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Xavier Bertrand, le 28 septembre 2020.
Xavier Bertrand, le 28 septembre 2020.
©Alain JOCARD / AFP

Un homme providentiel nous est né

Xavier Bertrand annonce qu'il est « au-dessus des partis » ! Normal : il a quitté le sien...

Nous venons de vivre un moment historique. Prenons-en conscience.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Il n'a pas attendu le 18 juin. Et c'est en avril, et de Lille, qu'il a fait don de sa personne à la France. Gloire au président Bertrand ! Longue vie au Petit Timonier des Hauts-de-France ! Le président Mao avait un petit livre rouge. Le président Bertrand aura le sien car tout candidat à l’Élysée se doit d'en avoir un.

L'heure étant grave, son ton l'a été également. En annonçant sa candidature à la présidentielle de 2022, Bertrand a proclamé qu'il était « au-dessus des partis ». Car, a-t-il expliqué, l'élection présidentielle c'est « la rencontre entre un homme ou une femme et le peuple » !

Or, a précisé le président de la région Hauts-de-France, « les partis sont un filtre entre le peuple et la France ». Mais n'est pas De Gaulle qui veut. Et la grandiloquence n'est pas synonyme de génie. Le Général avait mal à la France. Bertrand, lui, a mal aux Hauts-de-France car, a-t-il dit, s'il est battu aux régionales, c'en sera fini pour lui de la vie politique. Ce qui au demeurant est estimable.

Les partis, parlons-en. Xavier Bertrand a eu besoin du sien pour gagner les Hauts-de-France. Puis, ingrat, il a quitté les Républicains. Contrairement à ce qu'il affirme, les partis ne sont pas un filtre mais un sas indispensable pour la vie démocratique.

La démonstration en a été faite par Macron qui n'a pas créé de parti, mais un mouvement. Pendant la campagne électorale de 2017, on a pu voir ses sympathisants marcher le long des routes et sur les berges des fleuves.

Un spectacle grotesque qui aurait dû être accompagné d'un gigantesque éclat de rire. Tel n'a pas été le cas puisque la France s'y est laissée prendre. Depuis, les députés LREM disposent d'une large majorité à l'Assemblée. Ils continuent à marcher le petit doigt sur la couture du pantalon. Et votent comme on leur dit de voter. Sans toujours bien comprendre de quoi il s'agit. Et ils sont assurés du mépris de celui qui les a fait élire.

Bertrand, s'il comprenait le sens du mot « démocratie », serait resté chez les Républicains. Il se serait battu pour revivifier ce parti qui en a bien besoin. Et en cas d'échec, il en aurait fondé un autre. Mais l’ego de Bertrand triomphe toujours du Bertrand démocrate.

Reste qu'il s'est dévoué en s'offrant à nous. Nous espérons que son rival du RN, Sébastien Chenu, aura à cœur de ne pas entraver la marche lumineuse de Bertrand en route vers la France et qu'il retirera sa candidature. Et puisque nous avons parlé de De Gaulle, nous invitons Bertrand à méditer une célèbre citation du Général. Voyant un mur où s'affichait en grosses lettres « mort aux cons », De Gaulle lâcha « vaste programme ».

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