre pour ses petits camarades, le parlementaire d’origine coréenne est cité par le Journal : "les Verts, ce sont des petits Blancs. Ils pratiquent une forme de racisme anti-asiatique du type : le Chinois est fourbe ". On lui laisse la responsabilité de ses affirmations. Au passage, l’article épingle le compagnon de la ministre du Logement, qui avait refusé d’être présent au défilé du 14 juillet et qui s’en était vanté dans un tweet : "Un vrai militant de gauche" pour qui "le parti socialiste représente une certaine soumission au social-libéralisme et au productivisme".

L’Obs préfère raconter comment, au sommet de l’Etat,  on cherche à ménager ces "très chers alliés" et comment François Hollande l’a reçu, lui et les autres responsables parlementaires. Et comment gagne-t-on les faveurs de ses alliés ? Avec de petits ou de grands gestes, sur le budget du ministère de l’Ecologie. "Pas question d’avaliser la baisse de 7% des crédits dénoncée par Delphine Batho. Faire une exception verte à l’heure de la rigueur généralisée ? Si l’Union est à ce prix, Hollande y semble prêt", écrit l’Obs. La taxe carbone, étape (fiscale) vers la fameuse transition énergétique, est dans les starting blocs. Pour clore le chapitre écologie, à lire encore ce papier du Nouvel Obs consacré à un forage pétrolier en Seine-et-Marne (à Jouarre, précisément), où "un collectif s’est formé", persuadé que "le but non avoué de Hess Oil est d’exploiter le pétrole de schiste en utilisant la fracturation hydraulique, ce qui est interdit par la loi Jacob de juillet 2011 …La France a produit 800.000 tonnes d’or noir en 2012. Mais si le gouvernement autorisait la fracturation hydraulique, des études ont estimé le potentiel entre 3,3 et 4,9millions de tonnes par an. De quoi aiguiser les appétits." ( ndlr : et de réduire la facture énergétique !)

Qui est le général Al-Sissi ?

Le Point et le Nouvel Observateur publient la même photo du nouvel homme fort de l’Egypte, le général Abdel Fattah al-Sissi, assis sur un fauteuil qui ressemble à un trône. Les deux hebdos consacrent un long portrait au ministre de la Défense égyptien, une énigme pour le Point, le stratège de la Terreur pour l’Obs. Formule accrocheuse, mais l’article est beaucoup plus nuancé. Les deux journaux s’interrogent sur le personnage, nouveau Nasser pour les uns, simple général putschiste pour les autres. "Accusé d’être proche des islamistes lors de sa nomination par Mohamed Morsi en juin 2012, l’ancien chef du renseignement militaire a sévèrement tordu le cou à la rumeur en destituant le président issu des Frères Musulmans. Conservateur et très pratiquant, Sissi ne saurait être défini comme un laïc, mais peut incarner l’introuvable synthèse du nationalisme et du religieux" veut croire l’Obs, qui ajoute cependant qu’ "en excitant la colère populaire, Sissi acquiert un incontestable crédit mais il joue avec le feu et prend le risque d’embraser le pays... Difficile de mesurer les risques de guerre civile mais ils sont nombreux. De nombreux égyptiens sont armés…On peut craindre aussi un retour en force du terrorisme. Déjà, dans le Sinaï, devenu une zone de non droit des djihadistes, attaquent quotidiennement la police et l’armée…»

Le Point revient sur les évènements qui ont amené Al-Sissi à destituer Morsi : "Dès novembre 2012, lorsque Mohamed Morsi .. prend un décret pour s’attribuer les pleins pouvoirs et que la rue s’enflamme en signe de protestation le ministre de la Défense sort de sa réserve pour la première fois… Et,un peu plus tôt, lors d’un diner  pour commémorer la guerre de 1973 contre Israël, Morsi invite à la table d’honneur un des commanditaires de l’assassinat de Sadate. Al Sissi est installé à la même table. Pour l’officier et pour toute l’armée, c’est une provocation. En privé, Al-Sissi éructe contre cet affront fait à l’armée pour qui Sadate était un héros."

Vous allez en entendre parler. Avant même sa parution, le numéro de cette semaine de Valeurs Actuelles fait polémique à cause de sa Une, dont le titre est "Roms, l’Overdose". Le Parti Socialiste est sorti de ses gonds : dans un communiqué, il la qualifie "d’indigne, anti-républicaine" et affirme que "cette Une est la manifestation d'une campagne politique intolérante et intolérable…elle incite à la violence xénophobe contre une catégorie de la population", avant de décréter : "Halte à l’overdose xénophobe !"…

Un mot encore sur Jean Luc Mélenchon, épinglé par Laurent Joffrin dans l’Obs. Le chef du Front de Gauche, qui a accusé Manuel Valls d’être "contaminé par Marine Le Pen", n’en finit pas de cogner contre le gouvernement. "Léger problème politique : aux prochaines municipales, les candidats du Front de Gauche devront passer des accords avec les socialistes pour se faire élire. Seront-ils à leur tour "lepénisés" ? Peu importe à Mélenchon, qui a pour seul souci de régler son compte au PS. L’extrême gauche défendait naguère des idées. Elle n’exprime plus que du ressentiment."

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