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La télévision sera connectée, 
hybride... ou ne sera pas
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Télé 2.0

La télévision sera connectée, hybride... ou ne sera pas

Le concurrent le plus sérieux de la télévision, aujourd'hui, c'est Internet? Mais s'ils pouvaient cohabiter ? C'est déjà le cas, au point que l'avenir de la télévision semble vraiment passer par le Web. C'est le 4ème épisode de notre feuilleton sur la télévision numérique...

Jean-Noël Dibie pour Culture-Tops

Jean-Noël Dibie pour Culture-Tops

Docteur en droit, Jean-Noël Dibie a une très longue expérience de l'audiovisuel et des médias : directeur de la SFP (Société française de production), responsable des affaires européennes à France Télévision, conseiller du directeur général de l'UER (Union européenne de radio-télévision). 

Aujourd’hui consultant, il s’investit dans les activités de recherche, notamment au sein d’EUROVISIONI, et d’enseignement (président du conseil pédagogique de l’EICAR, l’Ecole des métiers du cinéma de l’audiovisuel et des nouveaux médias, et chargé de cours à l’EDHEC).

Jean-Noël Dibie est l'auteur d'un A-book en six parties paru en 2014 sur Atlantico éditions : Communication politique, le plus vieux métier du monde

 

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Dans l’univers convergent de la communication électronique, la technologie multiplie services et terminaux vidéo, mais l’appétence du public en installe les usages. La généralisation du haut débit, de pair avec la baisse des coûts de la bande passante, a fait le succès de deux nouveaux modes de consommation des œuvres audiovisuelles : la télévision de rattrapage (Catch up TV) et la télévision à la demande (VOD).

La première donne accès à l’essentiel des programmes d’une chaîne dans les jours suivant leur programmation. La seconde permet de regarder des films et des programmes téléchargés en ligne à partir de vidéothèques numériques. Inquiets de voir les «vidéospectateurs» regarder leurs programmes sur ordinateurs, tablettes, Smartphone et autres box IP, les radiodiffuseurs ont entrepris, en développant la norme HbbTV, d’installer la «télévision hybride», qui leur permet d’organiser les flux d’Internet sur les téléviseurs. Pour autant certains ont, parallèlement, passé des accords avec des fabricants de téléviseurs connectables à Internet, qui permettent d’accéder simultanément aux programmes de la télévision et aux services du Net.

La « télévision connectée», dont il convient encore d’harmoniser les systèmes d’exploitation, comme la «télévision hybride», sont encore à construire. Néanmoins, ces deux technologies soulignent l’affrontement entre professionnels de l’audiovisuel et du Web. Affirmer que «la télévision connectée» est la télévision de demain, c’est oublier que les opérateurs proposent et les utilisateurs disposent. Il n’est pas contestable que la «télévision connectée» peut, notamment, dynamiser l’information, relancer les directs, développer des comportements participatifs, ou permettre des magazines en ligne intégrant écrits, vidéo, son, images photographiques, dessins … Or ces possibilités sont également offertes par la  «télévision hybride».

L’espace multidimensionnel de la télévision et de l’Internet est encore à construire. Les industriels fabricants de téléviseurs y voient l’opportunité de relancer leurs ventes et d’accéder au marché des applications. Les agrégateurs du Net souhaitent capter les recettes publicitaires des radiodiffuseurs, à l’exemple de Google avec «Google TV» . Cette plateforme de programmes de télévision et de services de l’Internet se veut un espace ouvert, ce que permet le navigateur Chrome et le système d’exploitation Androïd. Pour autant, derrière cet altruisme transparaissent les ambitions commerciales du géant de l’internet, dont le développement va de pair avec la croissance de ses recettes publicitaires.

L’environnement ouvert de la «télévision connectée» menace l’économie de la création et de la production des contenus de la télévision, contrainte mais aussi protégée par la rigidité d’un cadre réglementaire auquel échappe le monde de l’Internet. La probable confusion des marchés publicitaires de la télévision et de l’Internet inquiète les acteurs traditionnels de l’industrie des programmes - auteurs, producteurs et diffuseurs. Ils craignent que les radiodiffuseurs, faute de ressources, ne soient plus en mesure de financer la production en amont de la diffusion. Ils sont aussi inquiet de la remise en cause des règles de l’exclusivité et de la chronologie des médias, difficilement applicables dans un environnement ouvert. Toutefois, les opérateurs de contenants ont besoin de programmes pour exercer leur activité. Aussi vont-ils être contraint de se rapprocher des industries de programmes sous peine de voir le public, habitué à une offre attractive, se détourner de réseaux leur proposant les seuls contenus de niche du web.

Sans préjuger de l’avenir de la «télévision connectée» ou de la «télévision hybride», il est urgent de permettre aux univers de la télévision et de l’internet de coexister dans un espace pluridisciplinaire ouvert aux flux de programmes comme aux services de l’internet. C’est là un challenge qui passe par une «refondation» de la télévision de service public dans une approche nationale et globale. La pratique montre que le public adhère d’autant mieux aux services globaux que ceux-ci sont complétés par des programmes nationaux.  

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