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97% de scientifiques d’accord avec la théorie du dérèglement climatique ? Euh… c’est un peu plus compliqué qu’il y paraît
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97% de scientifiques d’accord avec la théorie du dérèglement climatique ? Euh… c’est un peu plus compliqué qu’il y paraît

Les hommes politiques, à l'image de Barack Obama avancent que 97% des scientifiques sont d'accord sur les causes humaines et les dangers du réchauffement climatique. Des chercheurs ont étudié l'ensemble des 11 944 publications sur le climat parues entre 1991 et 2011. Les résultats publiés en 2013 montrent que près de 66% des publications n'expriment pas d'avis, ni positif, ni négatif sur le réchauffement climatique.

Christian Gérondeau

Christian Gérondeau

Christian Gérondeau est polytechnicien et expert indépendant. Il travaille depuis plus de dix ans sur les questions environnementales.

Il est l'auteur du livre "Ecologie la fin" aux Editions du Toucan et "L'air est pur à Paris: mais personne ne le sait!" aux éditions de L'Artilleur.

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Atlantico : Les hommes politiques, à l'image de Barack Obama avancent que 97% des scientifiques sont d'accord sur les causes humaines et les dangers du réchauffement climatique. Des chercheurs ont étudié l'ensemble des 11 944 publications sur le climat parues entre 1991 et 2011. Les résultats publiés en 2013 montrent que près de 66% des publications n'expriment pas d'avis, ni positif, ni négatif sur le réchauffement climatique. Comment expliquer que tant de scientifiques n'ait pas exprimé d'avis sur les causes du réchauffement climatique ? Quelle différence entre la certitude politique et le doute scientifique ?

Christian Gérondeau : Tout d'abord, personne ne connait l'origine de ce chiffre de 97% qui circule partout. Apparemment il y en aurait un autre de 99,9%. Ça fait partie des intoxications générales qui circulent sur ces problèmes, car la deuxième source que vous citez elle, est sérieuse. On connaît les références et effectivement une grande majorité des papiers scientifiques ne disent pas qu'il y a une certitude de l'influence de l'homme sur le changement climatique.

Pourquoi tant de gens ne prennent pas position ? C'est simple : il y a très peu de climatologues. Seulement une centaine au niveau mondial. Donc, les scientifiques honnêtes dont ce n'est pas la spécialité ne vont pas prendre position sur un sujet qui n'est pas le leur. Quand on demande à l'Académie des sciences française son avis sur le changement climatique, il y a peut-être 5% des académiciens français dont c'est le métier. Les autres sont des spécialistes de mathématiques, de géographie, de chimie, mais pas de changement climatique. En réalité, et c'est un processus que j'ai analysée dans le livre que j'ai publié (Climat: la grande manipulation), tous les organismes qui s'occupent du sujet, qui consultent des scientifiques, dont le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), vont consulter plus d'un millier de scientifiques et après dire qu'il a l'accord de 1200 scientifiques. C'est complètement faux. Les scientifiques qui ont été consultés ne sont pas des spécialistes du climat. Des spécialistes du climat, il y en a très peu. En conclusion, il n'y a aucune preuve que 97% des spécialistes du climat soient convaincus de l'influence de l'homme sur le climat. Et quand on consulte très largement, c'est normal que la plupart des scientifiques qui sont honnêtes - la plupart des scientifiques sont honnêtes - ne prennent pas position sur un sujet qu'ils ne connaissent pas.

Quel est l'équilibre réel des postions de la recherche scientifique sur ces questions climatiques ?

Pour cela, il faudrait consulter uniquement les gens dont c'est la spécialisation. Encore une fois, si vous consultez un membre de l'académie des sciences françaises ou américaines dont la spécialité est la chimie, il n'aura pas d'opinion sur le sujet. Les vrais spécialistes du climat sont divisés. Il suffit d'aller sur Internet, ou ailleurs, et vous trouverez des dizaines de spécialistes du climat qui ne sont pas d'accord avec les positions officielles. Mais qu'est-ce que cela veut dire une position officielle? C'est les positions des Nations Unies, du GIEC... Mais ce sont des organismes politiques, pas scientifiques.

Ces organismes prennent leurs décisions par des votes, puis on vous dit que les scientifiques se sont prononcés. C'est absolument faux. Il y a en France un grand nombre de scientifiques de très haut niveau qui ne sont absolument pas d'accord avec la théorie officielle qui voudrait que ce soit l'homme qui change le climat.

Est-ce qu'il existe un consensus sur les objectifs de la COP 21 de réduire le réchauffement climatique à 2 degrés ? Les scientifiques savent-ils quels pourraient être les effets de cet objectif s'il était tenu ?

La COP 21 est une mascarade. Parce que la COP 21 était réunie pour voir comment on allait réduire les émissions de CO2, puisque toute la théorie officielle est que le CO2 change le climat. Quand la COP 21 s'est réunie, on a demandé à tous les pays quelles étaient leurs perspectives et on s'est aperçu que les trois-quarts des pays allaient émettre plus de CO2 qu'avant. Ce sont les pays en développement (la Chine, l'Inde, l'Afrique, l'Amérique du Sud..). Et donc la COP 21 a d'abord constaté que les émissions de CO2 allaient augmenter. A partir du moment où elles augmentent, qu'est-ce qu'on peut faire? Rien du tout, bien entendu, parce que la Chine, l'Inde, et tous ces pays qui partent d'un très bas niveau ont besoin d'électricité, ont besoin de pétrole, etc. On ne peut rien y faire. Et donc on n'a plus du tout parlé des émissions de CO2, mais d'un objectif de température. C'est-à-dire qu'on est revenu au Moyen-Âge. On dit qu'on va influer sur la température, mais on ne dit pas comment. Je n'ai pas grand-chose à ajouter, cet objectif ne vaut rien, puisque de toute manière les pays en développement vont augmenter leurs émissions, heureusement pour eux, parce qu'ils sortent de la pauvreté grâce à ça. Imaginer qu'on puisse fixer un objectif au climat, c'est revenir au Moyen-Âge, quand on intercédait auprès des Dieux pour qu'il pleuve. On a intercédé on ne sait pas auprès de qui, pour que le climat, plus exactement la température, n'augmente pas de plus de deux degrés, mais on n'a pris aucune décision qui pourrait aller dans ce sens-là.

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