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L'alerte au tsunami a été levée en Indonésie
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L'alerte au tsunami a été levée en Indonésie

Un violent séisme d'une magnitude 8,6 sur l'échelle de Richter est survenu mercredi au large des côtes de la province d'Aceh.

Atlantico : Depuis quelques années les séismes sur différentes parties du globe se succèdent. L'île de Sumatra a été sous le coup d'une alerte au tsunami suite à un tremblement de terre. Peut-on parler d'une recrudescence des séismes à notre époque ?

Jérôme Vergne (Sismologue à l'Institut de Physique du Globe de Strasbourg) : Si on prend en compte les très gros séismes c'est-à-dire ceux dont la magnitude est supérieure à 8, on peut dire que depuis le séisme de Sumatra en 2004, ils se produisent un peu plus fréquemment que la moyenne. Au regard des statistiques, cette augmentation est due à l'absence de gros séismes durant une période assez longue, aussi pour compenser ce retard les forts tremblements de terre tendent à se succéder depuis quelques années.

En effet, dans une zone donnée, lorsque durant une période plus ou moins longue, il ne se produit pas de séisme en raison d'un ralentissement de la vitesse de glissement de la plaque, tôt ou tard il y a un rattrapage. Ainsi, sur une période assez courte, plusieurs séismes auront lieu. Cela explique pourquoi on peut donc parler d'une recrudescence de tremblements de terre relativement importants.

En revanche pour ce qui est des séismes moyens ou faibles il n'y a pratiquement pas eu d'évolution.

Grâce à l'installation il y a une centaine d'années de capteurs sismologiques, on a une meilleure connaissance des séismes. Elles nous permettent de publier des statistiques qui nous indiquent que l’on a en moyenne un tremblement de terre de magnitude 8 tous les ans et un séisme de magnitude 9 tous les dix ans. Dans les années 80-90, il y a eu un petit peu moins de séismes de forte magnitude. Par conséquent, pour les raisons que je vous ai expliquées, au début des années 2000 ils survenaient plus souvent. Cela n’a rien d'anormal, c'est seulement un mouvement de compensation.

L’Indonésie est de nouveau victime d’un fort tremblement de terre, il y a un an c'était le Japon, pourquoi cette zone est-elle si sensible ?

C’est une zone à risques car plusieurs plaques sont en contact : la plaque qui porte l’Océan Indien plonge sous la plaque de l’Indonésie à une vitesse relativement élevée, estimée à plusieurs centimètres par an. Pendant plusieurs centaines d'années cette zone n'avait jamais connu de forts séismes et maintenant elle est en train de rattraper son retard.

D'une manière générale, grâce à nos mesures, on sait que le risque demeure très élevé dans toute la zone Pacifique, une bonne partie du pourtour de l’Océan Indien.

La particularité du séisme qui a eu lieu ce mercredi, c’est qu’il s’est produit à 300 kilomètres à l’ouest de la dernière secousse en date, ce qui le place sur des zones de fracture à l’intérieur de la plaque indienne. Cela nous a beaucoup étonné, car on ne s’attendait pas à un séisme aussi fort à l’intérieur d’une plaque quand généralement ils se produisent à la zone de contact.

Cette zone n'est toutefois pas la seule à connaître une forte activité sismique. On sait que certaines zones devraient subir à assez court terme de violentes secousses. C'est le cas d'Istanbul par exemple qui n’a pas été le théâtre de séismes depuis plusieurs centaines d’années.

Les dispositifs d'alertes se sont-ils perfectionnés grâce à la publication de ces nouvelles données ?

En effet, on a beaucoup évolué depuis la catastrophe de Sumatra particulièrement dans la rapidité de réaction pour déclencher une alerte censée prévenir les dégâts causés par un Tsunami. Cela a été possible grâce aux progrès faits sur le calcul de la magnitude du séisme. Auparavant, il nous fallait plusieurs heures pour obtenir un calcul, or depuis quelques années on arrive à déterminer l’intensité de l’événement tout au plus une dizaine de minutes après qu’il se soit produit.

Propos recueillis par Priscilla Romain

Le Centre américain de surveillance du Pacifique a décidé de lever son alerte au tsunami pour les pays du pourtour de l’océan Indien, indiquant que "la menace a diminué ou a disparu dans la plupart des secteurs".

L'alerte a été émise après le premier séisme, d'une magnitude de 8,7, suivi d'une réplique dont la force rapportée variait entre une magnitude de 8,2 et 8,8 a indiqué l'Institut américain de géophysique (USGS). Le séisme a eu lieu à 15 h 38, heure locale (10 h 38, heure française),et a entrainé des mouvements de paniques au moment même où David Cameron, le Premier Ministre britannique, est en visite dans la capitale du pays, Jakarta, qui est de 1600 miles au sud-est de la province et sur l'île de Java.

Selon les autorités thaïlandaises, une vague d’une dizaine de centimètres a touché l‘île de Koh Miang sur la côte ouest du pays. L’aéroport international de Phuket est fermé. Mille passagers ont du être évacués.


Le 26 décembre 2004 l'île de Sumatra, dans le nord-ouest de l'archipel indonésien, avait connu un violent tremblement de terre de magnitude 9,3 provoquant un tsunami qui avait fait 220.000 morts sur les côtes d'une dizaine de pays d'Asie du Sud-Est, dont près de 170 000 dans la seule province d'Aceh.

(Cliquez sur l'image pour l'agrandir)

La cible montre l'endroit où le tremblement de terre a eu lieu. 
Les bulles indiquent où le tsunami est le plus susceptible de frapper.

 

Lu sur The Telegraph

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