Bayrou la menace, Castex le (quasi) sacrifié, Montebourg l’ambitieux, Hollande le perfide; Dupond-Moretti, celui qui résiste à une mise en examen, Darmanin celui qui devrait partir; La pandémie rebat totalement les cartes pour le monde arabo-musulman | Atlantico.fr
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Revue de Presse des Hebdos

Bayrou la menace, Castex le (quasi) sacrifié, Montebourg l’ambitieux, Hollande le perfide; Dupond-Moretti, celui qui résiste à une mise en examen, Darmanin celui qui devrait partir; La pandémie rebat totalement les cartes pour le monde arabo-musulman

Et aussi : Les réseaux sociaux font plier les médias (même influents)

Gilles Klein

Gilles Klein

Gilles Klein,, amateur de phares et d'opéras, journaliste sur papier depuis 1977 et en ligne depuis 1995.

Débuts à Libération une demi-douzaine d’années, puis balade sur le globe, photojournaliste pour l’agence Sipa Press. Ensuite, responsable de la rubrique Multimedia de ELLE, avant d’écrire sur les médias à Arrêt sur Images et de collaborer avec Atlantico. Par ailleurs fut blogueur, avec Le Phare à partir de 2005 sur le site du Monde qui a fermé sa plateforme de blogs. Revue de presse quotidienne sur Twitter depuis 2007.

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L'Express a enquêté sur le "fiasco français" l'échec de Sanofi à proposer un  vaccin en même temps que ses concurrents.  L'Obs sur Arnaud Montebourg, qualifié à la Une de "variant", l'homme qui vise la présidentielle serait-il un virus ? Le Point fait de la géopolitique à l'occasion de la sortie d'un nouveau livre de Gilles Kepel : "Le Prophète et la Pandémie". Valeurs met Camelia Jordana en Une :  aux yeux de cet hebdo, elle personnalise "Ceux qui détestent l'homme blanc"

Bayrou perturbe la macronie

"Le commissaire Bayrou a-t-il un plan ?" joli titres du Point (5 pages). Le 26 janvier dernier François Bayrou a relancé un vieux débat, via des interviews, celui de la proportionnelle « Pourquoi ne pas demander aux Français ce qu’ils en pensent par référendum ? »  .

Dans la maison LREM, ceux qui imaginaient le nouveau haut-commissaire assagi par le titre ronflant offert « pour le consoler », pensaient-ils, de son éviction rapide du gouvernement en juin 2017 commencent à percevoir qu’ils ont peut-être commis une erreur de jugement. souligne Le Point. Et, de plus, une erreur stratégique, ensuite : un haut-commissariat au Plan peut aussi servir de formidable tribune politique. Perplexe, un ponte de la majorité a ce commentaire : « Je le note pour les mois qui viennent : ne jamais sous-estimer le potentiel de nuisance de l’immortel du Béarn. »

Mais selon un familier de l'exécutif, selon la formule du Point pour une source anonyme "François Bayrou a fait le choix de ne pas se mettre en rivalité avec tel ou tel ministère, en particulier Bercy. Il a donc décidé de ne pas chercher du pouvoir, mais de l’influence… »

Castex homme secret

"Quelle est la marge de manœuvre d'un homme qui semble avoir été choisi pour n'en avoir aucune ?" demande l'Express (2 pages). Un homme qui, en privé comme en public, trompette : "Je me fous des sondages, je ne veux pas faire prendre de risques à mon pays ; il faut dire la vérité aux gens, j'ai toujours tenu aux Français un discours de vérité, je ne me suis pas préoccupé de savoir si ça plaisait ou si ça ne plaisait pas !"

Inconnu ? "Tu es le Premier ministre sans visage." Il a fallu cette affirmation de l'un de ses amis pour que l'ancien maire de Prades se décide en décembre à accepter que Paris Match lui consacre, ainsi qu'à sa famille (chien compris), un reportage photo. "

Et sacrifié ? Les critiques du président ne mâchent pas leurs mots : " si "le Premier ministre, partisan du reconfinement, voit l'intérêt du pays, Emmanuel Macron, lui, voit son intérêt électoral".

Le variant Montebourg

Le mot "variant" fait penser aux déclinaisons du coronavirus, mais il est aussi vrai qu'Arnaud Montebourg varie beaucoup. Après avoir dit adieu à la politique, il y revient aussi vite qu'il en est parti. L'Obs (7 pages) lui donne la parole, il présente son "contrat pour la France" en vue de la présidentielle 2022 et précise « Mon combat, c’est la revalorisation de la France ».

Montebourg ne cache pas ses ambitions : "Je constate que les idées que je défends sont devenues majoritaires. Il faut les mettre au pouvoir, c’est ma résolution. Soit des candidats les portent et je les aiderai. Soit personne ne s’en charge et je les porterai".

L'Obs publie par ailleurs, avec France Info, un sondage sur les chances de la gauche. On découvre qu'aucun candidat n'est pour le moment en capacité de se hisser au second tour. Et que si les différents candidats de gauche n'arrivent pas à s'entendre avant l’élection présidentielle, aucun ne franchirait la barre des 10% d’intentions de vote.

Hollande perfide

Hollande voit des sénateurs socialistes en ce moment. Auprès de certains d'entre eux, il aurait, selon Le Point, taclé Arnaud Montebourg en faisant allusion au fait qu’Arnaud Montebourg, un potentiel rival pour l’Élysée, a travaillé il y a quelques années sur les primaires avec Olivier Duhamel, soupçonné d’inceste… Si c'est confirmé, c'est un étrange.

Quel sort pour Dupond-Moretti et Darmanin menacés par la justice ?

S’il est mis en examen par la Cour de justice de la République, saisie par les syndicats de magistrats (USM et SM) dans l’affaire des fadettes, il ne quittera pas le gouvernement. L’Élysée a tranché : « Les syndicats n’ont pas à choisir leur ministre.»

La situation est plus nuancée pour  Gérald Darmanin, son cas ferait « débat » à l'Elysée. témoin assisté, son statut pourrait évoluer à l’issue d’une confrontation avec la plaignante qui l’accuse de viol. S’il était mis en examen pour « abus de confiance », il pourrait tomber, victime de la jurisprudence Balladur.

Islam et pandémie

La pandémie a éclipsé un autre tremblement de terre. À l’ombre du Covid-19, le Moyen-Orient, région du monde concentrant les plus importantes ressources énergétiques, connaît des bouleversements géopolitiques que le nouveau livre de l’islamologue Gilles Kepel, Le Prophète et la Pandémie retrace avec un soin méticuleux.

Selon lui "l’effondrement du prix des hydrocarbures a bouleversé toute l’économie de la région et accéléré la recomposition de deux axes déjà existants. D’un côté, l’axe fréro-chiite, avec le Qatar, la Turquie, Gaza et, pour la première fois, l’Iran. Parallèlement, l’épidémie a donné à Donald Trump l’opportunité de mettre en place un autre système d’alliances sans précédent entre les États-Unis, Israël, le Maroc, les Émirats, Bahreïn et le Soudan."

Outre l'interview de Kepel, on lira un reportage sur la Tunisie qui parle de "cette jeunesse qui se détourne d’Allah" en constatant que Dix ans après la victoire des islamistes, un tiers des Tunisiens se disent irréligieux."

"En raison de son caractère subversif, aucune statistique officielle n’existe sur l’athéisme dans le monde arabe. Mais une vaste étude réalisée en 2018 et 2019 par l’Arab Barometer, réseau de recherche universitaire basé aux États-Unis, établit à 13 % le pourcentage de non-croyants dans la région, contre 8 % en 2013, un chiffre qui passe de 11 % à 18 % chez les moins de 30 ans".

Le Point ajoute : "Ces chiffres sont d’autant plus remarquables que la non-croyance, toujours vue comme une abomination dans le monde arabo-musulman, est parfois sanctionnée de la peine capitale."

Les réseaux sociaux font plier les médias

Pour Élisabeth Badinter dans l'Express (3 pages) "Le ressenti des réseaux sociaux dicte de plus en plus sa loi aux médias" Exemples : Alain Finkielkraut remercié de LCI, Xavier Gorce qui quitte Le Monde après que le journal s'est excusé pour l'un de ses dessins...

Pour Badinter :" Ce sont des médias puissants - une chaîne de télévision et un journal de référence - qui, néanmoins, semblent fébriles face aux indignations des réseaux sociaux. Ce qui veut dire qu'une minorité est en train d'imposer sa loi à la majorité : la loi du silence.

Macron se méfie des médecins

Selon l'Obs (4 pages)" C’est une étrange cohabitation : depuis un an, Emmanuel Macron doit gouverner avec l’avis des scientifiques. Mais le climat a changé : au début de la crise, il ne jurait que par eux ; désormais, il s’en méfie et s’en affranchit."

L'Obs revient sur la décision de non confinement : " "Ce reconfinement réclamé à cor et à cri par la quasi-totalité des professionnels de santé, et en premier lieu par le président du conseil scientifique, Jean-François Delfraissy, ainsi que par le puissant patron de l’AP-HP, Martin Hirsch, Emmanuel Macron" n’en voulait pas.

Emmanuel Macron entendait adresser un message clair : "lui président, il ne cédera pas aux injonctions de cette cohorte de blouses blanches qui, à longueur d’interventions dans les médias, lui réclament de mettre le pays sous cloche !"

Macron et les frontières

Dans l'Express, Anne Rosencher est sévère : "Sur la question des frontières, la parole politique s'est décrédibilisée". Elle souligne " sa première allocution solennelle - celle du 12 mars 2020 -, Emmanuel Macron en faisait un sujet sulfureux : il ne fallait pas, selon lui, "céder à la facilité" de questionner le rétablissement des frontières françaises pour empêcher la circulation des contaminés. Le président mettait en garde contre cette tentation de "repli nationaliste", avant d'ajouter : "Le virus n'a pas de passeport." Comme on le sait, le président vient de changer son fusil d'épaule.

Remplacer l'Observatoire de la laïcité

Marlène Schiappa veut créer un bureau de la laïcité annonce l'Express (1 page) : Après les polémiques autour de l'Observatoire de la laïcité, plusieurs pistes sont à l'étude pour inventer une nouvelle structure". Le gouvernement cherche à enterrer le fameux Observatoire et à éloigner ses deux figures principales, Jean-Louis Bianco et Nicolas Cadène, sans en faire des martyrs de la cause.

"La ministre déléguée plaiderait pour la création d'un haut conseil à la laïcité, ou pour la fusion de la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT, et de l'Observatoire".

Dîner à l'Elysée annulé

Emmanuel Macron aurait prévu un dîner "secret", le 27 janvier, selon Le Point  avec une demi-douzaine de fidèles. Mais RTL l'a annoncé en début de soirée. Excédé par la fuite, et redoutant les polémiques sur ce dîner à sept en période de couvre-feu, Emmanuel Macron a tout annulé.

Valeurs et le mouvement décolonial

"Et l’homme blanc devint l’ennemi public. Porté par des figures médiatiques et légitimé par son développement académique, le mouvement décolonial s’est imposé dans le débat public et a durablement imprégné notre imaginaire politique. La France s’américanise". Valeurs s'en prend au mythe de la culpabilité́ qui retrouve une certaine ardeur au contact de certains sites d’information.

L'hebdo ne ménage pas Camélia Jordana : " Pourquoi alimente- t-elle si régulièrement les chroniques? Est-ce en raison de ses sorties scandaleuses sur les hommes et les femmes qui se feraient « massacrer [par la police] quotidiennement en France, pour nulle autre raison que leur couleur de peau»? Ou bien est-ce « lié au fait que je sois une femme racisée », comme le prétend l’intéressée ? En réalité, dans un pays où ses idées décoloniales ont conquis l’université, les médias et la classe politique jusqu’au sommet de l’État, la comédienne peut prendre l’avantageuse posture de l’artiste engagée sans encourir aucun risque social ou professionnel— bien au contraire.

Air France perd 10 millions d'euros par jour

Pour Benjamin Smith, interrogé par l'Express (2 pages), la survie d'Air France et de KLM n'est pas en jeu. Mais Air France, à elle seul, perd quand même  plus de 10 millions d'euros par jour, et KLM un peu moins.

Des chiffres inquiétants, illustrés par le sort réservé aux avions : " Notre flotte compte 530 appareils dont 15 % à 20 % sont totalement inactifs en ce moment. Avant la pandémie, les avions pouvaient voler dix-sept heures par jour, aujourd'hui ça peut se limiter à une heure ou deux tous les deux jours."

Au total Air France-KLM a déjà reçu plus de 10 milliards d'euros d'aide. Et il parait difficile au patron du groupe de rembourser à court terme, et même à moyen terme. De plus une recapitalisation est urgente

L'échec de Sanofi

Pour L'Express (7 pages) l'absence de vaccin Sanofi est "un échec retentissant" provoqué par "une décennie d'erreurs tragiques" avec entre autres " une politique hésitante de rachats de startups" car " Trop prudent, trop fermé, trop lent, le labo français" a perdu la course aux rachats. Mais il resterait un "plan de la dernière chance". Paul Hudson, le patron de Sanofi, le martèle depuis son arrivée "pour se sauver, Sanofi va devoir se réinventer de fond en comble. Un choc nécessaire pour espérer retrouver les sommets".

Après avoir été dans le top 3 mondial des laboratoires pharmaceutiques, Sanofi a perdu du terrain, son chiffre d'affaire le place, actuellement, au 7e rang mondial.

Le bitcoin a le vent en poupe

" Il a suffi le 29 janvier que dans son nouveau profil Twitter, Elon Musk, publie un hashtag (#) sur le bitcoin pour que le cours de la monnaie s’envole (31 600 euros). Cette simple mention indique que l’homme le plus riche du monde, le surdoué aux paris fous (Tesla, SpaceX…), a confiance en cette monnaie qui défie toute logique.

Et le fait nouveau, pour Le Point (5 pages) c’est que l’an dernier le cours de la monnaie virtuelle a explosé (une augmentation de plus de 300 %), atteignant même le pic de 34 135 euros ce 8 janvier. La raison ? L’intérêt manifesté, pour la première fois, par de grands noms de la finance, comme les banques et gestionnaires de fonds américains Fidelity, BlackRock, JP Morgan, pendant que des sites de paiement en ligne, comme PayPal ou Apple Pay, faisaient savoir que, désormais, ils acceptaient le bitcoin.

Voile : Macron et Le Cam  skipper sauveteur

Jean Le Cam, un des concurrents du tour du monde à la voile en solitaire, et sans escale évoque sa conversation avec Emmanuel Macron, après le sauvetage de Kevin Escoffier, un autre concurrent Emmanuel Macron vous a appelé…

On me dit : « Le président veut te parler. » Moi, je prends la communication, je croyais que c’était le président du comité de course. Pas le président de la République ! Du coup, je crois bien que je l’ai tutoyé. Plus tard, j’ai appris que ça avait été un casse-tête pour l’Élysée de nous joindre. C’est drôle : je communique par Skype parce que les images passent par les satellites. Mais Macron, lui, il n’a pas Skype, pour des raisons de sécurité, je crois. Résultat : ils ont remué tout l’Élysée pour trouver un ordi qui ne soit pas connecté au reste du réseau, pour qu’on puisse se parler.

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