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Décrochage dans les sondages : simple étincelle ou feu à la maison Sarkozy ?
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Décrochage dans les sondages : simple étincelle ou feu à la maison Sarkozy ?

Alain Juppé est désormais devant Nicolas Sarkozy dans les enquêtes d'opinion effectuées auprès des sympathisants de l'UMP. Si ce dernier bénéficie toujours d'une image positive, celle-ci se dégrade sensiblement et ce n'est pas que la conséquence de l'affaire Bygmalion.

Jérôme Fourquet

Jérôme Fourquet

Jérôme Fourquet est directeur du Département opinion publique à l’Ifop.

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Atlantico : Un récent sondage publié par l'Express montre que Nicolas Sarkozy n'est plus considéré comme un recours ou comme une solution à la crise que vit l'UMP. Largement interprété dans les médias comme une conséquence du scandale Bygmalion, un autre sondage datant d'avant les révélations de l'affaire montre déjà une tendance baissière de la popularité de Nicolas Sarkozy. Quelles sont les raisons réelles de l'effritement de sa popularité ?

Jérôme Fourquet : L'enquête du mois de mai et portant sur la perspective de voir Nicolas Sarkozy être candidat à la présidentielle, sortie pendant la campagne européenne, faisait effectivmement déjà apparaître un effritement assez sensible de la côte de popularité de Nicolas Sarkozy, avec une baisse de 6 points de la part des sympathisants de l'UMP. Pourtant, aucune des affaires le concernant de près ou de loin ne l'avait affecté, on peut bien sûr interpréter cette baisse comme un souhait pressant, une lassitude de la part de ses élécteurs naturels de le voir sortir de son ambiguité.

Avec du recul, il semble que sa position se soit érodée en deux temps. D'abord durant ses atermoiements de la campagne européenne, et ensuite par les révélations du scandale de Bygmalion.

Dans le même temps, les trois anciens Premiers ministres qui composent actuellement la direction de l'UMP augmentent sensiblement dans les enquêtes de popularité. Cette tendance est-elle destinée à durer ? Alain Juppé par exemple, pourrait-il vraiment devenir le favoris de l'UMP ?

Le triumvirat donne l'image d'une famille resoudée, un collectif soudé pour le bien du parti et cela apaise effectivement les élécteurs de droite qui souffent des révélations de Bygmalion qui ont porté un coup à la confiance des électeurs. La progression d'Alain Juppé est aussi en grande partie due à sa réélection triomphale à Bordeaux aux élections municipales. Compte tenu des troubles très graves au sein de l'UMP, Alain Juppé peut appraître comme le pater familias qui peut rassurer et rassembler.

La réaction qui est celle de s'affranchir des statuts est une réaction classique de la part des ténors. Mais on constate aussi que les adhérents veulent avoir leur mot à dire, d'autant plus s'ils payent des cotisations, même à l'UMP. Il y a également un vrai décalage entre les centres de gravités de la base électorale de la droite, qui est plutôt Copéiste, et la sensibilité du triumvirat qui elle est nettement plus centriste, et qui souhaite par exemple un rapprochement avec l'UDI pour faire barrage au FN. Le triumvirat ne pourra pas représenter les électeurs très longtemps. Nos enquêtes l'illustrent très bien, un sympathisant sur deux est en faveur d'accords locaux avec le FN, et les position dures envers l'Islam sont plus qu'une tendance.

Finalement, Nicolas Sarkozy n'aurait-il pas intérêt à refaire surface politiquement s'il veut reconquérir sa position de favoris ?

Avec l'affaire Bygmalion, la position de Nicolas Sarkozy est fragile, et il est urgent qu'il se manifeste. Sa réapparition à l'UMP permettrait également de casser la dynamique des centristes qui se forme autour d'Alain Juppé, mais il ne pourra sans doute pas faire l'économie d'une explication aux français et aux électeurs de droite au sujet de sa campagne présidentielle. Je ne pense pas que la ligne de défense consistant à dire qu'il n'était au courant d'aucun aspect logistique de sa campagne ne sera suffisamment crédible. Les gens s'imaginent bien qu'un tel dépassement dans le budget est repérable, ou en tout cas perceptible par un homme politique chevronné comme Nicolas Sarkozy usé aux campagnes éléctorales.

Le temps continue de filer, la situation se dégrade en France, et effectivement pour que son retour soit crédible, il lui faudrait une ligne politique, renouvelée,surtout pas de nostalgie ou un éxegèse de ce qui s'est passé en 2012. La situation est tellement dégradée que les français ne seraient pas séduits par de l'improvisation politique. Pour preuve, François Hollande n'a quasiment pas vécu d'état de grâce. Les français veulent des résultats, pas qu'on les rassure.

 Un retour de Nicolas Sarkozy, n'en déplaise à Nadine Morano, serait sans doute très éloigné d'un vibrant retour triomphal.

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