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Prometheus, la vraie fausse promesse de Ridley Scott...
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Prometheus, la vraie fausse promesse de Ridley Scott...

Avec Prometheus, Ridley Scott reprend les commandes de la marque Alien, nous livrant un nouvel opus sous forme de vrai faux prequel de la série. Si la nouvelle a fait grand bruit, le film suscite lui une déception à la hauteur de l'espoir généré.

Laurence Lasserre

Laurence Lasserre

Laurence Lasserre est spécialiste de la communication publique et des medias.

 
 
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La déception que suscite le visionnage impuissant de ce film (Prometheus) raté est à la hauteur de l'espoir généré. Un peu comme si, après avoir gagné une Coupe du Monde, l'équipe de France ne voulait pas descendre du bus.

Commençons par le début. Une sorte de grand escogriffe qui n'a visiblement pas pris le soleil depuis 3 000 ans avale une potion visqueuse qui lui retourne tellement l'ADN qu'il en tombe dans des chutes d'eau vertigineuses. Il faut dire que pour prendre un café gourmand, l'endroit n'est pas idéal. Ensuite "Noomi Rapace" et son mec découvrent des gravures rupestres dans l'île de Skye, ce qui provoque l'organisation d'un voyage intersidéral de deux années à la recherche des types qui ont gravé ces trucs. En effet, et alors que jusqu'en 2089 personne ne s'en était rendu compte, les mêmes dessins se retrouvent sur les murs de toutes les civilisations humaines, égyptienne, maya, guatémaltèque et esquimau, une ficelle tellement grosse et usée de scénario qu'on se croirait au concours de science fiction des élèves de 6e du collège Léon Blum de Tulle.

Nous voilà ensuite dans le vaisseau spatial, avec une redif' de 2001 l'Odysée de l'Espace : un type qui se prend pour Laurence d'Arabie fait du footing dans les couloirs tout en apprenant le swahili et l'indonésien, une Charlize Théron habillée comme dans Dior, j'adore qui lui parle mal et d'autres passagers encore endormis qui vont vomir au réveil, autre impression de déjà vu en moins bien.

Passé le brief général en 3D de l'équipe sur les peintures rupestres, on atterrit sur la planète (la même que celle où le géant albinos se shootait au dérivé de pétrole), et on se dit que le film va bientôt commencer. En effet, dans la plaine, il y a un dôme. Mystère. On se prend à espérer, le décor de Giger tenant lieu de carotte pour le fan nostalgique désireux d'explorer les tréfonds des énigmes restées en suspens dans le premier épisode d'Alien.

Las. Les scènes qui s'ensuivent s'enchainent sans que jamais le moindre intérêt ou le moindre sursaut ne vienne agiter notre corps ou notre esprit de spectateur consterné par le niveau affligeant de l'action qui se déroule dans cet endroit mal entretenu, où s'amoncellent peu à peu les cadavres, ceux des créatures passées et ceux des explorateurs actuels. On comprend peu à peu que la matière noire donne naissance à des poulpes qui évoquent vaguement une forme d'ancêtre de facehugger (agrippeur de visage dans Alien), mais dont on ne voit pas trop le cheminement génétique final.

Pour tenter de densifier une intrigue psychologique et des personnages d'une grande faiblesse, il apparait utile de souligner que chaque participant a un problème avec son père. A commencer par Charlize Theron qui voudrait bien que son géniteur soit mort, au lieu de quoi il repose à fond de cale dans une sorte de sarcophage avec la même maquilleuse que Gary Oldman dans le Dracula de Francis FordCoppola. Laurence d'Arabie, comme tout androïde qui se respecte, voudrait ressembler à un humain et doit couper le cordon avec son créateur, et Noomi Rapace, dont le père est vraiment mort mais qui ne s'en remet pas, au point qu'elle se pose tellement de questions qu'elle en devient increvable. Surtout qu'il lui arrive des trucs dingues, comme par exemple engendrer un poulpe ou se faire recoudre l'abdomen par une agrafeuse géante. Donc le rapport au père, Prométhée, tout ca, mais tellement simpliste et tiré par les cheveux qu'on en mal au crâne.

Bref. On atteint des sommets dans le ridicule et le grotesque quand la précitée Noomi Rapace embarque la tête de Laurence d'Arabie dans un sac de sport, alors qu'il continue à jacasser et à salir par terre avec un liquide blanc dégueu qui suinte de son torse décapité. Le coup de l'androïde coupé en deux, mais qui parle encore en postillonnant du yaourt, on nous le fait à chaque épisode.

Mais le pire n'est pas là. Le pire, pour une fille, c'est la tenue deux pièces de Noomi Rapace.On se souvient avec émotion de la façon héroïque et sexy dont Sigourney Weaver avait réhabilité la petite culotte en coton blanc. Ici, point de touche érotique. La matière qui enveloppe notre héroïne pourrait avoir été réalisée par un bandagiste belge kinésithérapeute à mi temps. C'est terrible à voir. On en pleure presque.

Mais vous allez dire, et le Space Jockey ? Ce personnage mythique ne gagne malheureusement pas à être connu. Il est extrêmement désagréable et peu courtois, et ne songe qu'à distribuer de grandes et puissantes baffes à tous ses interlocuteurs. On n'en saura pas plus sur ses motivations et son mode de vie au bout de deux heures.

A la fin du film, on voit enfin un Alien, tellement mignon et peu effrayant qu'on serait prêt à le prendre chez soi, si on était sûr qu'il était vacciné contre la rage. Quand apparaît le générique de fin, on s'aperçoit qu'il reste heureusement un peu de pop corn au fond du carton, c'est toujours ça de gagné !

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