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L'Italie simplement mal en point ou au bord du naufrage ?
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Détresse

L'Italie simplement mal en point ou au bord du naufrage ?

"En ce moment, l'Italie est clairement confrontée à des problèmes, qui sont essentiellement dus au marché et auxquels, j'en suis sûre, le gouvernement italien et ses partenaires seront attentifs", a déclaré lundi Christine Lagarde. Le pays de Berlusconi est-il donc miné de l'intérieur ou bien est-il plus solide que certains ne le pensent ?

Après la Grèce, l'Italie va-t-elle à son tour plonger dans la crise sous la pression des agences de notation comme Moody's, et des marchés qui s'inquiètent ? La dette du secteur public atteint 120 % du produit intérieur brut (PIB) et le site américain Business Insider semble déjà avoir la réponse puisqu'il raconte, à sa manière "la triste histoire" du naufrage de l'Italie devenue, à ses yeux, une épave. BI commence par la bourse, Borsa Italiana (rachetée par le London Stock Exchange depuis le 1er octobre 2007) en soulignant le petit nombre de sociétés qui y sont côtées : 331.

BI accumule une série de remarques, comme celle-ci concernant les femmes, il n'y en a que 51,6 % qui travaillent selon les chiffres de l'OCDE, malgré tout le taux de fécondité italien est faible, avec 1,41 enfant en moyenne par femme.

Plus structuré, The Economist  donne la parole à Francesca Bettio, une économiste de l'université de Sienne, qui considère que le problème de l'Italie, c'est la famille. Elle expliquerait la prolifération de petites entreprises familiales dans le Nord de l'Italie. Environ 2/3 des employés travaillent dans des firmes de moins de 100 employés. Alors que c'est seulement un peu plus d'un tiers aux États-Unis et en Allemagne. 

L'Italie a plus de petites et moyennes entreprises que n'importe quel autre pays d'Europe : près de 4,5 millions.  Et s'il y a peu de sociétés italiennes côtés à la bourse italienne, ce serait parce que les entrepreneurs familiaux ont peur de perdre le contrôle de leur société. Seuls ceux qui ont su diversifier leurs sources d'approvisionnement et externaliser une partie de leur production s'en sortiraient, comme Benetton. La célèbre marque produisait 90 % de ses vêtements en Italie il y a quinze ans, aujourd'hui c'est moins de 30 %.

Par contre, les exportations high tech n'atteignent que 12 % du total, soit la moitié de la moyenne européenne. L'Italie est aussi à la peine en matière de Recherche & Développement (R&D) : 1,1 % du produit national brut, contre 2 % en moyenne en Europe, et 3,2 % au Japon. Et si le taux de chômage n'est pas exceptionnel par rapport à d'autres pays européens, avec un peu moins de 8 %, il atteint près de 23 % chez les jeunes. Aux yeux de The Economist, l'industrie du tourisme italien est sous-développée, et les prix sont beaucoup trop élevés.

De son côté, le New York Times remarquait en juillet 2010 que le travail au noir est roi en Italie. Il représenterait près du quart du produit national brut. L'identité nationale serait peu répandue, elle ne se révélerait que lors des matches de football face à une équipe étrangère. Ce travail au noir serait donc une illustration du chacun pour soi, dans un pays récemment uni, où les disparités régionales sont encore très fortes. Ceci alors que la mobilité géographique serait très faible en Italie.

Sans oublier l'évasion fiscale, un sport national qui ferait perdre 100 milliards d'euros de revenus au gouvernement chaque année. Bref, le tableau est assez sombre. Il ne reste plus à espérer qu'il est plus noir que la réalité.

Mais l'ambiance est morose, et certains n'hésitent pas en rajouter, comme le montre un article de Die Welt citant une source au sein de la Banque Centrale Européenne qui indiquait que le fonds d'aide d'urgence créé par les Européens ne suffirait pas aider l'Italie si elle en avait besoin...

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