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Un arbre qui tombe fait plus de bruit 
qu’une forêt qui pousse
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Editorial

Un arbre qui tombe fait plus de bruit qu’une forêt qui pousse

Plutôt que de parler de « Zadig et Voltaire », ne ferions-nous pas mieux de parler de développement durable, comme la semaine nous y invite ?

Alain Renaudin

Alain Renaudin

Alain Renaudin dirige le cabinet "NewCorp Conseil" qu'il a créé, sur la base d'une double expérience en tant que dirigeant d’institut de sondage, l’Ifop, et d’agence de communication au sein de DDB Groupe.

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Au risque d’être à contre courant, et sans aucun esprit partisan, et encore moins militant, je voudrais dire ici un certain agacement, mais pas celui que vous croyez. Depuis dimanche soir, et toute la journée de lundi, que de railleries et de moqueries à propos des références littéraires de Frédéric Lefebvre !

Interrogé par un journaliste du figaro.fr à propos du livre qui l’a le plus marqué, notre secrétaire d’Etat répond sans hésiter « Zadig et Voltaire » ! Que d’agitations et de bons mots depuis sur toutes les ondes et autres réseaux, souvent assez drôles d’ailleurs, entre sourire moqueur et consternation (sans que personne ne relève l’absence totale de réaction du journaliste).

Ces petits mots qui accaparent les grandes tribunes

C’est vrai que cette réponse est consternante, presque vertigineuse, mais enfin, n’est-ce pas aussi consternant de ne plus parler de nos ministres et autres personnalités qu’à l’occasion de leurs lapsus, petites phrases et autres chamailleries ? Nous sommes certes bien servis depuis plusieurs mois, mais n’y a-t-il pas d’autres sujets qui mériteraient le quart de ces couvertures médiatiques ? Nous déplorons l’abstention, le manque de projet, la défiance, alors ne nous piégeons pas nous-mêmes en l’entretenant outre mesure.

Le lapsus littéraire est un meilleur client des plateaux que la facilitation de l’accès au crédit des EIRL, le small business act, ou encore la réhabilitation du parc d’hébergement touristique social … les « vrais » sujets du secrétaire d’Etat chargé du Commerce, de l’Artisanat, des Petites et Moyennes Entreprises, du Tourisme, des Services, des Professions Libérales et de la Consommation (pour mémoire, le métier de l’amateur de Zadig).

Le green business existe, je l’ai rencontré

Cette semaine est celle du développement durable, qui en parle ? Le prix du baril atteint à nouveau des sommets, ce qui est évidemment la tendance de long terme que la crise économique a seulement un temps ralenti, l’énergie en général augmente et crée une véritable fracture énergétique sociale, le débat est relancé sur la filière nucléaire, nous nous interrogeons sur les secteurs porteurs de demain, une campagne présidentielle redémarre, les verts n’ont jamais été aussi présents dans le débat politique, et pourtant, le développement durable reste un sujet mineur, optionnel, encore traité sous l’angle du discours moralisateur, incantatoire, scientifique ou culpabilisant.

Depuis longtemps il ne s’agit plus de faire la pédagogie du pourquoi mais celle du comment. Et ce « comment » a déjà commencé dans de nombreux secteurs d’activité (énergie, recyclage, automobile, transport, tourisme, emballage, social business, bio, etc.), car le développement durable n’est plus une question de mécénat ou de philanthropie mais bien une démarche rationnelle, « intéressée », au sens économique du terme, d’attractivité, de réponse aux attentes des clients mais également des salariés qui à 82% souhaiteraient que leur propre entreprise investisse davantage ces questions *.

Si Voltaire a écrit « Zadig ou la destinée », à nous de faire notre destin du développement durable et d’écouter davantage les forêts qui poussent, elles méritent que nous tendions l’oreille.

*enquête mars 2011 Opinionway pour DDB Live for people, auprès d’un échantillon national représentatif de salariés français.

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