Pourquoi Mario Draghi a réussi à retarder l’heure de la "capitulation" des Bourses mondiales face au krach qui gronde | Atlantico.fr
Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
Economie
Pourquoi Mario Draghi a réussi à retarder l’heure de la "capitulation" des Bourses mondiales face au krach qui gronde
©Reuters

Editorial

Pourquoi Mario Draghi a réussi à retarder l’heure de la "capitulation" des Bourses mondiales face au krach qui gronde

Le patron de la Banque européenne a réussi en quelques phrases à stopper la chute des bourses mondiales qui commençait à enregistrer une accélération tragique, avec une baisse de l’ordre de vingt pour cent sur les plus hauts de l’an dernier.

Michel Garibal

Michel Garibal

Michel Garibal , journaliste, a fait une grande partie de sa carrière à la radio, sur France Inter, et dans la presse écrite, aux Échos et au Figaro Magazine.

Voir la bio »

Une fois de plus, la magie verbale dont sait faire preuve Mario Draghi l’a emportée sur la fébrilité des marchés. Le patron de la Banque européenne a réussi en quelques phrases à stopper la chute des bourses mondiales qui commençait à enregistrer une accélération tragique, avec une baisse de l’ordre de vingt pour cent sur les plus hauts de l’an dernier. Il a suffi de quelques phrases pour stopper une chute des marchés qui  devenait préoccupante, car elle s’effectuait pratiquement dans le vide avec des volumes qui demeuraient faibles. Le grand argentier de l’Europe s’est contenté de promettre un réexamen de la politique monétaire du vieux continent au prochain conseil sans donner davantage de précisions. Il est vrai que ses pouvoirs sont extrêmement limités, puisqu’il ne peut plus agir sur les taux d’intérêt déjà au plus bas, mais accroître encore  le volume de la masse monétaire en circulation, alors que celle-ci atteint déjà des volumes susceptibles de précipiter encore l’instabilité des marchés.

Désormais, la prochaine échéance est celle du 10 mars, date de la future réunion de  la  BCE. Un rendez-vous bien proche, alors que l’on n’y verra guère plus clair pour prendre des décisions de fond susceptibles de ramener le calme sur des marchés plongés dans l’angoisse et que hante de plus en plus fort le souvenir du dernier grand coup de tabac de 2008 amorcé par la faillite de la banque Lehmann Brother.

Pour l’instant, les professionnels  n’ont qu’un  mot à la bouche : celui de « capitulation » avec le risque d’une chute accélérée des Bourses, liée à des ventes massives, qui manifeste généralement  la fin d’un  mouvement  de panique, alors que la baisse se manifeste pour l’instant par des transactions qui demeurent limitées dans leur montant. On serait alors proche d’un retour à l’équilibre, dont personne ne peut pour l’instant fixer la date, et c’est cette imprécision qui est à l’origine de l’angoisse qui règne sur les marchés. Ces derniers demeurent en effet traumatisés par l’accumulation des périls, à commencer par la crise qui secoue l’Europe avec les arrivées massives de migrants, les débouchés commerciaux qui diminuent avec la baisse des ressources des pays producteurs de pétrole et de matières premières, les réalignements  des changes qui agissent sur les échanges internationaux, avec pour conséquence immédiate une diminution du volume du commerce  mondial et un ralentissement  préoccupant de la croissance, pouvant déboucher sur des troubles politiques, alors que les attentats terroristes se multiplient.

 La France a laissé passer la fenêtre de tir qui lui aurait permis d’amorcer les indispensables réformes réalisées par la plupart de ses partenaires européens et qui ont permis par exemple à la Grande-Bretagne de retrouver le plein emploi avec trois cent mille créations de postes de travail au cours des trois derniers mois. Alors que la politique extérieure demeure nébuleuse et sans cap précis, l’Elysée a choisi de fermer toutes les voies de réformes. Les projets envisagés par une loi Macron 2 sont enterrés pour ne  pas braquer la majorité parlementaire toujours traumatisée par les textes adoptés grâce à l’application de  l’article 49.3. Le ministre de l’’économie continue de proférer qu’ »il faut réformer inlassablement  et radicalement ». Cela demeure un vœu pieux, une voix dans le désert,  et ce ne sont pas les derniers dérapages dans les dépenses publiques qui permettront d’inverser une courbe du chômage plus menaçante désormais que jamais.                 

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !