Seriez-vous prêt à mourir pour Mossoul ? | Atlantico.fr
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A Mossoul, l'Etat islamique a pris ses quartiers
A Mossoul, l'Etat islamique a pris ses quartiers
©REUTERS/Stringer

Ah que c'est vilain la guerre !

Seriez-vous prêt à mourir pour Mossoul ?

Sans doute pas. D’ailleurs la question ne vous sera pas posée. Pourtant c’est là-bas aussi que se situent les frontières de la France.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Quand en mai 1939 Marcel Déat écrivit son célèbre article "Mourir pour Dantzig ?" bien peu de Français savaient où se trouvait cette ville. Un vague port sur la Baltique avec le statut hybride de ville libre qu’Hitler voulait arracher au contrôle de la Pologne… Et les Français étaient encore moins nombreux à vouloir se battre pour défendre les prérogatives de Varsovie. C’était loin, compliqué et incompréhensible. En juin 1940 pourtant, ça devint tout près, simple et très compréhensible…

Et Mossoul c’est où ? Loin, compliqué et incompréhensible. Une vague ville du Kurdistan irakien… Mais contrairement à se qui se passait en 1939, nul n’ignore que des barbares y célèbrent des noces sauvages avec le sang. "Mourir pour Mossoul ?" est bien sûr une image de rhétorique. Nul n’envisage un lâché de parachutistes américains et européens sur la cité martyre. Mais au moins sachons reconnaître qui sont nos ennemis pour les combattre quand il le faudra.

Nos ennemis aiment autant la mort que nous aimons la vie. Ils sont prêts à mourir au nom du djihad pourvu que le massacre, béni par un dieu de malheur, puisse s’accomplir. Nous, nous ne sommes pas prêts à mourir pour empêcher le massacre. Ce constat ne vaut pas appel à la guerre. Il illustre seulement l’abîme qui sépare les sociétés occidentales des assassins islamistes. Leur fanatisme les rend forts. Notre rationalisme nous rend faibles.

Et pourtant c’est là (et aussi ailleurs) que se situe la ligne de front du choc des civilisations (encore qu’on soit gêné d’utiliser ce mot pour les tenants du djihad). C’est là-bas que sont nos amis. Les peshmergas du Kurdistan (la seule région plus ou moins démocratique et laïque d’Irak) nous sont plus proches que le Français Mohammed Merah. Les chrétiens arabes irakiens qu’on massacre sont bien plus nos frères que le Français Mehdi Nemmouche. Et les Yézédis qu’on torture et qu’on enterre vivants sont bien plus des nôtres que les djihadistes (français) partis pour la Syrie et pour l’Irak.

Quand on assassine en Irak, c’est nous qu’on assassine, qu’on assassinera un jour… Mossoul est, d’une certaine façon (pas celle du 9-3), la banlieue de Paris. Bien sûr qu’il faut livrer des armes aux Kurdes ! Oui il faut que nos avions décollent pour que les Américains ne soient pas seuls à la besogne ! Oui il faut exiger que soit dénoncée par tous, et surtout par les autorités morales musulmanes, ainsi que le demande le pape, la barbarie qui gagne du terrain et pas qu’en Irak !

Sinon il ne nous restera plus que nos yeux pour pleurer comme l’avait dit le pasteur Niemöller sous le nazisme. "Quand ils sont venus chercher les Juifs, je n’ai rien dit. Quand ils sont venus chercher les communistes, je n’ai rien dit. Quand ils sont venus chercher les socialistes, je n’ai rien dit. Et quand ils sont venus me chercher moi, il n’y avait plus personne pour me défendre". Alors, en paraphrasant Churchill, si nous fermons les yeux, si notre capacité d’indignation et de révolte est totalement émoussée, si nous cherchons la paix dans le déshonneur, nous aurons et le déshonneur et la guerre.

Et n'oubliez pas : le A-book de Benoît Rayski, Le gauchisme, cette maladie sénile du communisme, est toujours disponible à la vente sur Atlantico éditions : 

Le gauchisme, cette maladie sénile du communisme

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