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Le modèle français selon le New-York Times : ce n'est pas beau à lire
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Ce n'est pas joli, joli

Le modèle français selon le New-York Times : ce n'est pas beau à lire

Selon le quotidien américain, nous sommes un peuple où tout le monde se croit révolutionnaire mais est incroyablement conservateur‏.

Ah le modèle français ! Ce système qui fait tant parler à l'étranger. Envié ou méprisé, il est sur toutes les lèvres. Ce samedi, le New-York Times, via son correspondant à Paris Steven Erlanger, l'a analysé, décortiqué sous toutes ses coutures. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que la vision des Américains sur la société française n'est pas des plus glorieuses. Le journal américain cherche à savoir comment sauver ce modèle français. La question est de savoir si via celui-ci le gouvernement de François Hollande peut empêcher le déclin du pays : faut-il le sauver ou le changer ?

"L'enjeu est de savoir si ce système social-démocrate qui se targue depuis des décennies d'être le modèle afin de fournir un niveau de vie stable et élevé à ses citoyens peut survivre à la mondialisation, au vieillissement de la population et aux chocs budgétaires de ces dernières années" peut-on lire dans le New-York Times.

Un défi de taille et particulièrement difficile à relever pour le gouvernement français, estime le journal américain. "Les Français sont fiers de leur modèle social" est-il possible de lire avant d'avoir un aperçu de celui-ci. "Les soins de santé et les pensions y sont de qualité. La retraite se prend à 60 ans ou moins. Beaucoup de Français disposent de cinq à six semaines de vacances chaque été. Ils travaillent en moyenne 35 heures par semaine et possèdent d'importants moyens de lutte et de recours contre les licenciements". Et c'est notamment parce que la vie est si confortable pour beaucoup d'entre nous que l'auteur de l'article estime que nous ne souhaitons en rien changer les choses.

Et pourtant, ce changement est nécessaire note le New-York Times. Car "dans une économie mondiale plus compétitive, la question n'est pas de savoir si le modèle social français est une bonne chose, mais si les Français peuvent continuer à se reposer seulement là-dessus. Sur la base des tendances actuelles, la réponse est clairement non, pas sans changements importants de structure - des retraites, des impôts, des prestations sociales, des règles de travail et des attentes". Et l'auteur de décrire une anecdote prouvant le conservatisme des Français.

"En mai 1968, les étudiants de l'Université de Nanterre ont commencé ce qu'ils croyaient être une révolution. Les étudiants français à cravates et socquettes ont jeté des pavés sur la police et ont exigé que le système d'après-guerre sclérotique change. Aujourd'hui, à Nanterre, les étudiants s'inquiètent de trouver un emploi et de perdre les prestations de l'Etat. Ils n'exigent plus aucun changement de société" affirme le New-York Times.

En stigmatisant ce conservatisme, l'auteur montre aussi qu'il est pourtant urgent de réagir. Selon lui, l'économie française est au plus mal.Le chômage, en particulier celui des jeunes, bat des records, la croissance est plus lente qu'en Allemagne, aux Etats-Unis ou en Chine, les dépenses publiques représentent près de 57% du PIB, le pays emploie trop de fonctionnaires, les dépenses sociales correspondent à 32% du PIB, la dette nationale est de supérieure à 90% du PIB... Bref l'avenir n'est pas rose !

Pourtant, "le pays conserve beaucoup d'atouts". Et l'auteur de noter que la France est la cinquième économie du monde, avec de fortes traditions en matière de gestion, de science et d'innovation. L'écart entre les riches et les pauvres y est l'un des plus faible des pays occidentaux. Selon le New-York Times, "les grandes entreprises françaises demeurent compétitives au niveau mondial". Ainsi, la France est le pays européen le plus représenté dans le classement Forbes des entreprises mondiales.

Et l'auteur de conclure en se demandant si les Français vont accepter les réformes nécessaires afin que le pays conserve son leadership ou si le pays est amené irrémédiablement à sombrer.

lu sur le New-York Times

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