Saviez-vous que clitoris, vagin et utérus sont des mots issus de la domination masculine et sexiste ? | Atlantico.fr
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Deux personnes installent la toile de Gustave Courbet "L'origine du monde" au musée Courbet le 3 juin 2014, à Ornans, dans l'est de la France.
Deux personnes installent la toile de Gustave Courbet "L'origine du monde" au musée Courbet le 3 juin 2014, à Ornans, dans l'est de la France.
©SEBASTIEN BOZON / AFP

Ouvrez grand vos chastes oreilles !

Saviez-vous que clitoris, vagin et utérus sont des mots issus de la domination masculine et sexiste ?

Cette abomination doit cesser au plus vite.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Mesdames - il paraît qu’il ne faut plus dire Mesdemoiselles - nous nous avançons vers vous en chemise et la corde au cou. Depuis la nuit des temps, nous vous avons opprimées, battues, humiliées, violées. Déjà l’homme de Cro-Magnon traînait sa compagne par les cheveux pour l’amener dans sa grotte où il la possédait brutalement sans aucun préliminaire.

Sous différentes formes, ces horreurs se sont poursuivies pendant des siècles avec une brève embellie à la fin du XVIIIème quand le divin Marquis de Sade publia un novateur manuel du savoir-vivre amoureux et sexuel. Après que vous ayez lutté sans relâche pour mettre fin à l’oppression masculine vous avez gagné. Ou plutôt le croyez-vous. Car cette oppression continue avec des mots.  Une gangue aussi terrible que les barreaux d’une prison et qui enferme vos parties les plus douces et les plus tendres.

On l’apprend sur Slate.fr qui cite comme référence des sexologues féministes à la pointe du progrès. De ces sexologues, un ami a osé me dire qu’elles étaient hystériques (ça vient du mot « utérus » et c’est donc à bannir). Nous avons donc immédiatement rompu avec lui.

Venons-en au fait maintenant. Dans une lumineuse envolée, Slate.fr écrit ce qui suit. « De vieux anatomistes  blancs squattent aujourd’hui toute la zone du bassin féminin » ! Nous autres qui n’avons pas encore réussi à nous débarrasser du chauvinisme mâle, ce bassin on l’aime bien…

Venons-en aux mots à présent. Ils font frémir car ils sont tous du genre masculin. « Clitoris » vient du grec « kleitoris » qui veut dire « fermer ». « Pour rendre plus inclusive cette partie génitale » (c’est toujours dans Slate), il conviendra de le remplacer par « éminence ». Une éminence, c’est beau, c’est noble et ça permet de contempler de haut des paysages.

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Et les plus jolies sont Najat Vallaud-Belkacem et Rachida Dati  

Le mot « vagin » passera également à la trappe. Il vient de « vagina » (grec ancien également) qui signifiait à l’origine « un fourreau où était enfermée l’épée ». D’épée à pénis, il n’y a qu’un pas. C’est insupportable ! Il sera remplacé par « trou devant ». On a connu plus poétique…

Tout aussi poétique sera l’expression « pli de la muqueuse » qui abolira le mot « hymen ».

Ce dernier est en effet trop connecté au mariage et à la pénétration masculine. Mais « utérus » sera remplacé par une expression plus poétique quand même : « nid ». Avec votre permission, Mesdames, nous tenons à vous rappeler que les mots « bite, «  verge », « couille » sont du genre féminin. Vous voyez, nous avons quand même fait quelques efforts !

Mais il y a encore du boulot. Il faut en effet interdire « la position du missionnaire », inventée par les mâles pour assurer leur domination. Elle cèdera la place à la « position de la bonne sœur » où c’est vous qui serez dessus et qui aurez le dessus. Nous conclurons avec le mot « connerie » : à notre grand regret, il nous faut constater que c’est un mot féminin. 

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