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Sophie de Menthon, présidente de l'organisation française Ethic, lors d'une conférence de presse à Paris, le 22 mars 2016
Sophie de Menthon, présidente de l'organisation française Ethic, lors d'une conférence de presse à Paris, le 22 mars 2016
©THOMAS SAMSON / AFP

Les candidats passés au crible

Sophie de Menthon : « Gaspard Koenig est probablement le candidat 2022 qui comprend le mieux les enjeux concrets des entreprises »

Le mouvement Ethic, présidé par Sophie de Menthon, a envoyé à l'ensemble des candidats à la présidentielle un questionnaire dans le but d'en savoir davantage sur leur vision du monde de l'entreprise

Sophie de Menthon

Sophie de Menthon

Sophie de Menthon est présidente du Mouvement ETHIC (Entreprises de taille Humaine Indépendantes et de Croissance) et chef d’entreprise (SDME)

Voir la bio »

Atlantico : Vous  avez reçu un certain nombre de candidats à la présidentielle pour leur poser des questions sur l’entreprise lors d’une interview. Vous leur avez aussi soumis un questionnaire écrit. Quelle était la philosophie de votre démarche ?

Sophie de Menthon : Nous avons reçu, avant tout le monde, les candidats à la présidentielle. Pour certains, nous n’avons pas encore trouvé de date (Jadot et Roussel), tandis que Mélenchon et Taubira ont refusé. Je souhaitais leur poser des questions précises sur l’entreprise. Trop souvent, ils font des réponses floues et idéologiques. Pour être plus précis encore nous leur avons soumis un  questionnaire il y a plusieurs semaines, sans lien avec leur passage en débat en face à face .Les réponses en revanche  ont été écrites  par leur équipes économiques , cela apparaît clairement

Quels sont les principaux points notables observés via ces questionnaires ?

D’abord, il y avait quelques divergences entre les propos tenus par les candidats et leurs réponses au questionnaire . Par ailleurs, nous avions reçu Eric Zemmour avant même sa déclaration de candidature, en novembre. A ce moment-là, son discours économique était très succinct . Son questionnaire  reçu ultérieurement est bien meilleur ! et il a vraiment changé sur certains propos, il est devenu plus pro-entreprise et libéral alors qu il était apparu très étatiste. Cela prouve qu’il a travaillé et appris. Il me l’a lui  même confirmé  en répondant à un SMS l’interrogeant sur son changement de ton : « Tout me nourrit et m’enrichit. Je ne suis pas obtus et j’essaie d’être le plus pragmatique possible ».a t il réagi.

C’est aussi a Ethic que Marine le Pen est revenue sur la retraite à 60 ans en introduisant la pénibilité.  De même, Valérie Pécresse at elle  annoncé la baisse des impôts de production devant les adhérents. 

Dans les questionnaires, tous les candidats s’accordent pour évoquer l’importance des entreprises dans l’économie. Mais très vite les clivages idéologiques reviennent. Valérie Pécresse se revendique « résolument libérale », Zemmour et Koenig prennent le temps de définir le mot, Marine Le Pen évoque les risques du mondialisme. Hidalgo et Jadot n'évoquent pas le mot.

L’État pour Zemmour ou Pécresse, c’est celui qui prélève trop. Tous les candidats sont embarrassés par le terme « d’État entrepreneur ». Yannick Jadot veut une économie régulée qui a sa liberté… ce qui ne veut pas dire grand-chose. Le flou représente des intérêts contradictoires.  Eric Zemmour a véritablement basculé vers le libéralisme alors qu’il avait déclaré  « sans Colbert vous ne seriez pas là! », désormais il assume une confiance envers les entreprises. Tout comme Marine Le Pen.

C’est moins le cas pour Anne Hidalgo et Yannick Jadot. Sur la relocalisation, Zemmour est celui toutefois qui a le plus conscience de l’ampleur de la tâche et des pistes pour l’envisager. Marine Le Pen est plus dirigiste, Valérie Pécresse reste très assez vague . Gaspard Koenig veut appliquer l’exemple de la Bavière à la France…

Quels sont les points noirs des candidats ? Les sujets dont ils n’ont pas parlé ?

Pas un seul candidat, à l’exception de Gaspard Koenig, n’a compris la question suivante : Que faire de ces salariés sans permis de séjour qui travaillent et qui sont déclarés ? Les chefs d’entreprises sont très troublés de devoir engager (officiellement mais illégalement) des travailleurs sans papiers car il faut, pour que ces derniers obtiennent des papiers, qu’ils aient travaillé 3 ans et présentent 24 bulletins de salaire ! « Comment l’État peut-il imposer une règle totalement schizophrène en contradiction avec l’éthique et la loi ? ». La réponse fut idéologique :il faut arrêter d’employer des sans-papiers et les Français pourront travailler à leur place. C’est ne pas connaître la manière dont fonctionnent ces secteurs. Sans cela, de nombreux emplois importants ne seraient pas pourvus. Chez Ethic, nous pensons qu’il faut donner des permis de séjours à ceux qui sont en CDI. La seule personne à temporiser sur la question a été Marine Le Pen lors de son passage à Ethic.

Sur les conditions de relocalisation, personne n’est capable de l’aborder sous un angle global. Pour relocaliser, selon la commission du mouvement pour la rélocalisation,  il faut recréer une filière du début jusqu’au produit fini. De même, personne n’a abordé la contradiction entre la relocalisation industrielle et les nouvelles normes écologiques.

Le troisième point qui n’a pas été abordé ou pas compris,? c’est « l’État profond » On confond les fonctionnaires, l’administratif, la paperasserie. Personne n’a abordé le statut de fonctionnaires et l’univers qu’ils se sont créé. Souvent, la solution passe parce la proposition de mettre en place un grenelle ou une grande conférence réunisse toutes  les Parties prenantes… vieille méthode dont on est certain de l’inefficacité !L’État profond est un serpent de mer et nous pensons que ceux qui ont créé ce système ne peuvent pas le réformer. Qui va réduire le nombre d’ARS par exemple ? Il y a 1200 agences de l’État et il faut en supprimer le quart. 

Au lieu de ça, on diabolise le privé. 

Anne Hidalgo qui dit qu’elle réussit grâce au dialogue social, Peu annoncent vouloir lutter contre l’État profond, et si oui,  sans dire comment. D’autres ne veulent même pas se soucier du problème. Or, si on veut s’attaquer à l’État profond, il faut un spoil system. Les administrations ont le pouvoir en France, pas un ministre n’est réellement à la tête de son administration.

Selon vos critères et les besoins des entreprises, qui s’en sort le mieux ?

C’est Gaspard Koenig, et d’une certaine manière étonnante Zemmour , comme je vous l’expliquais. On a retrouvé chez lui récemment plusieurs propositions d’Ethic. On espère prochainement recevoir Emmanuel Macron quand il sera candidat et nous lui poseront des questions extrêmement précises sur les détails de la transformation du pays en terme d’efficacité.

Lundi avait lieu la Ref présidentielle du Medef. Qu’en avez-vous pensé ? Les réponses des candidats sont-elles les mêmes que celles faites à Ethic ?

Les candidats ont fait les mêmes réponses. Yannick Jadot que nous n’avons pas encore reçu s’est beaucoup exprimé au medef. Quand je compare avec son questionnaire qu il nous a renvoyé  la substance est la même. Les candidats sont très cohérents. Mais le Medef n’est pas là pour rentrer dans le détail du terrain qu’on vit tous les jours. Il raisonne  plutôt en terme de  macroéconomie , or la micro économie c’est l’univers quotidien de 3 millions d’entrepreneurs .Je considère que c’est le nerf de la guerre économique . Au medef ,  Il n’y a rien eu de très différent, nous sommes dans une démarche complémentaire. …

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