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Photo du tableau attribué à Jacques-Louis David (1748-1825) datant de 1791 représentant le Serment du Jeu de Paume le 20 juin 1789.
Photo du tableau attribué à Jacques-Louis David (1748-1825) datant de 1791 représentant le Serment du Jeu de Paume le 20 juin 1789.
©AFP

Bonnes feuilles

Révolution et religion : une singularité française

Christine Le Bozec a publié « Révolution et religion » aux éditions Passés / Composés. La décennie révolutionnaire fut le théâtre d’un conflit politico-religieux passionné dont l’histoire ne retint souvent que les outrances, celles de prêtres pourchassés, d’églises vandalisées et d’un catholicisme malmené et banni. Reste qu’en s’attaquant de front à l’Église catholique de France pour la mettre au pas, les révolutionnaires ont froissé une partie de la société en ne prenant pas le poids de l’attachement populaire à l’institution et à ses hommes. Extrait 2/2.

Christine Le Bozec

Christine Le Bozec

Docteur en histoire, spécialiste de la Révolution française, Christine Le Bozec a enseigné à l'université de Rouen, dont elle fut l'un des doyens. Elle a publié de nombreux ouvrages, dont La Première République, 1792-1799 et Les Femmes et la Révolution. --Ce texte fait référence à l'édition paperback.

Voir la bio »

Depuis le 9  Thermidor (27  juillet  1794), nous l’avons vu, la République était fragilisée. Son comportement à l’égard des clercs se révélait de plus en plus confus, crispé, tour à tour laxiste ou intransigeant, c’était selon. Dans ce contexte, les thermidoriens avaient multiplié les mesures coercitives contre les prêtres, tandis que les catholiques ne cessaient de réclamer la réouverture des églises. Pour autant, les accords de La Jaunaye signés le 17 février 1795, gage de bonne volonté républicaine, venaient d’accorder aux rebelles vendéens la liberté de culte. Dans ce droit fil, au nom du Comité de salut public, Boissy d’Anglas proposait le 21 février 1795 l’adoption d’un décret qui se révèle aujourd’hui fondateur de la laïcité « à la française ». Un projet qu’il explicita dans un discours préliminaire à la Convention.

L’homme de la situation, Boissy d’Anglas

Au vu de son parcours, le choix de Boissy d’Anglas n’était pas anodin. Issu d’une famille protestante qui avait subi toutes sortes de persécutions et de tourments depuis la révocation de l’édit de Nantes par celui de Fontainebleau de 1685, il avait des liens familiaux, un lointain cousinage, avec le pasteur Durand, pendu en 1732 et sa sœur Marie Durand enfermée à la tour de Constance pendant trente-huit ans parce qu’elle refusait d’abjurer sa foi. Celle-ci ne fut libérée qu’en 1768. Orphelin à 4 ans d’un père qui avait adressé une « Supplique au roi Louis XV », Boissy avait été élevé par une mère protestante, cultivée et ouverte qui, en dépit des persécutions, refusait la violence. Pour autant, elle avait mené le jeune Boissy rendre visite à Marie Durand dans sa prison et l’avait conduit « au désert » ; il s’agissait de lieux retirés et difficiles d’accès où prêchaient clandestinement, au risque de leur vie, les pasteurs. Enfin, pour éviter au jeune homme d’assister aux offices catholiques, il avait été inscrit comme Suisse dans un collège parisien.

Devenu avocat, il avait rejoint Nîmes, où il logeait dans la même maison que le pasteur Rabaut Saint-Étienne, l’un des 578 députés du tiers état. En effet, ce voisinage avec Rabaut Saint-Étienne n’est pas anodin. Ce juriste protestant nous est d’abord familier grâce la représentation du Serment du Jeu de paume qu’en fit David en 1791‑1792. Il peignit le pasteur au centre du tableau, aux côtés de Dom Gerle et de l’abbé Grégoire, tous trois les symboles de concorde religieuse et de volonté unificatrice. Mais Rabaut n’est pas réductible à cette seule présence picturale, il fut ce député que son discours, au cours de la discussion sur la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, devant la Constituante rendit célèbre :

C’est sur nos principes que je me fonde, Messieurs, pour vous demander de déclarer dans un article que tout citoyen est libre dans ses opinions, qu’il a le droit de professer librement son culte et qu’il ne doit point être inquiété pour sa religion. La liberté doit, donc, appartenir à tous les Français, également et de même manière ; celui qui attaque en quoi que ce soit la liberté des autres, attaque la sienne propre et mérite de la perdre à son tour.

L’Assemblée s’en inspira largement et adopta comme texte définitif  : « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi. » Et l’on connaît l’amitié et le respect qui liaient Rabaut et Boissy d’Anglas qui, s’il vécut certes une vie de protestant militant, jamais ne tomba dans le sectarisme, comme lorsque pour défendre cinq prêtres réfractaires, il avait, seul, tenu tête à une foule qui voulait les massacrer.

En février 1795, Boissy d’Anglas avait déjà une carrière politique derrière lui ; élu député du tiers état de l’Ardèche, constituant, procureur général syndic, conventionnel, il venait d’être nommé au Comité de salut public chargé des subsistances. Tâche ingrate, voire impossible, que de ravitailler la population pendant la famine de l’hiver 1795. Et, après avoir de manière brutale et drastique rationné le pain, il était devenu Boissy-Famine, homme haï d’une population affamée. Il était donc déjà un personnage écouté, à l’épaisseur reconnue, lorsqu’il prononça son discours préliminaire en février 1795.

Dans l’introduction de son discours, il constatait l’échec de la politique religieuse passée, à laquelle seule une réponse pragmatique pouvait remédier  : « Il faut tout vous dire puisque vous pouvez tout réparer […]. Vous avez gémi trop longtemps des maux affreux de la Vendée […]. Le fanatisme en fut le mobile, les opinions religieuses l’occasion et le prétexte […]. Et la Vendée n’est pas le seul lieu de l’Empire sur lequel le fanatisme ose agiter ses torches. » Une religion s’avère donc parfois nécessaire  : « Il ne s’agit point toutefois d’examiner s’il faut une religion aux hommes ; si, lorsqu’ils peuvent s’éclairer des lumières de la raison et s’attacher les uns aux autres par les seuls liens de l’intérêt commun, par les seuls principes de l’organisation sociale, par ce sentiment impérieux qui les porte à se rapprocher et à se chérir, il faut créer pour eux des illusions, ou laisser des opinions erronées devenir la règle de leur conduite et le principe de leurs rapports. » Rappelons que Boissy d’Anglas faisait partie de ceux qui avaient très favorablement accueilli le culte de l’Être suprême et, à ce propos, nous avons déjà signalé son éloge de Robespierre.

Il poursuivait qu’il était impossible « de ne pas être douloureusement ému à l’aspect des maux affreux dont la religion a été la source ou le prétexte », reprochant à la Constituante ses impérities et ses inconséquences  : « L’Assemblée constituante, dont la postérité n’absoudra, peut-être pas toutes les fautes, mais dont elle admirera souvent la sagesse et le génie, eut sur plusieurs points importants le tort d’augurer trop peu des forces que l’esprit avait acquises. » Trop confiante, sûre d’elle : « Au lieu de détruire, elle a voulu créer ; organiser au lieu d’abolir […]. Elle laissa se former un schisme, et elle ne sut jamais le réprimer […] des femmes, des enfants, des vieillards, des milliers d’agriculteurs, utiles furent entassés dans des cachots pour avoir entendu furtivement quelques messes, ou dit leurs péchés à l’oreille de quelque prêtre. » Et le protestant dont la famille avait souffert de l’intolérance précisait  : « En l’occurrence, le radicalisme est inutile, néfaste et improductif, c’est ainsi que la France régénérée donna l’affreux spectacle d’une persécution religieuse. »

Puis, en homme des Lumières, Boissy d’Anglas concédait : « L’homme veut des illusions et des chimères […]. Voulez-vous détruire le fanatisme et la superstition : offrez aux hommes des lumières. Voulez-vous les disposer à recevoir des lumières, sachez les rendre heureux et libres. » Suggérant que puisque : « La police veille en outre à ce que ces réunions d’hommes ne forment point entre elles une subordination politique, à ce qu’elles ne s’aident point réciproquement de leurs moyens pour former des coalitions et des ligues. » Tout en rappelant que « le cœur de l’homme est un asile sacré où l’œil du gouvernement ne doit pas descendre ».

Et que, de surcroît, puisque tout ce qui est interdit a le charme du fruit défendu, toute atteinte brutale à la liberté de croire ne pouvait qu’occasionner un regain de fanatisme.

Puis, Boissy prononçait la phrase clé du discours, celle retenue par l’histoire : « Surveillez ce que vous ne pouvez empêcher, régularisez ce que vous ne pouvez défendre. » Tout en se gardant d’un retour du fanatisme, il proposait : « Mettez au rang des délits publics tout ce qui tendrait à rétablir ces corporations religieuses que vous avez sagement détruites. »

« C’est par l’instruction que seront guéries toutes les maladies de l’esprit humain […]. Écoutez la voix de la raison : elle vous dira que c’est au temps seul, à l’accroissement des lumières, aux progrès de l’esprit humain, que vous devez laisser le soin d’anéantir toutes les erreurs, de respecter votre sublime ouvrage, et d’amener l’espèce humaine à ce perfectionnement préparé par vos institutions mêmes. » En conséquence, il revenait donc à l’État de garantir, en l’occurrence, la liberté de conscience, à l’instar des autres libertés fondamentales. Ce que mit en mots le décret voté par la Convention dûment informée.

Le décret de ventôse

Ainsi, composé de douze articles, le décret du 21 février 1795 confirmait la séparation et la neutralité de l’État :

À l’évidence, le texte visait avant tout le catholicisme. Selon l’article  I du décret, la République reconnaissait la liberté des cultes : « Conformément à l’article  VII de la Déclaration des droits de l’homme et à l’article CXXII de la Constitution, l’exercice d’aucun culte ne peut être troublé », mais n’en salariait aucun. L’État ne subventionnait aucun lieu et n’autorisait la célébration des offices que dans des endroits qu’il incombait aux prêtres et aux fidèles de trouver eux-mêmes, les autres églises étaient réservées au culte décadaire. L’article  V bannissait le prosélytisme de l’espace public, ainsi que le port de tout objet ostentatoirement religieux, comme l’habit ecclésiastique, les croix, les médailles et les cornettes : « La loi ne reconnaît aucun ministre de culte : nul ne peut paraître en public avec les habits, ornements ou costumes affectés à des cérémonies religieuses. » À l’instar des croyances, le culte demeurait d’ordre privé, était surveillé et aucun lieu public dévolu aux offices ne pouvait afficher quelque signe ou symbole religieux que ce soit, ni faire état publique de son utilisation comme le prévoyait l’article  IV : « Les cérémonies de tout culte sont interdites hors de l’enceinte choisie pour leur exercice. » Enfin, dans l’article X, l’État garantissait le bon déroulement des cérémonies, protégées d’éventuels troubles, en demandant à ceux qui les célébraient d’avoir prêté le « petit serment » exigé le 14  août  1792 : « Quiconque troublerait par la violence les cérémonies d’un culte quelconque ou en outragerait les objets, sera puni selon la loi du 22 juillet 1791 sur la police criminelle. » Entre raison, pragmatisme, tolérance et respect de l’autre, la liberté de conscience allait bien au-delà de la simple tolérance.

Après une séparation de fait entre État et Église, la liberté des cultes passait sous la surveillance et la protection de la République laïque. L’enjeu pour la Convention thermidorienne était d’encadrer le clergé sans relâcher la pression sur les réfractaires contre-révolutionnaires, ne rien céder sur la liberté de penser, respecter les croyances de tout un chacun en les cantonnant dans le domaine privé. Loin de s’apaiser, la situation réclamait une vigilance de tous les instants, les catholiques ne s’avouant pas vaincus. D’emblée, ils y avaient vu un moyen pour se réorganiser. Inversement, le camp des anticléricaux estimait que le décret n’était qu’un cadeau fait au « fanatisme », comme ils désignaient la religion catholique. Dès lors, l’adéquation du décret avec l’esprit de l’époque se pose : était-il en phase ou en avance sur les questions du moment ?

La réception du décret

Nous avons déjà constaté le décalage entre l’état de la réflexion religieuse des constituants et les réticences culturelle et cultuelle de leurs contemporains, qui les avait conduits à adopter une attitude coercitive en 1791. Les thermidoriens ne couraient-ils pas le même risque ? En effet, la modernité du texte, vu son originalité intellectuelle et son poids philosophique, pouvait être mal comprise ou détournée de son objectif de liberté, interprété par chaque camp à son avantage, espérant mettre définitivement l’adversaire au tapis en s’y engouffrant.

Alors que, de leur côté, les réfractaires assuraient tant et plus leurs offices clandestins, le 15 mars 1795, sous la houlette de l’abbé Grégoire, le clergé constitutionnel tenta de se réorganiser. En effet, l’abbé Grégoire, entouré des évêques Saurine, Gratien, Royer et Desbois et des abbés Augustin Clément et Charles Saillant, forma un comité pour ranimer son clergé, à tout le moins ce qu’il en restait, et restructurer ses diocèses. Rejoints par trente évêques, les « évêques réunis » publièrent une lettre encyclique dans laquelle, bien qu’ils aient toujours été viscéralement attachés à la Constitution civile, ils en reconnaissaient la mort et approuvaient la séparation de l’Église et de l’État. Néanmoins, tout en condamnant la violence avec laquelle on avait arraché aux prêtres abdicataires leurs lettres de prêtrise, ils rejetaient les prêtres mariés et les apostats.

Sur cette lancée, Grégoire fondait le 1er mai 1795 la Société de philosophie chrétienne, réunion d’environ cinquante membres qui, selon son fondateur, étaient « empressés de faire du bien, évitant de faire du bruit ». La Société dont l’organe de presse, fondé par Desbois, Les Annales de la religion, tirait à 3 000 exemplaires fut active jusqu’en 1801 (la revue ne lui survécut que deux années). Tous se proclamaient à la fois républicains, ouvertement gallicans, de tradition janséniste, des « citoyens chrétiens » qui, symboliquement, se réunissaient sur le site de l’ancienne abbaye de Port-Royal-des-Champs, au haut lieu du jansénisme.

Pendant que le clergé constitutionnel retrouvait un peu de vigueur, de leur côté, les prêtres romains qui avaient prêté le « petit serment » faisaient paraître Les Annales religieuses, politiques et littéraires, dirigées par les abbés Jauffret et Sicard, successeur de l’abbé de l’Épée, directeur de l’École des sourds-muets. Désormais logés à la même enseigne que les constitutionnels, les évêques réfractaires qui, pour des raisons diverses –  leur grand âge, la suppression de leur siège  –, avait été exemptés de « jurer », ou, comme Beausset, ceux qui n’avaient pas été déportés parce qu’ils avaient prêté le serment du 10 août 1792, rassemblaient leurs troupes pour célébrer le culte romain. Par ailleurs, estimant le champ libre, des prêtres émigrés ou déportés rentraient sans être inquiétés, soulevant la crainte exprimée par Mallet du Pan3 dès le 7 mars 1795, soit deux semaines après le décret  : « En récréant des catholiques, la Convention recrée des royalistes […].

Quiconque fréquentera la messe est un ennemi de la République. Pas un prêtre qui ne fasse à ses ouailles un cas de conscience de son attachement à ce régime. Les sentiments religieux, comprimés depuis trois ans, vont se répandre avec exaltation. »

Sur le terrain

Alors que depuis l’abrogation non officielle de la Constitution civile du clergé se posait la question délicate, non réglée, de la convocation des assemblées électorales, les deux cultes rivaux réinvestissaient à qui mieux mieux les églises désaffectées, voire les églises officielles avec, parfois, l’accord tacite des autorités locales. Dans le cadre d’une république thermidorienne menacée depuis le mois de mars 1795 par les conséquences des ravages causés par la famine, la colère populaire allait exploser lors de la journée du 1er Prairial (20 mai 1795). Dans ces conditions, il était impensable de mécontenter les catholiques, raison pour laquelle, dès le 5 avril 1795, la Convention, instruite du succès des offices de Pâques célébrés par des réfractaires, avait réautorisé le culte. Et c’est seulement dix jours après le 1er  Prairial, à la suite du rapport de Lanjuinais du 30 mai 1795, que les églises non vendues comme biens nationaux furent restituées au culte, en échange d’un acte de soumission aux lois de la République.

La peur engendrée par les interventions populaires avait poussé les thermidoriens, affolés, à céder du terrain aux réfractaires, aux cléricaux et aux royalistes, alors que le culte officiel décadaire vivotait, quasiment à l’abandon. Paradoxe aussitôt relevé par Mallet du Pan, qui écrivait le 28  février, donc une semaine après la publication du décret de Ventôse :

Nul projet ne tenait plus à cœur que l’institution des fêtes décadaires à l’aide desquelles elle comptait ensevelir toutes les religions positives, tout culte, tout ecclésiastique. […] L’opinion l’a fait rétrograder […]. Elle avait ordonné de faire sortir dans la quinzaine les émigrés et les prêtres rentrés. Pas un ne s’est mis en route, personne n’a encore exécuté le décret, les proscrits se montrent partout, jusqu’aux tribunes de la Convention.

Reste que bien des critiques du décret retenaient seulement cette possibilité supplémentaire pour les prêtres émigrés de rentrer.

Par ailleurs, désirant se montrer directive et autoritaire, la République avait publié le 30 mai 1795 le décret demandant aux ecclésiastiques qui désiraient exercer leur ministère un simple acte de soumission aux mois de la République, stipulant que : « Nul ne pourra remplir le ministère d’aucun culte dans lesdits édifices (églises non aliénées), à moins qu’il ne se soit fait décerner acte, devant la municipalité du lieu où il voudra exercer, de sa soumission aux lois de la République. » Il n’y avait pas de formule officielle de serment, il suffisait de rédiger une déclaration en termes généraux.

A priori, ces mesures semblaient jouer en faveur des constitutionnels.

A lire aussi : Révolution et religion : les Lumières, l’Eglise et la foi

Extrait du livre de Christine Le Bozec, « Révolution et religion », publié aux éditions Passés / Composés

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