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Une assiette est servie dans un restaurant.
Une assiette est servie dans un restaurant.
©Bryan R. Smith / AFP

Des mots qui en disent long 

« Sales Blancs, sales Juifs, ils servent de l’alcool et du porc » : on a entendu ça sur les bords de la Seine…

Les auteurs sont facilement identifiables : ils ne se cachent pas.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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La scène, rapportée par Valeurs Actuelles, s’est déroulée à la terrasse du restaurant Saint Laurent en bordure de Seine à Mantes-la-Jolie. Le restaurateur, un homme de 68 ans, avait demandé à un client de pousser un peu sa table qui gênait le passage. Le client l’a empoigné par sa chemise : « viens par ici qu’on parle ! ».

Cris, bousculade. Une femme voilée qui était à la table du client irascible a traité la fille du restaurateur de « pute ». Puis la tablée est partie, promettant de revenir « pour tout brûler ».

L’incident a été abondamment relayé sur les réseaux sociaux avec ces mots : « sales Blancs, sales Juifs, ils servent de l’alcool et du porc ces chiens ». Le tout accompagné de menaces de mort.

Le restaurateur craint pour sa vie et a porté plainte auprès de la police. Il pourrait sagement essayer de vendre son établissement. Mais qui voudrait acheter un restaurant à Mantes-la-Jolie ? Ou alors ce serait pour en faire un kebab.

Ce qui s’est passé à la terrasse du Saint Laurent est révélateur de la terrible fracture de notre pays. L’écrasante majorité de la population française veut continuer à boire du vin et à manger du jambon.  

Certains, au nom de leur foi, se l’interdisent. Ce n’est nullement scandaleux. Ce qui l’est c’est quand on cherche à nous empêcher de boire et de manger à notre guise.

Et là, face à ça, il faut cesser de parler d’intégration et d’assimilation, des mots qui depuis 40 ans n’ont servi qu’à des discours de circonstance. Le mot « cohabitation » serait plus adapté et plus juste. Quand on est en coloc il faut pour le moins s’entendre avec son colocataire…

Cette bonne entente présuppose un contrat tacite. Nous avons accepté et nous acceptons que des Algériens ou des Français d’origine algérienne crient leur joie quand l’équipe de foot de leur pays d’origine gagne un match. Que des Marocains préfèrent la chorba aux pissenlits au lard ne nous choque pas non plus. Et nous comprenons que des immigrés tunisiens aient la nostalgie de la beauté de Tunis…

En retour, nous ne demandons pas grand-chose : juste qu’on nous permette de manger notre sandwich au jambon arrosé de Beaujolais. Il y a en France des Juifs : nombre d’entre eux portent la kippa mais ils n’exigent pas que nous la portions également. Il y a aussi chez nous des descendants d’immigrés portugais : ils aiment le fado mais ne tentent pas de nous interdire d’écouter autre chose. Il y a des immigrés d’origine italienne : ils ne nous forcent pas à nous taper des spaghettis. Avec ces colocataires, nous nous entendons bien… 

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