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Human Rights Watch accuse l’armée russe de tortures, de détentions illégales et de disparitions forcées de civils dans le Sud de l’Ukraine.
Human Rights Watch accuse l’armée russe de tortures, de détentions illégales et de disparitions forcées de civils dans le Sud de l’Ukraine.
© Alexander NEMENOV / AFP

Crimes de guerre

Guerre en Ukraine : Human Rights Watch accuse la Russie de tortures, de détentions et d’enlèvements dans le Sud du pays

L’ONG Human Rights Watch accuse l’armée russe de tortures, de détentions illégales et de disparitions forcées de civils dans les zones sous son contrôle dans le Sud de l’Ukraine.

L’ONG Human Rights Watch accuse l’armée russe de tortures, de détentions illégales et de disparitions forcées de civils dans les zones sous son contrôle dans le Sud de l’Ukraine dans le cadre d'un nouveau rapport.

Human Rights Watch a interrogé plus de 70 Ukrainiens ayant décrit plus de 40 cas d’abus et documenté la torture de trois membres de la défense territoriale ukrainienne, qui ont été faits prisonniers de guerre et dont deux sont morts. 

« Les forces russes ont transformé les zones occupées du Sud de l’Ukraine en un abîme de peur et d’anarchie sauvage », révèle Ioulia Gorbounova, chercheuse sur l’Ukraine chez Human Rights Watch. Selon elle, « la torture, les traitements inhumains, ainsi que les détentions arbitraires et la séquestration de civils » ont lieu dans les régions de Kherson et de Zaporijjia, partiellement contrôlées par l’armée russe. Elle exhorte les autorités russes à « mettre fin immédiatement à ces abus ».

Une habitante de Kherson, Aliona Laptchouk, a expliqué en juin que son mari, un membre de la défense territoriale, avait disparu dans cette ville après avoir été interrogé par des troupes russes, avant que son corps ne soit retrouvé début juin au fond d’une rivière.

« Les personnes interrogées ont décrit avoir été torturées, ou avoir été témoin de torture, par des passages à tabac prolongés et, dans certains cas, des décharges électriques », selon les précisions de Human Rights Watch qui évoque aussi des « blessures, notamment des côtes et d’autres os et dents cassées, des brûlures graves, des commotions cérébrales ». 

L’objectif de ces tortures « semble être d’obtenir des informations et d’instiller la peur afin que les gens acceptent l’occupation » russe, selon les révélations de l’ONG.

Un ancien organisateur de manifestations détenu, qui a requis l'anonymat, a déclaré que les forces russes l'avaient battu avec une batte de baseball en détention. Un autre manifestant a été hospitalisé pendant un mois pour des blessures causées par des coups en détention. Un autre individu a déclaré qu'après sept jours de détention, il pouvait « à peine marcher » et avait des côtes cassées et une rotule cassée.

L'épouse d'un homme que les forces russes ont détenu pendant quatre jours, à la suite d'une perquisition début juillet, a déclaré que ses ravisseurs avaient battu son mari avec une tige de métal, lui avaient infligé des électrochocs, l'avaient blessé à l'épaule et avaient provoqué une commotion cérébrale.

D'anciens détenus ont décrit avoir eu les yeux bandés et avoir été menottés pendant toute la durée de leur détention. Ils auraient reçu très peu de nourriture et d'eau et étaient sans assistance médicale. 

En juin dernier, la Mission de surveillance des droits de l’homme des Nations Unies en Ukraine avait indiqué avoir recensé des centaines de cas de détention arbitraire par les forces russes dans les zones qu’elles contrôlent en Ukraine. Elle a également déterminé que de nombreuses personnes avaient été soumises à la torture et à d’autres mauvais traitements et « un nombre inconnu de victimes (…) transférées sur le territoire de la Fédération de Russie… », entre autres, où elles sont « détenues dans des établissements pénitentiaires, souvent avec des prisonniers de guerre ».

La torture et les traitements inhumains infligés à tout détenu sont interdits en toutes circonstances par le droit international et, lorsqu'ils sont liés à un conflit armé, constituent un crime de guerre et peuvent également constituer un crime contre l'humanité.

Human Rights Watch

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