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Reports de voix aux législatives : droite, gauche, FN, LREM… qui se retrouve en qui au second tour ?
©SEBASTIEN BOZON / AFP

Duels du 3e type

Reports de voix aux législatives : droite, gauche, FN, LREM… qui se retrouve en qui au second tour ?

Selon un sondage OpinionWay / ORPI pour Les Echos et Radio Classique le deuxième tour des élections législatives devrait surtout s'illustrer par l'incapacité des partis à se fédérer pour structurer une opposition forte.

Bruno Jeanbart

Bruno Jeanbart

Bruno Jeanbart est le Directeur Général adjoint de l'institut de sondage Opinionway. Il est l'auteur de "La Présidence anormale – Aux racines de l’élection d’Emmanuel Macron", mars 2018, éditions Cent Mille Milliards / Descartes & Cie.

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Que nous apprennent les projections des reports de voix pour le deuxième tour des élections législatives en fonction des différents scénarios

Bruno Jeanbart : Les reports de voix quel que soient les scénarios montrent surtout la difficulté de l'opposition à se fédérer pour empêcher LREM d'avoir une trop forte majorité. On se rend compte que les électeurs de droite ne veulent pas voter pour les candidats de gauche, que les électeurs de gauche ne veulent pas voter pour les candidats de droite. Cela se vérifie soit dans le vote abstentionniste soit dans le vote en faveur de LREM. Dans le cas d'une configuration LREM/LR, 33% des électeurs de la France insoumise préfèrent voter pour le candidat LREM. Les électeurs du Front National eux sont plus tentés de ne pas choisir à hauteur de 62% d'entre eux (66% dans la configuration LREM/gauche). Il y a donc une vraie difficulté à se fédérer pour les autres partis pour incarner une vraie opposition.

Une autre observation intéressante : le clivage droite/gauche continue à exister et à fonctionner. On voit bien que les électeurs de droite lorsqu'ils sont absents du second tour et quand la gauche affronte LREM, majoritairement les électeurs de droite préfèrent donner leur vote au candidat de la majorité présidentielle. Et vice-versa. Le clivage droite/gauche n'a dont pas disparu, il s'est retrouvé cofnronté à la supperposition d'autres clivages dans cette élection qui existent déjà depuis un certain temps et que l'on résume généralement par une opposition entre les partisans de "l'ouverture" et ceux de la "fermeture".

Troisième conclusion que l'on peut en tirer c'est aussi le rapport entre le Front National et la droite. Le FN ne choisit majoritairement pas quand la droite est face à "En Marche !" mais il est intéressant de noter que les électeurs de droite ne choisissent pas plus le Front National lorsqu'il est opposé à "En Marche !".

Qu'apprend ton de la perception qu'ont les électeurs d'en marche ?

Il y a encore beaucoup d'incertitude dans la tête des électeurs face à "En Marche !" La première est de savoir de quel côté le parti se positionne, il cultive l'ambigüité et c'est un atout dans cette élection pour agréger des  soit des électeurs de gauche soit des électeurs de droite au second tour en fonction de la configuration.  Ça veut dire que l'ambiguïté 5 semaines après l'élection de Macron reste relativement forte dans l'électorat, ce qui permet de ne pas avoir perdu ni à droite ni à gauche depuis la présidentielle.

La deuxième chose que l'on constate c'est qu'il y a eu un petit déplacement de l'électorat d' En Marche !" depuis la présidentielle. Quand on regarde l'enquête on se rend compte qu'à l'électorat de la présidentielle s'est ajouté un bloc supplémentaire d'électeur de droite pendant ces législatives. 18% des électeurs qui ont voté Fillon disent qu'ils ont voté EN Marche au premier tour des législatives.

La troisième observation : dans le fond on est sur un électorat qui a envie que le président élu ait un maximum de chance de pouvoir appliquer son programme. La mobilisation de l'électorat "En Marche !" traduit la volonté de tenter l'expérience jusqu'au bout.

Enfin, et cela rejoint l'idée de la confusion autour du parti, pour les électeurs de droite, LREM apparaît comme assez à gauche et pour les électeurs de gauche, le parti apparaît comme assez à droite. Cela créé des reports qui ne sont jamais massifs mais qui sont suffisants dans cette élection pour être en position de force.

Est-ce qu'il n'y a pas une contradiction entre ce que propose En Marche de mettre en place et la perception qu'en ont les électeurs ?

Il y a une contradiction dans cette enquête car une part très importante des électeurs déclarent qu'ils ne veulent pas voir de majorité pour Emmanuel Macron et les prévisions qui annoncent une majorité écrasante.  Cette contradiction s'explique surtout par l'incapacité des oppositions à se fédérer contre LREM. Le problème c'est que pour concourir à cet objectif il faudrait s'allier avec des gens avec qui on ne partage pas beaucoup plus qu'avec "En Marche !". On est dans cette contradiction et c'est là que le mode de scrutin joue son rôle car il passe au-dessus de cette contradiction et il créé une majorité malgré la faible envie d'en voir une.

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