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Virus du sida : modifié, il guérit des leucémies

Emma, une Américaine âgée de 7 ans est en rémission depuis sept mois grâce à un nouveau traitement de thérapie génique utilisant le virus du sida.

Emma, une Américaine âgée de 7 ans est en rémission depuis sept mois grâce à un nouveau traitement de thérapie génique utilisant le virus du sida. Elle est atteinte d'une leucémie lymphoblastique aiguë, le plus fréquent des cancers de l'enfant. Désespérés, ses parents sont prêts à tout pour sauver leur fille. Ils acceptent ce traitement expérimental qui consiste à reprogrammer le système immunitaire du patient grâce à une version modifiée du virus du sida. On estime en France qu'un nouveau-né sur 1900 déclenche la maladie avant l'âge de 15 ans, ou plus rarement entre 15 et 20 ans. Le pic d'incidence se produit entre 1 et 4 ans.

Le traitement repose habituellement sur la chimiothérapie pour enrayer la prolifération anormale des cellules du sang - ici des cellules B, plus rarement des cellules T - et ensuite sur la greffe de moelle osseuse. Alors que celle-ci nécessitait autrefois un donneur compatible dans la fratrie, des progrès considérables ont été réalisés grâce aux fichiers de volontaires pour le don de moelle osseuse, qui ont élargi les chances de trouver une compatibilité. Les traitements sont lourds mais ils permettent de traiter avec succès plus de quatre enfants sur cinq.

Pour le traitement mis au point à l'université de Pennsylvannie et administré à Emma, les chercheurs ont enrôlé dans la bataille un type de cellules immunitaires extrait de l'organisme de la patiente, les cellules T. Des cellules qui combattent déjà naturellement les cellules déréglées dans la leucémie. L'originalité de cette nouvelle stratégie est de les avoir "surarmées" en les munissant d'un virus du sida modifié. Tout ce qui rend le virus du sida susceptible de donner la maladie avait bien sûr été ôté génétiquement mais les chercheurs avaient aussi pris soin d'y inscrire l'équivalent immunologique de l'adresse des cellules cancéreuse. Une façon de s'assurer que les cellules T renforcées iraient directement sur les cellules cancéreuses une fois ré-introduites dans le sang de la patiente.

L'essai a déjà été expérimenté chez huit adultes et s'est avéré efficace pour six d'entre eux. Deux patients sont en rémission depuis deux ans et conservent des cellules T renforcées dans le sang, ce qui laisse espérer une protection prolongée à l'image de ce qui se passe dans la vaccination.

Lu sur Le Figaro.fr
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