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Le site d'une centrale près d'un champ.
Le site d'une centrale près d'un champ.
©GUILLAUME SOUVANT / AFP

Atlantico Green

Environnement : la France pourrait (et doit) faire mieux mais voilà déjà ce que le MIT nous dit que nous faisons très bien

La France figure en quatrième position du classement Green Future Index, dévoilé par la MIT Technology Review, qui regroupe 76 pays. Quels sont nos principaux atouts en matière environnementale ?

Gil Rivière-Wekstein

Gil Rivière-Wekstein est rédacteur pour la revue Agriculture et Environnement. Il est l'auteur du livre "Panique dans l’assiette, ils se nourrissent de nos peurs". 

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Atlantico : La France figure dans le top 5 du classement Green Future Index, dévoilé par le MIT Technology Review, et qui regroupe 76 pays. La France occupe la quatrième place, derrière l’Islande, le Danemark et la Norvège, de cet indice de l'avenir vert. Ne pourrait-on pas se féliciter de voir la France régulièrement citée parmi les pays les plus actifs en matière environnementale ? Comment expliquer que la France figure parmi les 20 pays qui progressent le plus et s'engagent le plus vers la construction d'un avenir à faible émission de carbone ? Quels sont nos principaux atouts et bonnes actions en matière environnementale ?

Gil Rivière-Wekstein : Bien que j’ignore la méthodologie utilisée, il me semble que la position de la France dans ce classement n'est pas étonnante, voire même parfaitement justifiée. Les 20 principaux pays, parmi ceux qui sont les mieux cotés, sont toutes des nations riches et modernes disposant d’un haut niveau technologique. Pour certains de ces pays, comme la Norvège, l’Islande ou bien encore la Nouvelle-Zélande, s’y ajoute certainement aussi le fait que leur population n’est pas très importante, ce qui représente un facteur déterminant pour l’empreinte environnementale. 

En fait, on remarque surtout que la pression négative sur l’environnement exercée par la pollution ou par les émissions de CO2, est inversement proportionnelle au niveau de qualité technologique et industriel des pays. Ce qui est assez logique.

Pour la France, qui dispose d’un vaste parc nucléaire, l’impact de la production d’énergie sur le climat est tout naturellement inférieur à celui des pays qui utilisent le charbon et le gaz. C’est donc bel et bien grâce au progrès technologique que notre bilan est plutôt bon. 

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Il en est de même pour l’agriculture, car notre pays possède l’une des meilleures agricultures au monde. Elle a démontré sa très grande efficacité grâce au savoir-faire des agriculteurs, mais aussi par le fait que ceux-ci disposent de semences de qualité – fruit de la recherche de nos industries semencières ! – et d’une très forte mécanisation. Finalement, le rendement par hectare est très performant, ce qui réduit la pression sur la biodiversité. En effet, la production par hectare étant très haute, nous avons besoin de moins d’espace pour produire la même quantité de nourriture que d'autres pays qui, ne disposant pas d'une telle agriculture, doivent employer une plus grande surface.

Il est à noter que les pays bien classés concernant l’environnement sont aussi ceux dont la population bénéficie de l'espérance de vie la plus longue. Il y a donc une corrélation entre le fait de disposer d’un haut niveau technologique et d’avoir à la fois une espérance de vie élevée et un faible impact sur l’environnement.

Le comble du paradoxe est que ce bon classement pour la France en matière d’environnement a pu être atteint parce que les gouvernements précédents n’ont pas écouté les écologistes ! Notre agriculture, tout comme notre parc nucléaire, est l’héritage d’une époque où les gouvernements investissaient encore dans le progrès scientifique et technologique. C’est bien parce que notre pays, le pays de Pasteur et de Lavoisier, a su développer un courant scientifique de haut niveau, avec des écoles d’ingénieurs prisés dans le monde entier, qu’aujourd’hui il est si bien placé dans ce palmarès. Mais cette tradition dont nous avons hérité, nous risquons de la perdre si nous continuons à écouter les Cassandre écologistes. Car, selon ces adeptes de la décroissance, il faudrait arrêter les centrales nucléaires pour revenir aux énergies fossiles, comme le gaz et le charbon. De même, notre agriculture, convertie à l’agriculture biologique, ne serait pas aussi productive et l’impact néfaste sur l’environnement serait alors beaucoup plus fort, en raison de l’augmentation nécessaire des surfaces indispensables aux cultures.

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Dès lors qu’on choisit de miser sur le progrès scientifique, par l’adoption de nouvelles technologies, des améliorations seront encore possibles, bien évidemment ! 

Prenez par exemple ce qui s’est passé dans l’industrie automobile. N’est-ce pas grâce aux progrès technologiques que nos voitures polluent beaucoup moins par kilomètre parcouru qu’il y a vingt ou trente ans ? Désormais, les véhicules sont construits avec des matériaux beaucoup plus légers et solides qu’ils ne l’étaient il y a une cinquantaine d’années. Ce seul progrès a tout naturellement entraîné une consommation d’essence au kilomètre beaucoup plus faible qu’il y a une vingtaine d’années. Les moteurs d’aujourd’hui sont également bien plus performants, là aussi grâce aux progrès de la science. Y compris pour ce qui est des moteurs diesel. Et il est évident que dans ce domaine, comme dans d’autres, des solutions encore plus « propres » seront inventées et verront le jour grâce à l’ingéniosité humaine. Pas besoin, donc, d’exiger que tout le monde revienne à la bicyclette pour sauver la planète !

En revanche, si l’on entre dans une société de l’interdit, où le progrès scientifique et technologique n’est pas mis en valeur, notre industrie va régresser et notre impact négatif sur la planète va s’accroître. L’exemple du glyphosate est à cet égard très pertinent. Si, comme le souhaitent les écologistes, on interdit aujourd’hui cet herbicide, il sera tout naturellement remplacé, soit par un désherbage mécaniqueavec un impact sur le climat beaucoup plus fort, soit par le recours à d’autres produits chimiques qui n’auront pas un profil aussi favorable pour la biodiversité. Bien entendu, il arrivera un moment où d’autres solutions seront disponibles, car on n'arrête pas le progrès. Mais nous n’y sommes pas encore.

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On peut prendre un autre exemple : le chauffage. Une société, par exemple, qui déciderait d’interdire le chauffage au gaz ou à l’électricité pour le remplacer par le chauffage à bois – au motif que le bois est renouvelable –, polluerait bien davantage. Le passage du chauffage au bois au chauffage électrique et au gaz a été l’un des facteurs – avec le tout-à-l’égout – qui a le plus amélioré l’environnement dans les grandes villes. Revenir au chauffage au bois constituerait donc une vraie régression sur le plan environnemental.  

Alors que ce classement est positif pour la France, comment expliquer l'autoflagellationde notre pays en matière de politique environnementale ? Les mouvements écologistes et les activistes verts sont-ils en cause dans les campagnes de dénigrement vis-à-vis de l’environnement en France ?

En vérité, l’écologie politique ne se soucie pas réellement du climat. Le programme de l’écologie politique n’est pas la préservation du climat ou de la planète. C’est de l’affichage, un prétexte pour combattre le capitalisme, et pour certains, pour réduire la population mondiale ! Le projet de l’écologie politique, c’est d’imposer la décroissance, et une société de la sobriété. C’est ce qui explique que les écologistes s'opposent systématiquement à toutes les solutions technologiques qui permettraient au système actuel, ce fameux système capitaliste qu’ils réprouvent tant, de résoudre les problèmes environnementaux, et donc de continuer à fonctionner. L’écologie politique est technophobe, précisément parce que la technologie est ce qui permet à la fois de concilier croissance et progrès sur l’environnement. 

Ainsi, on voit, par exemple, Greenpeace en Allemagne qui continue à exiger la sortie du nucléaire tout en défendant les usines à charbon. Certains dirigeants écologistes français sont d'ailleurs, sur ce sujet, très mal à l’aise avec un positionnement anti-nucléaire qui paraît tout à fait irrationnel… 

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