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La semaine dernière l'UMP a accueilli 2 600 nouveaux adhérents
La semaine dernière l'UMP a accueilli 2 600 nouveaux adhérents
©Reuters

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UMP : 2 600 nouveaux adhérents en une semaine : qui sont-ils et que viennent-ils y chercher ?

L'ancien parti au pouvoir, après un relatif désamour des militants, semble reprendre des forces face aux déboires de la majorité emmenée par François Hollande. Un fait qui en dit long sur la nature même du rapport de forces dans la politique française.

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Benoît de Valicourt

Benoît de Valicourt s’inscrit dans la tradition du verbe et de l'image. Il travaille sur le sens des mots et y associe l'image réelle ou virtuelle qui les illustre. Il accompagne les acteurs du monde économique et politique en travaillant leur stratégie et leur story-telling et en les invitant à engager leur probité et leurs valeurs sur tous les territoires. 
 
Observateur de la vie politique, non aligné et esprit libre, parfois provocateur mais profondément respectueux, il décrypte la singularité de la classe politique pour atlantico.fr et est éditorialiste à lyonmag.fr
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Atlantico : L'UMP a enregistré un important nombre d'adhésions sur ce début d'année avec 88 000 adhérents à jour de cotisations et 2 600 adhérents supplémentaires rien que sur la semaine dernière. Comment expliquer les raisons d'un tel engouement ?

Benoît de Valicourt : S’agit-il d’un réellement engouement ou d’une réaction épidermique à la politique socialiste ? Il y a bien entendu des femmes et des hommes qui adhérent parce qu’ils partagent les idées de l’UMP ou du moins des idées de l’UMP car il semble que le discours du principal parti d’opposition manque de clarté. Et puis, il y a tous ceux qui, n’acceptant pas la politique du gouvernement, pensent qu’en adhérant à l’UMP ils permettront à l’opposition de se renforcer et de combattre les idées qu’ils abhorrent. C’est par exemple le cas dans une frange de la jeunesse qui a été très mobilisée contre le mariage pour tous ou chez les seniors qui ont cru que la famille volerait en éclat avec la loi Taubira. Ces adhésions spontanées seront-elles confirmées lors de leur renouvellement ? Rien n’est moins sûr, car passé les grandes manifestations contre un sujet, il y a fort à parier que la mobilisation et donc les vagues d’adhésion retomberont. Sauf bien entendu à ce que le gouvernement prenne à nouveau le risque de cliver la société mais il semble que la volonté de Monsieur Manuel Valls soit toute autre.

Peut-on se faire une idée du profil de ces nouveaux adhérents ? Que viennent-ils trouver dans l'ex-parti présidentiel ?

Ces nouveaux adhérents sont souvent jeunes et c’est rassurant car cela montre qu’une partie de la jeunesse se mobilise pour son avenir. Ne dit-on pas qu’à 20 ans on a l’âge de la passion et à 40, l’âge de la raison ? Ils sont aussi âges car il y a à l’UMP un culte du Général de Gaulle qui fait vibrer nombre de Français même s’ils ne savent pas exactement quel est le Général de Gaulle auquel le parti de Jean-François Copé fait référence, celui de la Libération, celui de 1958, celui de 1962 ou celui de 1968 ? Certes le Général de Gaulle est une valeur sûre mais il semblerait qu’elle l’idée du gaullisme soit galvaudée.

Il y a aussi tous les sarkozystes choqués par l’acharnement judiciaire dont fait l’objet l’ancien Président de la République. Enfin, il y a tous les gentils donateurs qui se transforment en adhérents ! Par exemple, suite à la grande souscription lancée par l’UMP après l’invalidation des comptes de campagnes, le parti de droite avait enregistré un grand nombre d’adhésion car la souscription était rédigée d’une telle façon que l’adhésion était presque automatique sans un peu d’attention. Cependant il faut relativiser ces chiffres car au regard de la population et du corps électoral, ils ne représentent pas grand-chose.

Quels enseignements peut-on en tirer sur l'évolution des rapports de force au sein de l'UMP ? 

Quand un citoyen adhère à l’UMP, il ne choisit pas le courant d’idées qui lui correspond le mieux. Il adhère à un parti « unifié » et lors des congrès, les militants expriment une position plus affinée et aujourd’hui six mouvements « idéologiques » cohabitent sans compter la myriade de micro-partis qui sont souvent pour leur président, une tribune et une source de financement pour leurs bonnes œuvres. Il semble que l’UMP, notamment depuis l’indépendance de l’UDI, défende davantage l’idée d’un souverainisme conservateur que celle d’un progressisme libéral. Le FN n’est pas étranger à cette droitisation car le parti familial incarnerait presque avec Marine Le Pen, le RPR de Pasqua !

Le Front National et l'UDI ont eux aussi enregistré d'importantes progressions depuis l'élection de François Hollande. Peut-on parler d'une simple mécanique d'alternance ou s'agit-il d'une réelle poussé des droites sur la scène politique ?

La droite est majoritaire dans le pays ! La victoire de la gauche est souvent la conséquence d’une crise identitaire de la droite et de depuis 1968 quand la droite incarnée par le Général de Gaulle n’a pas su comprendre les aspirations de la jeunesse et d’une grande majorité de la société. La droite souffre d’un complexe de supériorité et elle se comporte souvent comme un enfant gâté qui peut casser son jouet par caprice ! Les résultats de l’élection présidentielle de 2012 sont bien le rejet d’une droite qui ne savait pas se positionner et non l’engouement des Français pour François Hollande. Preuve en est, et on ne le dit pas assez, le Président de la République a été élu avec 48,63% des votants alors que Nicolas Sarkozy avait été élu avec 50,84% des votants.

Il n’y a pas à proprement parlé d’une réelle poussée de la droite puisqu’elle est majoritaire, il y a cependant une mécanique d’alternance qui se traduit par la progression des adhésions des partis de droite qui d’ailleurs ne semblent pas proportionnelles aux résultats des dernières élections. Il est peut-être temps que la droite se recompose et que deux grands courants puissent proposer une réflexion sur la société de demain. Faut-il qu’il y ait un progressisme libéral et un souverainisme conservateur comme il peut y avoir une gauche social-démocrate voire social-libérale face à une gauche populaire républicaine. Assistons nous finalement à la transformation de la bipolarisation de la politique française en quadripolarisation ?

 

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