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Un héros allemand aux portes du goulag et la légendaire - mais maudite - équipe de Hongrie : les histoires insolites de la Coupe du monde 1954
©STAFF / AFP

Bonnes feuilles

Un héros allemand aux portes du goulag et la légendaire - mais maudite - équipe de Hongrie : les histoires insolites de la Coupe du monde 1954

Savez-vous que le premier but de l’histoire de la Coupe du Monde de football a été marqué par un français en 1930 ? Que le plus jeune footballeur à avoir participé à la compétition avait seulement 17 ans ? Que le Trophée est composé de 5 kilos d’or, et qu’il a été caché dans une boîte à chaussure pendant la guerre pour échapper aux Nazis ? Extrait de "Histoires insolites de la coupe du monde" de Frédéric Veille, publié chez City Editions (1/2).

 Frédéric Veille

Frédéric Veille

Frédéric Veille est grand reporter à RTL où il commente notamment les grands matchs de foot. Il est également l’auteur de plusieurs documents d’actualité qui sont devenus des best-sellers.

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Les chaussures d’Adolf

La sélection hongroise de 1954 est sans nul doute l’une des plus belles équipes de l’histoire du football sous la houlette de son génial entraîneur Gusztáv Sebes. Mais si la Hongrie vient de perdre la finale du Mondial, c’est certainement que ses joueurs étaient moins bien chaussés que leurs adversaires. Ce jour-là, et sous une pluie battante, les Allemands ont en effet inauguré des chaussures à crampons vissés conçues par Adolf Dassler, fondateur avec son frère Rudolph de la marque Adidas.

Coureur de jupons

Ce 4 juillet 1954 et déjouant tous les pronostics, la RFA remporte la Coupe du monde aux dépens de la Hongrie. L’un des meilleurs joueurs du monde des années 1950 à son poste, le milieu de terrain récupérateur József Zakariás, n’a rien pu faire pour contrer les vagues allemandes. Il faut dire qu’il n’était pas dans son meilleur jour. Peut-être un peu fatigué ! 64 Histoires insolites de la coupe du monde Suisse – 1954 65 En effet, la veille, il avait été surpris en train de braver le couvre-feu instauré par son coach… pour profiter de la compagnie d’une femme de chambre… Cette incartade était parvenue jusqu’aux oreilles de Gusztáv Sebes. Sebes, pour ne pas déstabiliser son effectif, avait alors décidé de maintenir Zakariás au milieu de terrain malgré ses escapades romantiques. Une idée qu’il regretta sans doute au sortir de cette finale perdue, son milieu de terrain étant considéré comme l’un des responsables de « l’impossible » défaite des Hongrois. Ce match sera le dernier de Zakariás en sélection nationale : il ne sera plus jamais sélectionné par la suite, payant certainement sa petite virée nocturne.

À deux doigts du goulag

Héros de la finale de Berne, le capitaine allemand Fritz Walter brandit le trophée de la Coupe du monde. Belle récompense pour ce milieu gauche de la sélection germanique qui avait pourtant été mobilisé comme fantassin en 1942, envoyé sur le front, puis fait prisonnier par l’Armée rouge et interné dans un camp en Roumanie pour y être déporté dans un goulag. Mais il fut reconnu par un soldat hongrois avec qui il avait joué au football. Ce dernier l’avait fait passer pour un Autrichien enrôlé de force dans la Wehrmacht, ce qui lui a permis de rentrer chez lui en octobre 1945 et de reprendre sa carrière professionnelle à Kaiserslautern. Revenu au sein de la Mannschaft après 10 ans d’exil forcé, il est donc l’un des artisans de ce titre qu’il conquiert avec son frère, l’attaquant Ottmar Walter, lui aussi champion du monde.

Puskás aux deux couleurs

Ferenc Puskás, celui que tout le monde surnomme le major galopant, n’est pas sacré champion du monde. Mais deux ans plus tard, sa vie bascule. Celle de son pays aussi. Capitaine du Budapest Honvéd, il part jouer à Bilbao un match de coupe d’Europe. Ce même jour, les chars russes entrent dans Budapest. Puskás et ses coéquipiers décident de ne pas rentrer au pays. L’attaquant hongrois s’exile pendant 15 mois dans un camp de réfugiés à Vienne. On pense sa carrière brisée, mais un ami croit encore en lui et le fait venir en Espagne, au Real de Madrid. Puskás reprend goût à la vie, arrête l’alcool, perd les 20 kilos qu’il avait pris et redevient le buteur qu’il était. Adopté par son nouveau club, redevenu un grand d’Europe, naturalisé Espagnol, Puskás est alors convoqué par le sélectionneur espagnol pour participer à la Coupe du monde 1962 au Chili. Malheureusement, l’Espagne est éliminée dans les phases de poule. Ferenc Puskás, finaliste malheureux de la Coupe du monde 1954 sous le maillot hongrois, ne sera pas plus chanceux sous les couleurs espagnoles huit ans plus tard.

Extrait de "Histoires insolites de la coupe du monde" de Frédéric Veille, publié chez City Editions

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