Vers un conservatisme à la française : ce 3ème pôle qui émerge à droite | Atlantico.fr
Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
Politique
Marion Marechal prononce un discours lors de la "Convention de la Droite", à Paris, le 28 septembre 2019.
Marion Marechal prononce un discours lors de la "Convention de la Droite", à Paris, le 28 septembre 2019.
©Sameer Al-Doumy / AFP

Droite d’après 

Vers un conservatisme à la française : ce 3ème pôle qui émerge à droite

Le ralliement potentiel de Marion Maréchal à Eric Zemmour pourrait marquer un tournant dans la recomposition de la droite nationale et plus largement à droite. Un troisième centre de gravité pourrait-il naître à droite ?

Christophe Boutin

Christophe Boutin est un politologue français et professeur de droit public à l’université de Caen-Normandie, il a notamment publié Les grand discours du XXe siècle (Flammarion 2009) et co-dirigé Le dictionnaire du conservatisme (Cerf 2017), le Le dictionnaire des populismes (Cerf 2019) et Le dictionnaire du progressisme (Seuil 2022). 

Voir la bio »

Atlantico : Marion Maréchal a annoncé ce vendredi vouloir refaire de la politique et “pencher” vers Eric Zemmour plutôt que vers Marine Le Pen. Ce ralliement potentiel pourrait-il marquer un tournant dans une recomposition de la droite nationale et plus largement de la droite ?  

Christophe Boutin : Ce ralliement potentiel n'est pas en soi une grande surprise, il faut bien le dire. Dès son élection aux législatives de 2012, Marion Maréchal a cherché à représenter au sein du Front national d’alors un courant conservateur. Mais elle n’était pas en phase avec les attentes de l'équipe dirigeante, qui, dans sa logique de regroupement de la France du « non », c'est-à-dire de tous ceux, souverainistes de droite comme de gauche, qui s'étaient opposés au traité européen en 2005, considéraient cette approche comme contre-productive.

Mais Marion Maréchal a toujours considéré qu’avant même peut-être de se battre pour cette souveraineté à refaire, il fallait se poser la question de savoir qui devait redevenir souverain : à quoi bon en effet la souveraineté si elle est celle d’un groupe fragilisé par des oppositions internes majeures ? C'est toute la question de la primauté de la question identitaire que posait la jeune parlementaire dès cette époque.

Quelques années plus tard, la même Marion Maréchal s’écartait de la politique pour se lancer dans la création d'une école. Là aussi, les choix n'étaient pas neutres. Considérant que les élites françaises étaient plutôt déformées que formées par les idéologies qui dominaient dans leurs filières de formation, elle avait vu venir les délires « woke » et souhaité créer sa propre structure d'enseignement supérieur. C’est donc la même logique, métapolitique, pour laquelle la reconquête du pouvoir passe avant tout par le combat des idées.

À Lire Aussi

Marion Maréchal : "Au nom de la défense de la démocratie, nous sommes en train de renoncer à la liberté"

Retrouver et diffuser les principes et les valeurs fondant l’identité nationale comme indispensable préalable pour changer de politique, on aura remarqué la convergence entre ce « gramscisme de droite » et les thèses d’Éric Zemmour. Il était donc logique que les deux se rencontrent, comme ils s'étaient d'ailleurs rencontrés lors de la Convention de la droite (2019), moment fort de la réunion d’une droite conservatrice qui vit, pourrait-on dire, l'acte de naissance en politique d'Éric Zemmour.

Un apport aujourd’hui ? Il est certain que Marion Maréchal a conservé une excellente image. Manifestement intelligente, ayant un discours très construit, sachant jouer des médias, assumant des choix très affirmés, ne cherchant pas systématiquement le conflit et n’ayant pas comme seul but de se conserver une place au soleil, elle apporte une certaine fraîcheur. Sa personnalité peut pousser d’autres personnes à suivre le même chemin. Mais son poids est d’ores et déjà tel que ce ralliement qu'elle pourrait faire - car elle ne l'a pas encore fait – ne peut déboucher qu’à sa participation au premier rang dans cette nouvelle offre partisane qui contribuerait à la reconstruction d'une droite en France, et il va falloir que chacun trouve sa place .

Un troisième centre de gravité pourrait-il naître à droite ? Avec Valérie Pécresse, Eric Zemmour et Marine Le Pen incarnant trois offres politiques distinctes, quels clivages pourraient alors structurer les droites ?

Nous sommes effectivement très certainement en train de voir naître une troisième composante de la droite, à côté des deux existantes, celle des Républicains et du Rassemblement national – un créneau qu’avaient tenté de prendre des personnalités comme Jean Lasalle ou, surtout, Nicolas Dupont-Aignan, sans y parvenir.

À Lire Aussi

Souhait d’alliance LR, RN, Zemmour : le sondage exclusif qui pourrait ébranler la droite

Certains parleront d’un retour à la vieille distinction de René Rémond entre trois droites différentes : la droite légitimiste, foncièrement contre-révolutionnaire ; la droite orléaniste, beaucoup plus proche des libéraux ; la droite bonapartiste enfin, celle d’un pouvoir fort reposant sur le suffrage universel. Une division qui a parfois été contestée, notamment quand il devenait très difficile de qualifier le FN (légitimiste en mœurs – encore que… -, bonapartiste en institutions et orléaniste en économie) ou LR (avec une base légitimiste et bonapartiste et des élus ouvertement orléanistes).

Mais il semble aujourd’hui possible de distinguer trois droites différentes, qu'incarneraient les trois personnes que vous évoquez.

Valérie Pécresse, représente de manière quasiment pure une droite progressiste, à vocation centriste – on le voit avec ses alliances -, européiste, libérale dans tous les sens du terme - en économie, acceptant les principes de la mondialisation, mais aussi sur le plan des mœurs, en faisant droit aux revendications des diverses minorités. En ce sens, elle retrouve un certain nombre des éléments du discours d'Emmanuel Makro, et les deux, la gauche progressiste de Macron et la droite progressiste de Valérie Pécresse, auraient vocation à occuper le centre de l'échiquier politique français, repoussant le plus possible leurs opposants aux extrêmes, et alternant au pouvoir pour y mener des politiques assez semblables.

La deuxième droite, représentée par Marine Le Pen, pourrait être qualifiée de droite populiste. En Europe occidentale de nos jours - car les choses ont pu être différente à une époque en Russie, ou à une autre en Amérique du Sud -, le populisme est avant tout la réaction viscérale de peuples qui sentent que les élites appliquent une politique qui n’a plus rien de commun avec leurs attentes, qui en vient même à les menacer directement dans leur survie, et qui aimeraient « reprendre la main ». La base populaire regroupée derrière Marine Le Pen, et dont on voit bien la réalité dans les sondages - avec d’ailleurs de nombreux transfuges de la gauche, qui estiment que cette dernière les a abandonnés au profit d'autres populations récemment présentes sur le territoire -, relève de cette catégorie.

À Lire Aussi

Pécresse, Zemmour, Le Pen (et Maréchal…), cette petite finale post présidentielle qui agite la droite et la droite nationale

Éric Zemmour, enfin, incarne cette droite conservatrice… dont n’ont pas voulu les deux autres. On ne dira en effet jamais assez que, comme l’explique lui-même l’essayiste, il n’est entré en politique que pour combler un vide. Nous avons vu, en évoquant Marion Maréchal, le cas du RN, qui a écarté ce que cette dernière avait vocation à incarner dans ses rangs. De l'autre côté, chez les Républicains, la ligne conservatrice, qui vient de se manifester avec les résultats d’Éric Ciotti à la primaire, mais dont on avait aussi vu la puissance avec l'arrivée sur le devant de la scène de François Fillon en 2017, toujours utilisée à des fins électorales, a aussi toujours été systématiquement roulée dans la farine, de Jacques Chirac à Valérie Pécresse, en passant bien sûr par Nicolas Sarkozy. Ce n’était pas grave, pensait-on : l’impossibilité de voter pour le diable extrémiste et l’absence d’une autre offre condamnait l’électeur conservateur à adouber des élus progressistes.

La nouveauté, c’est donc qu’Éric Zemmour, en osant franchir le pas, et grâce à sa personnalité et à son audience, a suscité un tel élan que les conservateurs déçus des deux bords le rejoignent : avant Marion Maréchal, il y eut le ralliement de l’ancien « Sens commun », devenu… le « Mouvement conservateur », branche conservatrice de LR qui n’a plus supporté la situation, ou celui de Jean-Frédéric Poisson, conservateur chrétien qui préside Via - La voix du peuple.

De quoi s’agit-il ? D’un simple rassemblement de seconds couteaux, d’aigris, de laissés pour compte ? Des manœuvres politiciennes de ceux qui trouvent l’herbe – potentiellement – plus verte dans le champ d’à côté ? Ou, au contraire, de ce sentiment partagé que la situation est grave pour le pays au point qu’il faille casser les cadres et oser transgresser les interdits ? Personne ne niera que, dans le lot, il y a dans doute des ralliements intéressés, mais on ne peut que remarquer, en termes d'histoire des idées politiques, que le mouvement vient ici combler un manque, celui d’une véritable force conservatrice.

Or celle-ci est effectivement indispensable, car la doctrine, la doxa au pouvoir, celle du pouvoir politique, mais celle aussi du pouvoir culturel – médias, enseignement -, représentée et assumée par l’actuel président de la République, est la doxa progressiste. Un progressisme en face duquel le conservatisme est le seul à présenter une doctrine construite, des éléments d’opposition dans tous les domaines, une sensibilité politique différente. Mais encore faut-il pour cela en définir très clairement les contours.

De quelles manières les résultats des élections présidentielles pourraient-ils faire tanguer les partis établis que sont  LR et le RN ? Faut-il plutôt scruter les chiffres de législatives pour comprendre ce que sera la droite post 2022 ?

Exercice difficile de politique–fiction que celui que vous me proposez là, mais tentons-le. Je pense d’abord qu'il faut certes imaginer l'impact du premier tour des élections présidentielles, mais, vous avez tout à fait raison, se projeter aussi au-delà, et imaginer ce qui pourrait advenir au moment des législatives, et même après, pendant le quinquennat qui vient. Car la restructuration à laquelle nous assistons va demander plus que quelques mois.

Le premier tour des présidentielles d'abord. Le représentant de l’un de ces trois courants de droite que nous avons évoqués, Valérie Pécresse, Éric Zemmour et Marine Le Pen, a aujourd'hui de fortes chances de se retrouver face à Emmanuel Macron au second tour. Écartons ici l'hypothèse de leur éventuelle victoire alors, pour n'examiner que l'impact du premier tour.

Les choses sont ici plus dangereuses pour le parti de Valérie Pécresse. Elle dispose de la structure politique la plus conséquente, avec le plus grand nombre d'élus, aussi bien au niveau national qu'au niveau local, et est donc attendue au tournant. Mais elle et son parti sont aussi les moins éloignés d’Emmanuel Macron - on l'a bien vu avec les transfuges de 2017. Si donc Valérie Pécresse ne se retrouvait pas au second tour de l'élection présidentielle, et ce qu’elle soit deuxième ou troisième de ce trio de droite, un doute existentiel pourrait agiter un certain nombre de cadres LR, qui pourraient estimer préférable de quitter le navire, soit, pour certains – dont peut-être la candidate elle même -, pour rallier les rivages de la macronie, soit, pour d'autres, pour tenter une alliance avec ce parti émergent que serait Reconquête. Reconquête devra se poser sérieusement la question de savoir, parmi ces chevaux de retour, ceux qui lui seraient utiles et ceux qu’il ne faudrait surtout pas récupérer.

Pour Marine Le Pen, les choses pourraient être moins tendues, car le RN ne disposant pas d'autant d'élus il fait encore figure d'outsider, et l’on n'attend pas nécessairement de lui les mêmes résultats. Mais on a un peu l'impression que, pour la présidente du Rassemblement national, c'est la dernière chance, et on a cru comprendre que, dans l'hypothèse d'un échec, elle pourrait céder la direction du parti - vraisemblablement après les législatives, pour ne pas risquer le célèbre « effet Jospin » de 2002. Reste qu’au-delà du devenir propre de sa présidente, c’est tout le parti qui sortirait fragilisé si, non seulement, elle n’est pas présente au second tour, mais encore si elle est aussi doublée par Éric Zemmour. Le départ de cadres proches des idées conservatrices, mais qui ont choisi de rester au RN par fidélité, et ce alors même que la petite équipe au pouvoir ne leur laisse que bien peu de marge, pourrait alors très bien avoir lieu entre la présidentielle et les législatives, là aussi en direction de Reconquête.

Celui qui a donc le moins à perdre dans ce premier choc de la présidentielle, c'est Éric Zemmour. Même si, effectivement, les médias le mettent haut et qu’il se retrouve nettement plus bas, la question du maintien du soutien de ceux qui sont maintenant derrière lui ne se pose pas : même après un échec à la présidentielle il n’y aura qu’un coup d’arrêt modéré, et tout le monde aura à cœur de reprendre l’élan donné en vue des législatives.

Se pose alors, dans ce passage de la présidentielle aux législatives, la question non plus de la fidélité des cadres, mais de celle des électeurs. Et cette fois c’est pour Éric Zemmour que le risque est le plus grand, et pour LR qu’il est moindre, car le fait de disposer d’élus connus et reconnus est un avantage, dont ne disposera qu’à la marge Reconquête avec des ralliés. Cela a l’air d’une banale évidence, mais effectivement, mieux Zemmour sera placé au premier (et second ?) tour de la présidentielle, et plus ses candidats engrangeront des voix au premier (et second ?) tour des législatives.

Mais les choses ne sont pas forcément plus simples pour Valérie Pécresse si elle est deuxième – ou troisième ! – au premier tour de la présidentielle. On a évoqué en effet le risque d’implosion d’un parti dont certains cadres rejoindraient LREM, ou, au moins, la majorité macronienne, et d’autres Reconquête, pour sauver leurs sièges. Certes, l’électeur est fidèle. Certes, pour l’instant – et c’est d’ailleurs pourquoi cet assemblage de bric et de broc, mêlant des gens qui, idéologiquement, ont fort peu à partager, tient encore – LR est une bonne boutique électorale. Mais si Zemmour est devant Pécresse, un doute sera sans doute permis chez les électeurs dans certaines circonscriptions. Quant au RN, les électeurs pourraient se lasser d’un système où leur fidélité ne leur apporte rien en terme d’élus, et eux aussi se laisser séduire par une offre nouvelle.

C’est dire si tirer des plans sur les résultats est incertain. Après les législatives, nous aurons en tout cas une idée plus claire de l’état des forces politiques en présence. Pas uniquement d’ailleurs en tenant compte du nombre d'élus obtenus par chacune des trois formations, la « prime au sortant », dont, par définition, ne bénéficie pas Reconquête et peu le RN jouant son rôle, comme le mode de scrutin, avec ce vote majoritaire par circonscription leur profitant aussi. Il faudra en fait analyser l'évolution des scores obtenus par les trois formations entre le premier tour de la présidentielle et celui des législatives pour déceler les dynamiques à venir.

Cette troisième offre pourrait-elle se pérenniser ?

Logiquement, durant le reste du quinquennat, le discours conservateur comme la formation politique qui l’appuie vont se structurer, et sur ce dernier plan l’apport à Éric Zemmour de Marion Maréchal, Jean-Frédéric Poisson ou d’autres, pourrait être important. Il faut en effet donner un nom à l’anti-progressisme, un nom qui nous semble être le conservatisme, et qu’il faudrait alors expliciter pour le sortir de l’image d’Épinal d'idéologie d'une bourgeoisie nantie qui voudrait continuer à profiter de ses privilèges.

Dans la France de 2022, le conservatisme intéresse en effet tous ceux qui ressentent un sentiment de déclassement, qui estiment qu’ils sont jetés malgré eux dans un monde qui n’est plus le leur, qu’ils ne souhaitent ni pour eux ni pour leurs enfants, et qui veulent donc « conserver » un état des choses antérieur. Or ce n’est pas le fait d’une bourgeoisie nantie, celle des métropoles, qui sort financièrement gagnante de la mondialisation. Entre financiarisation économique, nomadisation – dès que la crise sanitaire le permettra à nouveau – pour le travail comme pour les loisirs, libération des désirs, marchandisation du monde et rêves transhumanistes, cette « upper class » ne peut que se retrouver dans ce progressisme que portent  Emmanuel Macron et, de manière à peine différente, Valérie Pécresse.

La demande conservatrice, elle, est portée par tout le reste de la société autochtone : par les catégories socioprofessionnelles les plus faibles, d’autant plus corvéables à merci qu’elles sont concurrencées par une immigration galopante ; par une moyenne bourgeoisie qui est la vache à lait du système, trop riche pour recevoir des aides, trop pauvre pour bénéficier de l’optimisation fiscale ; par les anciennes élites dépossédées par les parvenus pour avoir cru à leurs valeurs ; par tous ceux qui ne connaissent de la discrimination positive que l’aspect négatif, - voyant leurs enfants écartés des postes et leurs collectivités des aides ; par tous ceux qui subissent le « deux poids deux mesures » dans l’application de la norme, punis sans pitié au premier manquement quand d’autres sont bien vite excusés de leurs violences.

De cela, même Valérie Pécresse a bien conscience, ou du moins les plus intelligents de ses soutiens, qui lui ont fait signer dans Le Figaro une tribune dans laquelle, autour des questions d'héritage et de transmission, elle tenait un discours éminemment conservateur. Mais on ne fédèrera pas ainsi des conservateurs aussi variés et qui s’ignorent. Pour faire prendre conscience au syndicaliste EDF qui défend l’entreprise d’État et se croit « de gauche » et au petit retraité qui se veut « de droite », au paysan qui tente de subsister sans céder au tout chimique et qui pour cela se croit « écologiste » comme au petit industriel qui met en oeuvre une nouvelle technologie et se veut donc « moderniste », à l’enseignant devenu prolétaire intellectuel et au commerçant qui n’est plus indépendant, qu’en fait ils attendent la même chose : continuer à vivre selon les mêmes règles claires, simples, logiques, non en les figeant, mais en les adaptant prudemment aux temps nouveaux, pour tout cela il faudra plus que des programmes auxquels plus personne ne croit, et plus même qu’un homme, quand bien même le verrait-on providentiel.

Et c’est ici, pour fédérer ce courant conservateur, pour prouver à ces catégories différentes, qui se sont souvent regardées en chiens de faïence, qu'aujourd'hui elles ont à faire un parcours commun, qu’elles doivent s'allier, non seulement parce que leur survie en dépendrait et qu’il le faudrait – ce qui est effectivement le cas -, mais, au-delà, parce qu’elles ont une approche commune de l’existence, que le conservatisme doit retrouver le populisme. On ne les fédèrera en effet qu’en leur donnant directement la parole, qu’en leur posant des questions ou en leur permettant d’en poser et, au-delà, en respectant leur réponse. C’est en constatant sur le terrain politique leur accord que ces catégories comprendront qu’elles ont des attentes semblables et des rejets communs.  Si les Gilets jaunes ont été un moment de ces retrouvailles, leur revendication d’un référendum d’initiative populaire est la traduction institutionnelle de ce mouvement. Sans sa mise en oeuvre, le conservatisme ne pourra s’opposer à un progressisme dont les moyens d’action – et il n’est que de voir comment il use de la crise sanitaire – connaissent une croissance exponentielle.

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !